Barack Obama sur CNN (3 février 2009) © TF1/LCIAlors que le scandale AIG ne faiblit pas et fragilise son secrétaire au Trésor, Barack Obama s'est montré prêt à signer une loi qui signalerait de manière forte que des compagnies aidées par l'Etat comme l'assureur AIG ne pourraient plus utiliser l'argent public pour verser de grosses primes à leurs dirigeants. Prudent, le président américain s'est toutefois gardé de s'exprimer dans le détail dans un communiqué publié jeudi après que la Chambre des représentants eut adopté un tel projet. Le texte impose à 90% les primes telles que celles octroyées par le géant de l'assurance AIG à ses dirigeants, qui suscitent un scandale retentissant.
"Le vote d'aujourd'hui reflète l'indignation que beaucoup éprouvent légitimement devant les primes faramineuses qu'AIG a accordées à ses employés aux dépens de contribuables qui ont maintenu à flot cette entreprise défaillante", a estimé Obama. "La loi va à présent au Sénat, et j'attends de recevoir un produit final qui dira de manière forte aux dirigeants de ces sociétés qu'on ne tolérera pas de telles rétributions".
La chasse au Trésor
L'affaire fragilise la nouvelle administration du président américain. Son secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, fait face à des appels à la démission de la part des républicains, qui mettent en cause sa gestion de la crise financière. Moins de deux mois après son entrée en fonctions, le grand argentier de 47 ans a reçu mercredi les encouragements du président, qui lui a renouvelé publiquement sa "confiance totale", tout en soulignant que peu de secrétaires au Trésor avaient fait face à une situation économique aussi difficile.
Mais la classe politique exige de savoir dans quelle mesure le ministre, censé superviser AIG depuis que l'Etat détient 79,9% du capital, était au courant des 165 millions de dollars de primes remis à l'encadrement et pourquoi il n'a rien fait pour l'empêcher. Des républicains réclament la tête du ministre, rappelant qu'il a lui-même organisé le sauvetage d'AIG en septembre dernier, alors qu'il était à la tête de la Réserve fédérale de New York.
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