Pepy prêt à s'engager dans la bataille des gares

le 08 mars 2009 à 16h23 , mis à jour le 08 mars 2009 à 16h55

Réagissant aux extraits du rapport de la sénatrice UMP Fabienne Keller rendus publics samedi, le PDG de la SNCF se dit d'accord pour investir davantage dans les gares.

quai de gare nice terImage d'archives © TF1/LCI

Le texte n'est pas encore public mais il fait déjà réagir. Un rapport de la sénatrice UMP Fabienne Keller, qui doit être diffusé mardi, préconise que la SNCF sépare la gestion de ses gares de son activité de transporteur. Selon elle, cette séparation ne se ferait "pas seulement en application de la libéralisation des transports" des voyageurs, qui doit intervenir en 2010, mais aussi "pour des raisons d'organisation des gares". Au lendemain de la publication, samedi, d'extraits de ses conclusions dans Le Figaro, le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, est monté au créneau sur Europe 1.

Ainsi, concernant l'avenir des gares dans un contexte de libéralisation des transports, il a mis en avant l'exemple allemand. Actuellement, la SNCF est transporteur et propriétaire des gares. Tout comme elle était, il y a peu encore, propriétaire du réseau ferré. Mais la situation est amenée à évoluer avec la poursuite de la libéralisation du rail dans l'UE. Entamée en 2003 par le trafic international de marchandises puis poursuivie en 2006 avec le fret national, elle doit être étendue en 2010 au trafic international de voyageurs, mettant fin au monopole de la SNCF. A ce moment-là, avec l'ouverture de la concurrence, les gares "seront ouvertes aux nouvelles compagnies ferroviaires", a assuré Guillaume Pepy. "C'est ce qui s'est passé en Allemagne où la Deutsche Bahn gère et s'occupe des gares pour le compte de toutes les compagnies ferroviaires et nous allons faire la même chose".

"Les gares ont changé de dimension"

Concernant les questions "d'organisation des gares", Guillaume Pepy contre les arguments de Fabienne Keller, notamment sur le sous-investissement chronique qu'elle souligne. Dans son rapport, symboliquement intitulé "la gare contemporaine, centre de ville et coeur des transports", la sénatrice plaide en effet aussi pour une modernisation des gares qui ont, selon elle, souffert d'un déficit d'investissement "dans les décennies d'après-guerre". Sur Europe 1, Guillaume Pepy s'est dit "prêt à changer de braquet (...) pour reconstruire des gares et en faire de nouveaux centres-villes". Et face aux besoins d'investissement dans les gares évalués par le rapport à une somme comprise entre 4,2 et 5,4 milliards d'euros d'ici à 2020 en région, 3,3 milliards en Ile-de-France et 1,4 milliard pour les stations de métro, Guillaume Pepy se dit "d'accord pour mettre plus d'argent". Mais pas seul.

Selon lui, ces investissements seront financés par la SNCF "avec toutes les autorités organisatrices, c'est-à-dire tous les élus parce que (...) ces gares doivent devenir des gares de tous les modes de transport et il faut qu'on les gère avec les régions, avec les départements, avec les élus locaux". Son argument ? "Les gares ont changé de dimension (...). On y vient prendre le train, mais on y veut le vélo en libre service, on y veut la voiture électrique, on y veut le tram, on y veut tous les modes de transport doux, c'est-à-dire éco-mobiles".

D'après agences

le 08 mars 2009 à 16:23
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