Thierry Morin en 2008 © REUTERSL'information est maintenant confirmée officiellement par Valeo. Comme l'affirmait Libération, Thierry Morin, président-directeur général partant de Valeo, devrait quitter l'entreprise avec un parachute doré de 3,2 millions d'euros alors même que l'équipementier automobile est en grande difficulté. Le journal affirme que l'équipementier automobile lui a confirmé lundi ce montant, équivalent à deux années de salaire du dirigeant.
Selon le document de référence 2008 de Valeo, le groupe avait fixé en février l'indemnité de départ forfaitaire de Thierry Morin "à deux ans de rémunération fixe et variable, la rémunération à prendre en compte étant la moyenne des rémunérations fixes et variables perçues au titre des trois derniers exercices précédant son départ". Cette indemnité pouvait être versée dans le cas d'un changement de contrôle du groupe ou dans celui d'un changement de stratégie décidé par le conseil d'administration, est-il indiqué. C'est le cas, puisque Valeo a annoncé lundi le départ de Thierry Morin à la suite de "divergences stratégiques" et son remplacement par Jacques Aschenbroich pour le seul poste de directeur général.
"Cette somme de 3,2 millions d'euros inspire de la colère quand sur presque tous les sites en France les salariés chôment les jeudi et vendredi, quand on est sous le coup d'un plan social d'une telle envergure avec 1600 suppressions en France et quand l'entreprise propose en moyenne 1% d'augmentation salariale", a commenté Denis Bréant, secrétaire CGT du comité de groupe européen. "Les salariés ont un sentiment d'injustice, on nous accoste dans les ateliers en disant : Valeo a touché les aides de l'Etat et ils vont donner ça à Thierry Morin".
"Un problème de morale"
Réagissant à cette information, Luc Chatel a annoncé mardi matin que l'Etat "s'opposerait" au versement de ce bonus. "Ce type de parachute doré doit être validé par l'assemblée générale des actionnaires. L'Etat est aujourd'hui, à travers la Caisse des Dépôts et le fonds de modernisation des équipementiers, présent au capital de Valeo, à hauteur de 8%, et donc il sera à l'assemblée générale", a expliqué le porte-parole du gouvernement sur Europe 1. Même indignation du ministre du Budget, Eric Woerth, qui a estimé que l'indemnité n'était "pas normale" et qu'il "serait plus juste" qu'il y renonce. Laurence Parisot elle-même a demandé à Thierry Morin de renoncer "immédiatement" à ses indemnités de départ. "Le mouvement des entreprises de France ne se reconnaît pas dans le comportement d'un dirigeant qui piétine ainsi l'intérêt général de son entreprise, qui méprise ses salariés, qui bafoue ses patrons de PME et notamment des PME sous-traitantes de cette entreprises et qui foule au pieds notre code de gouvernance", a déclaré la présidente du Medef lors d'une conférence de presse.
Comme ses concurrents, Valeo a été sévèrement éprouvé par le retournement des marchés automobiles mondiaux observé depuis l'été. Le Fonds stratégique d'investissement (FSI) a annoncé le 25 février une prise de participation de 2,35% au capital de Valeo pour près de 19 millions d'euros. Cette intervention en fonds propres lui permet de contrôler 8,33% du capital de la société aux côtés de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui détenait déjà 5,98%.
Valeo a publié le 13 février dernier une perte nette de 207 millions d'euros au titre de 2008 et prévenu que sa marge opérationnelle était susceptible d'être négative au premier semestre 2009, sans fournir de prévisions pour le reste de l'exercice. Confronté à une baisse drastique de ses ventes (près de 30% sur le seul quatrième trimestre 2008), il a fait part de son intention de supprimer 5000 postes dans le monde dont environ 1600 en France. En plein débat sur la rémunération des dirigeants d'entreprise, l'Association des actionnaires minoritaires avait accusé Thierry Morin de ne pas s'être conformé aux directives du Medef en la matière. La direction du groupe avait annoncé quelques semaines plus tard la réduction du salaire de son P-DG.
Les bonus choquent partout |
En pleine crise, la planète bouillonne de scandales sur les rémunérations des cadres et dirigeants d'entreprises. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




