Bonus de cadres d'AIG : Washington va enquêter

Par D.H. (avec agence), le 19 mars 2009 à 16h51 , mis à jour le 19 mars 2009 à 22h41

Washington va "tout faire pour récupérer l'argent du contribuable" si des irrégularités sont constatées dans l'attribution des primes versées à certains cadres d'AIG, renfloué par l'Etat.

L'assureur américain AIG.L'assureur américain AIG. © TF1/LCI

Qui savait, qui ne savait pas ? L'inspecteur général du plan de sauvetage des banques, Neil Barofsky, a annoncé jeudi qu'il allait enquêter sur les primes versées à des cadres de l'assureur AIG, sauvé de la faillite à l'automne, et notamment sur le rôle joué par le Trésor. Le responsable a indiqué aux parlementaires américains qu'il "allait tout faire pour récupérer l'argent du contribuable" si des irrégularités étaient mises au jour dans le processus de versement de ces primes.
 
"Selon les informations préliminaires dont nous disposons, le contrat lié au plan de sauvetage entre AIG et le Trésor, qui remonte à novembre dernier, envisageait le paiement de primes et de rémunérations pour encourager (les cadres à rester dans l'entreprise), y compris les collaborateurs les plus importants", a souligné Neil Barofsky, auditionné par le Congrès. Les services du contrôle de l'utilisation des fonds publics accordés aux banques américaines vont examiner "comment le Trésor avait décidé d'autoriser et d'approuver de tels versements, au moment de son engagement avec AIG et depuis".

Le ministre de la Justice de l'Etat de New York Andrew Cuomo a annoncé jeudi avoir reçu la liste des cadres de la branche financière d'AIG qui ont reçu des primes.
 
La Fed au courant depuis trois mois ?
 
Jeudi soir, le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a déclaré qu'il assumait "l'entière responsabilité" du scandale soulevé par le versement de primes AIG. Timothy Geithner avait en outre assuré au Washington Post qu'il n'avait été informé ni du montant des primes ni du calendrier de leur versement. Selon le Post (de jeudi), la Réserve fédérale américaine (Fed) était au courant depuis trois mois de ces primes controversées, mais n'en avait pas averti le Trésor ni la Maison Blanche. L'ancien n°1 mondial de l'assurance, sauvé de la faillite par l'injection de 170 milliards de fonds publics et qui appartient désormais à 80% à l'Etat, avait informé la Fed il y a trois mois qu'il allait verser d'ici au 15 mars 165 millions de dollars à des cadres de sa branche Produits financiers, précise le quotidien citant le gouvernement et des responsables d'AIG.
 
"J'étais stupéfait quand j'ai appris mardi (le 10 mars) à quel point c'était mauvais," a affirmé Timothy Geithner au quotidien. "Je n'aurais pas dû me retrouver dans cette situation mais j'en accepte la responsabilité", a-t-il ajouté. Timothy Geithner et ses collaborateurs avaient examiné les faits et conclu que le gouvernement ne pouvait pas changer des contrats déjà établis. Le secrétaire au Trésor avait ensuite informé un conseiller de la Maison Blanche qui en avait parlé au président Barack Obama le 12 mars, la veille du versement de ces primes, selon le Post. Le PDG de la compagnie d'assurance Edward Liddy, qui était entendu mercredi par le Congrès, a indiqué avoir demandé aux cadres ayant touché ces primes d'en rendre la moitié. Timothy Geithner avait annoncé mardi soir qu'AIG devrait rembourser l'intégralité des primes controversées. En outre, les fonds supplémentaires que l'Etat doit verser à l'assureur -30 milliards de dollars- seront amputés d'une somme équivalente.
 
Comment AIG sera démantelé
 
L'assureur américain AIG va changer de nom et sera démantelé, a affirmé mercredi son PDG, Edward Liddy, au cours de son audition au Congrès. "Cette compagnie deviendra plus petite d'ici à la fin 2009. Encore plus petite à la fin de 2010", a déclaré Edward Liddy, ajoutant : "en devenant plus petit, on diminue le risque".
 
Selon Edward Liddy, la branche financière AIG Financial Products, à l'origine de la chute du groupe, a encore pour 1.600 milliards de dollars d'exposition sur des contrats risqués. "J'essaie désespérément d'éviter l'effondrement incontrôlé de cette entreprise", a-t-il dit. Le dénouement des contrats souscrits par AIG pour protéger les investisseurs du risque de non-remboursement de placements à risque est à l'origine de ses colossales pertes de l'an dernier : 99,3 milliards de dollars. La résorption de ce foyer de pertes prendre quatre ans, a-t-il estimé.

La Chambre des représentants américaine a adopté jeudi un projet de loi visant à imposer à 90% les primes telles que celles octroyées à des cadres d'AIG.

Par D.H. (avec agence) le 19 mars 2009 à 16:51
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