L'Etat "opposé" à la prime de départ du PDG de Valeo

le 24 mars 2009 à 15h30 , mis à jour le 24 mars 2009 à 22h35

Alors que l'équipementier automobile, aidé par l'Etat, va supprimer 1600 emplois, Thierry Morin doit empocher 3,2 millions d'euros. L'Etat s'y opposera, assure François Fillon.

Thierry Morin PDG ValéoThierry Morin en 2008 © REUTERS

Le cas Morin éclipse désormais les stock-options des dirigeants de la  Société Générale. "Qu'un dirigeant qui a mis son entreprise en difficulté puisse partir avec  un parachute doré, ce n'est pas responsable, ce n'est pas honnête", a lancé  Nicolas Sarkozy mardi lors d'une réunion publique à Saint-Quentin. Mais avant même l'intervention du chef de l'Etat, François Fillon avait indiqué dans la journée que l'Etat s'opposerait au versement de 3,2 millions d'euros d'indemnités de départ à l'ancien PDG de Valeo, qui a démissionné vendredi en raison de divergences avec ses actionnaires. "Il se trouve qu'il s'agit d'une entreprise au capital duquel l'Etat se trouve désormais grâce à l'intervention du fonds stratégique. Le représentant de l'Etat au conseil d'administration fera savoir qu'il est opposé à l'application de cette prime de départ", a déclaré le Premier ministre lors d'une conférence de presse à Washington. "Il faut que les choses soient claires et que chacun comprenne que l'heure est à faire preuve de responsabilité. Ceux qui ne font pas preuve de responsabilité mettent en péril l'ensemble de notre système économique et social", a-t-il ajouté.

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Un peu plus tôt, Laurence Parisot avait aussi demandé à Thierry Morin de renoncer "immédiatement" à ses indemnités de départ. "Le mouvement des entreprises de France ne se reconnaît pas dans le comportement d'un dirigeant qui piétine ainsi l'intérêt général de son entreprise, qui méprise ses salariés, qui bafoue ses patrons de PME et notamment des PME sous-traitantes de cette entreprises et qui foule au pieds notre code de gouvernance", avait déclaré la présidente du Medef lors d'une conférence de presse.

Deux ans de salaire

Annoncée mardi par le quotidien Libération, l'information selon laquelle Thierry Morin devrait quitter l'entreprise avec un parachute doré alors même que l'équipementier automobile est en grande difficulté avait été confirmée dans la matinée par Valeo. Selon le document de référence 2008 de Valeo, le groupe avait fixé en février l'indemnité de départ forfaitaire de Thierry Morin "à deux ans de  rémunération fixe et variable, la rémunération à prendre en compte étant la moyenne des rémunérations fixes et variables perçues au titre des trois derniers  exercices précédant son départ". Cette indemnité pouvait être versée dans le cas d'un changement de contrôle  du groupe ou dans celui d'un changement de stratégie décidé par le conseil d'administration, est-il indiqué. C'est le cas, puisque Valeo a annoncé lundi le départ de Thierry Morin à la suite de "divergences stratégiques" et son remplacement par Jacques Aschenbroich pour le seul poste de directeur général.

"Cette somme de 3,2 millions d'euros inspire de la colère quand sur presque tous les sites en France les salariés chôment les jeudi et vendredi, quand on est sous le coup d'un plan social d'une telle envergure avec 1600 suppressions en France et quand l'entreprise propose en moyenne 1% d'augmentation salariale", a commenté Denis Bréant, secrétaire CGT du comité de groupe européen. "Les salariés ont un sentiment d'injustice, on nous accoste dans les ateliers en disant : Valeo a touché les aides de l'Etat et ils vont donner ça à Thierry Morin." Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a réclamé pour sa part un "réexamen" des modes de rémunération des dirigeants d'entreprise.

Sévèrement éprouvé, comme ses concurrents, par le retournement des marchés automobiles mondiaux observé depuis l'été, Valeo a reçu en février l'aide du Fonds stratégique d'investissement, qui a annoncé une prise de participation de 2,35% au capital de l'entrepruse pour près de 19 millions d'euros. Une intervention en fonds propres qui lui permet de contrôler 8,33% du capital de la société aux côtés de la Caisse des dépôts et consignations qui détenait déjà 5,98%. Quelques jours auparavant, Valeo avait publié une perte nette de 207 millions d'euros au titre de 2008 et prévenu que sa marge opérationnelle était susceptible d'être négative au premier semestre 2009, sans fournir de prévisions pour le reste de l'exercice.

