Les dirigeants se justifient... par courrier

le 23 mars 2009 à 06h28 , mis à jour le 23 mars 2009 à 12h11

Les salariés de la banque vont recevoir une missive dans laquelle les quatre principaux dirigeants expliquent avoir renoncé à leurs stock-options pour "couper court aux polémiques".

Le courrier des dirigeants de la Société généraleLe courrier des dirigeants de la Société générale © LCI

> Le sermon de Lagarde
> Volte-face à la SocGen
> Frédéric Lefebvre face à Christophe Barbier : "On va légiférer"

 

Devant le tollé général, les hauts dirigeants de la Société Générale ont finalement renoncé complètement à recevoir leurs stock-options. Et ils expliquent lundi leur renoncement dans une lettre que les milliers de salariés de la banque vont recevoir. "Pour couper court aux polémiques actuelles, nous avons décidé de renoncer  au bénéfice de l'attribution de ces stock-options et en avons informé le conseil d'administration", ont écrit les quatre principaux cadres dirigeants de la  banque dans une lettre. Les dirigeants concèdent n'avoir "pas su expliquer les mécanismes intrinsèquement complexes" des stock-options.
 
L'annonce, mercredi, de l'attribution de stock-options à plusieurs  dirigeants, dont 70.000 stock-options au président Daniel Bouton et 150.000 au directeur général Frédéric Oudéa, avait en effet déclenché une très vive  polémique. Sous la pression du gouvernement et des syndicats, les quatre dirigeants  avaient accepté vendredi de ne pas "exercer" leurs stock-options, c'est-à-dire  de ne pas les convertir en actions, tant que l'établissement continuerait à  bénéficier de l'aide de l'Etat, qui lui a déjà prêté 1,7 milliard d'euros. Le plan de stock-options de l'établissement bancaire prévoyait qu'elles ne  puissent pas être converties avant 2012.
 
Les stock-options, amorales ?
 
Mais de nombreuses voix se sont élevées pour exiger l'abandon pur et simple  de ces stock-options. Dimanche sur Europe 1, la ministre de l'Economie, Christine  Lagarde, n'a pas mâché ses mots et a exigé avec virulence que les dirigeants "renoncent à l'attribution" de ces stock-options et ne se contentent pas de  renoncer à les convertir en actions, comme ils l'avaient fait dans un premier temps. "J'espère vivement" que les dirigeants de la banque auront "le sens des  responsabilités pour aller plus loin". Et d'ajouter, sèchement, "il serait grand  temps que Société Générale rime un peu plus avec intérêt général".
 
Déjà, Nicolas Sarkozy s'était étonné que "visiblement certains ont du mal à comprendre. Quand il y a un plan social, des  aides publiques, les bonus, plans, stock-options, rémunérations annexes ne sont  pas admissibles". De son côté, une intersyndicale de la Société Générale a menacé d'une "riposte du personnel si la direction maintenait ces décisions" tandis que  plusieurs ministres fustigeaient l'octroi des stock-options. Plus largement, Christine Lagarde a indiqué "s'interroger sur la pertinence des stock-options" tant en termes d'efficacité que de morale.

"On passera  par la loi"
 
Le secrétaire général du syndicat Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly,  interrogé dimanche sur Radio J, a jugé qu'il y a avait "un côté indécent" aux  plans de stock-options. "Quand des entreprises ont d'une manière ou d'une autre l'aide de l'Etat, il  est tout à fait logique" qu'il "n'y ait pas de stock-options cette année. Cela  vaut aussi pour les bonus", a-t-il ajouté. La polémique intervient alors que le gouvernement français a demandé mardi  au Medef et à l'Association Française des Entreprises Privées (Afep) de définir  un dispositif concret pour inciter les dirigeants d'entreprises qui licencient à  renoncer à leur bonus. Le groupe Société Générale a fait savoir qu'il serait  créateur net d'emplois en 2009. Le gouvernement a menacé plusieurs fois de légiférer sur la question des  rémunérations, si un terrain d'entente n'était pas trouvé. Une "concertation"  doit être engagée avec les partenaires sociaux, mais faute d'accord, "on passera  par la loi", a averti Christine Lagarde. Il y a de  "multiples méthodes", en particulier "la voie fiscale", a-t-elle précisé.

Une éventualité soutenue lundi matin par Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP. "Le Medef ne veut pas réagir. Comme il n'y a ni le désir ni les moyens, on va nous leur donner les moyens et on va légiférer". "Je pense qu'on peut amarquer des points très vite. Puisque le Medef ne veut pas imposer un certain nombre de rêgles, et bien, nous, nous en imposerons par la loi et par des principes sur lesquels nous ne transigerons pas en prenant l'opinion publique à témoin", a-t-il dit. Selon lui, il faut empêcher que les patrons puissent augmenter la part variable de leurs rémunérations sans que les salariés bénéficient aussi de gratifications.
 
