Thierry Morin en 2008 © REUTERSLe cas Morin éclipse désormais les stock-options des dirigeants de la Société Générale. "Qu'un dirigeant qui a mis son entreprise en difficulté puisse partir avec un parachute doré, ce n'est pas responsable, ce n'est pas honnête", a lancé Nicolas Sarkozy mardi lors d'une réunion publique à Saint-Quentin. Mais avant même l'intervention du chef de l'Etat, François Fillon avait indiqué dans la journée que l'Etat s'opposerait au versement de 3,2 millions d'euros d'indemnités de départ à l'ancien PDG de Valeo, qui a démissionné vendredi en raison de divergences avec ses actionnaires. "Il se trouve qu'il s'agit d'une entreprise au capital duquel l'Etat se trouve désormais grâce à l'intervention du fonds stratégique. Le représentant de l'Etat au conseil d'administration fera savoir qu'il est opposé à l'application de cette prime de départ", a déclaré le Premier ministre lors d'une conférence de presse à Washington. "Il faut que les choses soient claires et que chacun comprenne que l'heure est à faire preuve de responsabilité. Ceux qui ne font pas preuve de responsabilité mettent en péril l'ensemble de notre système économique et social", a-t-il ajouté.
L'ex-PDG de Valeo attaque pour licenciement abusif
Après son parachute doré de 3,2 millions d'euros, empoché malgré les difficultés de Valeo, Thierry Morin espère 2,5 millions d'indemnités, selon RTL.
Publié le 18/11/2009
Un peu plus tôt, Laurence Parisot avait aussi demandé à Thierry Morin de renoncer "immédiatement" à ses indemnités de départ. "Le mouvement des entreprises de France ne se reconnaît pas dans le comportement d'un dirigeant qui piétine ainsi l'intérêt général de son entreprise, qui méprise ses salariés, qui bafoue ses patrons de PME et notamment des PME sous-traitantes de cette entreprises et qui foule au pieds notre code de gouvernance", avait déclaré la présidente du Medef lors d'une conférence de presse.
Deux ans de salaire
Annoncée mardi par le quotidien Libération, l'information selon laquelle Thierry Morin devrait quitter l'entreprise avec un parachute doré alors même que l'équipementier automobile est en grande difficulté avait été confirmée dans la matinée par Valeo. Selon le document de référence 2008 de Valeo, le groupe avait fixé en février l'indemnité de départ forfaitaire de Thierry Morin "à deux ans de rémunération fixe et variable, la rémunération à prendre en compte étant la moyenne des rémunérations fixes et variables perçues au titre des trois derniers exercices précédant son départ". Cette indemnité pouvait être versée dans le cas d'un changement de contrôle du groupe ou dans celui d'un changement de stratégie décidé par le conseil d'administration, est-il indiqué. C'est le cas, puisque Valeo a annoncé lundi le départ de Thierry Morin à la suite de "divergences stratégiques" et son remplacement par Jacques Aschenbroich pour le seul poste de directeur général.
"Cette somme de 3,2 millions d'euros inspire de la colère quand sur presque tous les sites en France les salariés chôment les jeudi et vendredi, quand on est sous le coup d'un plan social d'une telle envergure avec 1600 suppressions en France et quand l'entreprise propose en moyenne 1% d'augmentation salariale", a commenté Denis Bréant, secrétaire CGT du comité de groupe européen. "Les salariés ont un sentiment d'injustice, on nous accoste dans les ateliers en disant : Valeo a touché les aides de l'Etat et ils vont donner ça à Thierry Morin." Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a réclamé pour sa part un "réexamen" des modes de rémunération des dirigeants d'entreprise.
Sévèrement éprouvé, comme ses concurrents, par le retournement des marchés automobiles mondiaux observé depuis l'été, Valeo a reçu en février l'aide du Fonds stratégique d'investissement, qui a annoncé une prise de participation de 2,35% au capital de l'entrepruse pour près de 19 millions d'euros. Une intervention en fonds propres qui lui permet de contrôler 8,33% du capital de la société aux côtés de la Caisse des dépôts et consignations qui détenait déjà 5,98%. Quelques jours auparavant, Valeo avait publié une perte nette de 207 millions d'euros au titre de 2008 et prévenu que sa marge opérationnelle était susceptible d'être négative au premier semestre 2009, sans fournir de prévisions pour le reste de l'exercice.
Pas de licenciements si dividendes |
La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, a présenté mardi à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à interdire les licenciements dans les entreprises ayant reversé des dividendes à leurs actionnaires durant l'année écoulée. "Il faut une bonne fois pour toutes cesser de considérer les salariés comme des variables d'ajustement", a-t-elle déclaré. La députée de Seine-Saint-Denis a indiqué qu'elle comptait défendre ce texte lors de la journée laissée à l'initiative du groupe GDR (PCF et Verts) à l'Assemblée, le 28 mai. |
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