Les banques françaises BNP et Société Générale ont limité la casse en 2008 © LCI / DREn ce moment chez AIG, c'est le scandale permanent. Après l'annonce par le Wall Street Journal du versement de généreux bonus aux responsables qui ont conduit l'assureur américain à la nationalisation en catastrophe (Voir notre article), une nouvelle information fait tiquer le contribuable américain. AIG, sauvé de la faillite en septembre par l'Etat qui en a pris 80% des parts, a révélé dimanche que l'argent public reçu avait surtout servi à dédommager des banques européennes...
La Société Générale est ainsi l'une des principales bénéficiaires du sauvetage du groupe, car une faillite de l'assureur américain lui aurait coûté 11,9 milliards de dollars, selon des documents publiés dimanche. Deux autres établissements français auraient pu perdre gros dans la débâcle de l'ancien numéro un mondial de l'assurance: BNP Paribas (4,9 milliards de dollars) et Calyon, la banque d'affaires du Crédit Agricole (2,3 milliards) qui ont aussi récupéré de généreuses enveloppes. Selon le Wall Street Journal, la plus grande partie de ces sommes correspond à des contrats d'assurance souscrits par les grandes banques auprès d'AIG tout au long de l'année dernière pour protéger leurs placements à risque, notamment sur les fameuses subprimes américaines.
Normal, pour la SoGé
A en croire les heureux bénéficiaires des milliards d'AIG, ce qui s'est produit est finalement assez banal. La "Société générale a agi conformément à ses accords de contrepartie avec AIG", assure la banque dirigée par Frédéric Oudéa dans un bref communiqué. "Le collatéral déposé par AIG et les montants payés sont pleinement conformes avec les termes de ces accords", ajoute-t-elle, sans toutefois préciser ce que sont devenus ces 11,9 milliards de dollars dans ses comptes. Au lendemain de cette nouvelle, les valeurs financières tiraient la Bourse de Paris vers le haut lundi après-midi. Après 15 heures, le CAC 40 prenait 1,91%, Parmi les financières, Dexia bondissait de 12,31%, Natixis de 7,69%, Société Générale de 9,93%, et BNP Paribas de 6,74%.
AIG a expliqué, pour sa part, sa décision de publier la liste de ses contreparties par la nécessité de "maintenir un haut niveau de transparence en ce qui concerne l'utilisation de fonds publics". Le groupe précise n'avoir pris la décision de la diffuser qu'après consultation de la Réserve fédérale pour déterminer l'impact que pourrait avoir cette annonce sur le secret des affaires.
52 milliards de fonds publics
Trois institutions ont reçu à elles seules 70% des 52 milliards de dollars de fonds publics utilisés entre septembre et décembre pour dénouer les positions souscrites par la filiale financière d'AIG: la banque d'affaires américaine Goldman Sachs (12,9 milliards de dollars), la Société Générale et la banque allemande Deutsche Bank (11,8 milliards). Parmi les autres gros bénéficiaires de fonds publics figurent la britannique Barclays (7 milliards), la banque d'affaires américaine Merrill Lynch (6,8 milliards) et la suisse UBS (5 milliards).
AIG a déjà dû faire l'objet de quatre plans de sauvetage successifs, entraînant la mobilisation de plus de 170 milliards de dollars de fonds publics. Le groupe a affiché des pertes inouïes de 99,3 milliards au titre de l'année écoulée. Les autorités américaines avaient défendu leur choix de sauver le groupe par le fait que sa faillite pourrait avoir des conséquences en cascade sur le reste de la finance mondiale. AIG avait en effet souscrit des milliers de milliards de dollars de contrats assurant le bon remboursement d'emprunts à risques, devenus sans valeur. Ce sauvetage est vivement contesté au sein de l'opinion et de la classe politique américaines et nombre de voix s'étaient faites entendre ces dernières semaines pour savoir à qui avait profité l'argent du contribuable. L'annonce de la générosité d'AIG avec les banques européennes n'a fait que relancer la polémique.
| Obama veut la peau des bonus d'AIG |
Le président Barack Obama achargé le secrétaire au Trésor Timothy Geithner de prendre toutes les mesures légales pour empêcher le versement d'importants bonus accordés aux cadres de l'assureur AIG. "Le président a demandé au secrétaire Geithner de recourir à tous les moyens légaux dont il dispose pour s'opposer à ces bonus, découvrir qui les a inclus dans les contrats et faire en sorte que cela ne se reproduise plus", a déclaré Austan Goolsbee, conseiller économique d'Obama, à Reuters Television. "Nous n'allons évidemment pas enfreindre la loi, mais il existe un certain nombre de leviers juridiques que nous pouvons actionner, et c'est ce que le président a chargé le secrétaire au Trésor de faire." |
Retour MYTF1
Chargement en cours...





