Image d'archives © DRCe qui ressemble un peu à une bourde de Luc Chatel a semé vendredi un début de zizanie en Europe. L'annonce de la relocalisation de la production des Clio 2 par Luc Chatel, présentée comme un succès du plan pour l'automobile, a particulièrement déplu à Bruxelles. La Commission européenne a immédiatement demande "des explications des autorités françaises", s'étonnant que Luc Chatel lie cette décision au plan automobile français.
Cela serait "en contradiction totale avec la lettre qu'il a adressée à la commissaire à la concurrence il y a quelques semaines, qui indiquait qu'il n'y avait aucun lien entre les aides du plan automobile et la localisation de la production de voitures". Le constructeur français allait-il abandonner son usine en Slovénie pour rapatrier son activité à Flins dans les Yvelines ? Pas exactement. Les précisions sont d'ailleurs tombées rapidement : Renault va rapatrier, partiellement et temporairement, en France la production de certains modèles de Clio, fabriqués habituellement en Slovénie, pour répondre à une forte demande.
Pas relocalisation mais rééquilibrage
Et dans une conférence de presse, le directeur de l'usine Renault de Flins (Yvelines), Olivier Rémoleux, est encore plus clair. La production attribuée à son usine n'est pas une "relocalisation" mais un "rééquilibrage". Le constructeur souligne le caractère "industriel" de cette décision visant à répondre temporairement à une demande accrue pour ses petits modèles. Pour réaliser cette production, Renault va proposer à ses salariés d'autres sites français, actuellement en chômage partiel, de pourvoir 400 postes de juin à octobre. Renault a expliqué enfin que la décision de transférer une partie de la production de la petite Clio, jusqu'à présent fabriquée à l'usine slovène de Novo Mesto, avait été prise pour résoudre une sous-capacité de production en Slovénie, la demande commerciale ayant crû. Et pour y répondre, l'usine slovène a donc augmenté sa production. "Elle est en passe de monter à trois équipes, contre deux et demi auparavant. Elle est donc au maximum de ses capacités", a précisé une porte-parole de Renault.
Nicolas Sarkozy s'est quant à lui réjoui de la décision de Renault de rapatrier une partie de la production de la Clio 2 dans son usine de Flins, dans les Yvelines, soulignant qu'elle était la conséquence du succès des politiques européennes d'aide au secteur automobile. Cette décision n'enlève pas un seul emploi en Slovénie, où l'usine qui assemble la Clio "tourne à plein", et "ça en donne à Flins, c'est exactement ce que je souhaitais", a-t-il dit lors de la conférence de presse de clôture d'un sommet européen.
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