Trois cadres de Caterpillar retenus par des salariés

le 31 mars 2009 à 11h38 , mis à jour le 31 mars 2009 à 22h11

Des salariés de Caterpillar, où 733 emplois doivent être supprimés, retiennent depuis mardi matin ces cadres de la direction du site de Grenoble.

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Première nuit de séquestration pour trois cadres de la direction de Caterpillar. Des salariés du groupe de construction d'engins de chantiers, où 733 emplois doivent être supprimés, les retiennent dans le bureau du directeur à Grenoble depuis mardi matin. Pour Benoît Nicolas, délégué CGT, pas question de relâcher la pression :  "On les retient dans le bureau du directeur et on est en train de discuter avec eux pour qu'ils ouvrent un comité d'entreprise pour débloquer les négociations. On va pas les laisser partir".

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"Ils ne sont pas séquestrés, juste bloqués"

Michel La Boisseret, délégué CGT chez Caterpillar, explique la décision des salariés de Grenoble de retenir la direction du site sur place.



Outre le directeur de l'usine de Grenoble Nicolas Polutnick, un responsable du service du personnel et un  responsable des produits européens sont également "retenus". Le quatrième cadre, un responsable des achats, "n'a pas de rôle dans les négociations" mais a choisi de rester, a précisé le syndicaliste. "Ils sont un peu abasourdis", a expliqué Benoît Nicolas. Selon lui, "il  semble qu'ils n'aient pas de marge de négociations car ils n'ont pas tous les pouvoirs, mais je pense qu'on peut arriver à quelque chose".


Depuis le début de cette confrontation musclée, toutefois, un cadre a été libéré. Il s'agit du directeur des ressources humaines, Maurice Petit. Il a été relâché mardi peu après 18 heures 30, pour raison médicale : il souffre de problèmes cardiaques. Il est sorti, sans faire de déclaration, du bureau où ses collègues s'apprêtaient à passer la nuit, sous les huées des salariés et dans une ambiance tendue. Auparavant, un délégué CGT, Pierre Piccarreta, avait pris la parole pour persuader les employés de laisser sortir le cadre. "Maurice Petit a des problèmes de coeur, c'est un être humain", avait-il déclaré.

 

"Pour négocier, il faut être en mesure de négocier"

 

Les salariés réclament une indemnité de départ sur la base de trois mois de salaire par année d'ancienneté, avec un plancher de 30.000 euros. La direction propose une indemnité fixée à 0,6/mois de salaire, avec un plancher de 10.000 euros. "On est prêt à établir un calendrier et on veut une véritable avancée sur le budget global, notamment pour les indemnités de départ des licenciés", a souligné le syndicaliste. "On a également proposé de passer aux 32 heures temporairement, mais la direction ne veut pas en discuter. On a des propositions pour diminuer l'impact des licenciements, mais il faut qu'ils gonflent leur budget".

 

Ce à quoi Nicolas Polutnick a rétorqué : "On n'a pas les allées et venues libres qu'on pourrait s'attendre à avoir pour redonner une chance aux négociations. Pour négocier, il faut être en mesure de négocier". Et d'ajouter : "Un plan de sauvegarde de  l'emploi est un processus complexe. Il faut absolument que nous gardions les intérêts de l'entreprise sous peine de gérer non pas 733 (suppressions) d'emplois mais la totalité".

 

"Priorité absolue" 

 

La direction de Caterpillar a quant à elle affirmé mardi à Washington que sa "priorité absolue" était de trouver les conditions d'un maintien du site de Grenoble. "Notre priorité absolue est de trouver une solution qui garantisse la permanence de notre présence à Grenoble", a commenté Chris Schena, vice-président de Caterpillar chargé des opérations industrielles en Europe, Afrique et Moyen-Orient, cité dans un communiqué. "Les actions qui ont lieu aujourd'hui, menées par une petite minorité d'individus, ne nous aident pas à résoudre cette situation de manière positive", a regretté Chris Schena.

 

 

Carte des plans sociaux en France - 2009

INFOGRAPHIE

La carte de France des plans sociaux

 

le 31 mars 2009 à 11:38
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3 Commentaires

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  • Helene34, le 31/03/2009 à 12h45

    Il n'y a donc plus de possibilites de négocier dans les entreprises françaises? les patrons pensest qu'ils peuvent tout imposer à leurs salariés et que ceux ci ne diront rien de peur de perdre leur emploi. mais ils doivent être bien déseperés pour en arriver là!!!

  • Remi, le 31/03/2009 à 12h41

    Ca s'appel une prise d'otage, pour les syndicats qui refusaient ce mot lors des greves...

  • Francois, le 31/03/2009 à 12h05

    Je suis choqué de voir qu'on considère à présent la séquestration de cadres comme un acte normal et unn moyen de négociation. La séquestration est un acte puni par la loi pénale. Cela exprime une attitude de haine et de mépris des lois absolument innaceptable. Je comprend que des gens soient désepérés de perdre leur emploi car c'est une épreuve terrible. Mais si la société s'enlise dans l'acceptation des séquestrations, blocages, voir violences, elle dérive directement vers état de non droit et la loi de la jungle.

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