D'après agence

le 23 mars 2009 à 06:28
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15 Commentaires

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  • Victor, le 23/03/2009 à 17h33

    A mon avis et cela a déjà été demandé par de nombreux intervenants, il faut carrément légiférer une bonne fois pour toute . Empêcher les rémunérations annexes tant que la réforme légale n?est pas mise en application et prévoir les mesures fiscales assorties dans la foulée.

  • Roger, le 23/03/2009 à 16h59

    Que veut dire Mr Lefebvre par "AMARQUER des points très vite". Après vérification dans le petit Robert, je n'ai pas trouvé ce verbe. Quelqu'un peut-il lui apprendre le français, Merci

  • LOLO, le 23/03/2009 à 12h47

    Qu'il est loin le temps ou nos banquiers inspiraient le respect...je crois qu'il faudrait de nouveau inculquer à nos dirigeants de banque des notions comme le respect et l'humilité

  • Bruno, le 23/03/2009 à 12h23

    Il vont pas y toucher mais ils les auront quand meme ! Vaste fumisterie encore, il en renoncent a rien sinon a encaisser quand ils le veulent !!!

  • Picsou, le 23/03/2009 à 12h23

    Attention, Ils renoncent à leur stock option ou ils renoncent à exercer leur stock option, ce n'est pas la même chose !!! Que fait-on des stocks options qu'ils on déjà en leur possession ?

  • Royalmax, le 23/03/2009 à 11h57

    Dans le procès en sorcellerie fait aux dirigeants de la Soc.Gen , on invoque la distribution de stocks-options ( pari sur l'avenir).Cette distribution n'eût point été immorale si ces mêmes dirigeants avaient pu ACHETER des actions au cours en bénéficiant d'un prêt personnel au taux du marché , prêt gagé sur lresdites actions exerçables dans 4 ans et sur les biens personnels desdits bénéficiaires .Dans ce cas il y aurait eu véritablement prise de risque , donc possibilité de gains et motivavation à réussir

  • Ugly, le 23/03/2009 à 11h50

    Les dirigeants des entreprises qui ont été ?subventionnés? par l'état parceque ils avaient pris des risques en plaçant de l'argent, souvent à nous, pour faire des bénéfices,?pour eux? ne devraient pas pouvoir toucher un seul dividende, une augmentation, etc, tant qu'ils n'ont pas remboursés l'aide de l'état.

  • Nossim, le 23/03/2009 à 10h22

    Les mécanismes intrinséquement complexes des stock options cachent une réalité simple : ce système est détourné de sa vocation première qui est d'attirer des talents dans les petites entreprises de technologies bref des gens qui prennent des risques importants. Les stocks options pour les dirigeants des grandes entreprises sont une aberration, c'est avant tout un moyen pour ne pas payer des charges sociales et leur effet est désastreux comme l'affaire Enron l'a démontré. On encourage les managers a truquer les résultats avec des conséquences a moyen terme désastreuses pour les salariés et les autres actionnaires. De plus des universitaires américain Pfeffer et Sutton entre autre ont démontré leur inefficacité comme rémunération incitative dans une économie financière que personne ne peut contrôler.

  • Cricvau84@orange.fr, le 23/03/2009 à 10h15

    Je touve inadmaissible que CES MESSIEURS LES DIRIGEANTS sans mettent plein les poches , alors que nous LES PETITS si noussommes a découvert on nous enfonce la tete sous l'eau. Il est vrai qu'avec les agios qu'ils nous " pompent" eurs salaires doivent etre assez consequent!!!!!!!!!!

  • Liberté, le 23/03/2009 à 10h02

    Enfin des patrons responsables(du à une certaine pression soit), espérons que cela fera"jurisprudence" si je peux m'exprimer ainsi. Les patrons de PME, PMI sont souvent plus responsables car ils savent que ce sont leurs salariés qui sont la force vive de la pérénité de leur entreprise. Je pense que le blème des grosses entreprises est que les PDG ne sont pas les "propriétaires" de leur société mais que des"locataires" qui doivent rendre compte devant les patrons que sont les actionnaires donc quelque part les entreprises ne sont pas leur"bébé" et donc ils n'ont pas le même engagement moral vis à vis des salariés et de l'entreprise. J'attends de voir comment le souhait de Sarko : 1/3 bénéfice au développement de l'entreprise(recherche...), 1/3 aux actionnaires, 1/3 aux salariés pourraient se mettre en place car c'est là la seule ^possibilité de relance économique mais ils faudrait pour cela que les actionnaires acceptent le défi en ne délocalisant pas vers des pays qui n'imposent pas ce genre d'engagement Nous sommes au XXI siècle et il serait tant que l'homme évolue un petit peu et renonce à son individualisme à outrance aux détriments des autres! Héritage soit mais l'argent empêchera personne à ne pas rejoindre sa dernière demeure...

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