Pas de licenciements si dividendes

La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, a présenté mardi à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à interdire les licenciements dans les entreprises ayant reversé des dividendes à leurs actionnaires durant l'année écoulée. "Il faut une bonne fois pour toutes cesser de considérer les salariés comme des variables d'ajustement", a-t-elle déclaré. La députée de Seine-Saint-Denis a indiqué qu'elle comptait défendre ce texte lors de la journée laissée à l'initiative du groupe GDR (PCF et Verts) à l'Assemblée, le 28 mai.

le 24 mars 2009 à 15:30
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15 Commentaires

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  • Yann, le 24/03/2009 à 18h37

    Un seul mot: scandaleux!

  • LANIQUE, le 24/03/2009 à 18h35

    Puisque le patronat ne pense qu'à s'octroyer des primes et des bonus (alors que leur salaire est déjà de plusieurs millions d'euros annuel) il est normal que le gouvernement rapelle au patronnat qu'il devrait être un modèle d'exemplarité.

  • TATOU, le 24/03/2009 à 18h34

    Je vous laisse découvrir les amis qui sont tous les uns les autres dans les conseils d'administration de grandes entreprises et se votent les uns les autres ces fameux parachutes dorés. En l'occurance, le conseil d'administration de VALEO est composé de Behdad Alizadeh, Jacques Aschenbroich, Gérard Blanc, Daniel Camus, Pascal Colombani, Jérôme Contamine, Philippe Guédon, Lord Jay of Ewelme, Helle Kristoffersen, Georges Pauget et Erich Spitz.... je vous laisse voir qui ils sont et ou ils sont... EDF...

  • Jojo57, le 24/03/2009 à 18h29

    Les grands patrons sont toujours responsables pour les profits en échange de primes mais ne sont jamais "fautif"pour les pertes, dues à leur stratégie ou irresponsabilité.

  • Jojo57, le 24/03/2009 à 18h27

    Il est normal d'avoir une augmentation pour un travail exceptionnel, mais si on laisse l'entreprise plus mal qu'a son arrivée il est logique que l'on soit liciencié sans primes ou bonus. Un petit peu de bon sens.

  • Alain, le 24/03/2009 à 18h23

    Et oui on peut etre PDG avoir eu de grandes responsabilite, certes mais en ces temps de crises où certains choment quelques jours par mois, il ne faut pas etre trop gourmand surtout si notre argent est versée pour l entreprise , c 'est comme cela que les esprits s echauffent et entrainent des situations de desordre, alors que l on en a pas besoin actuellement. restons patient , une meilleure situation viendra.

  • Mpfrebault, le 24/03/2009 à 18h08

    Bonsoir, je ne comprend pas cette prime de départ alors que ce Monsieur a démissionné! Il me semble que nous simple ouvrier si on démissionne on n'a pas droit à une prime de départ et en plus on n'a pas droit au chômage. Ou bien il faut totalement oublié ces indemnités ou bien il faut la donner même au simple ouvrier lorsqu'il démissionne. On voit bien que c'est TOUJOURS LES MEMES qui s'en mettent plein LES POCHES; on les remercie par ces parachutes dorés d'avoir mal fait leur travail ?

  • Marc, le 24/03/2009 à 18h02

    C 'est vrai que les ministres , chefs d 'état et hauts fonctionnaires n 'ont pas de parachutes dorés , eux ..........ils touchent juste le smic à leurs retraites ...................

  • JEAN, le 24/03/2009 à 18h01

    Cela est tout a fait normal quand L'Etat donne de l'argent pour sauver une entrepise.

  • Deketer, le 24/03/2009 à 17h58

    C'est normal que pour 'une fois que l'etat prenne ses responsabilite, ce n'est que justice par rapport a l'encemble de la france, avec tous ce qui se passe, a partir du moment où l'etat français doit investir de l'argent des contribuables pour soutenir quelqu'un, il est que normal l'etat bloque les revenues de ceux qui affame le bas peuble.... quelle sont les personnes qui auront le courage de s'opposer aux salairs des dirigents banqueres ou autre financiers qui gagne au minimum dix fois le smig, je pence quil est temps de se regrouper et faire valoir nos idees

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