Laurence Parisot sur Europe 1 le 19 mars 2009 © DRHaro sur Parisot. Les propos très libéraux ou anti-grève de la patronne des patrons font l'unanimité contre elle en cette période de crise (Voir notre article). Dernière en date à mener la charge, Ségolène Royal s'est dite sur RTL "consternée par les prises de positions successives du Medef", jugeant le mouvement dirigé par Laurence Parisot "très réactionnaire, très replié sur lui-même".
Jeudi matin, la patronne des patrons ne s'est pas démontée. D'abord, elle a demandé sur Europe 1 d'"arrêter de désigner" les chefs d'entreprise comme des "bouc-émissaires" de la crise. Alors que de nombreux éditorialistes jugent qu'elle a jeté de l'huile sur le feu avant la journée de grève et de mobilisation, Laurence Parisot a affirmé que "ce qu'elle avait dit avait été légèrement déformé", tout en précisant qu'elle ne "retirait rien" des accusations de "démagogie" portée contre les grèves. "J'ai surtout dit qu'il faut trouver des solutions face à la crise" et "j'ai dit que j'ai été très surprise de voir les centrales syndicales refuser des discussions proposées le 5 février (...) sur la situation de l'économie et pour améliorer le fonctionnement du marché du travail", a-t-elle ajouté. "Il y a une forme de démagogie à ne pas répondre" aux propositions du Medef d'ouvrir une deuxième étape de la modernisation du marché du travail.
Pas touche aux patrons
Et la patronne des patrons persiste et signe.... Le Medef, auquel le gouvernement a demandé d'encadrer la rémunération des patrons qui licencient ou recourent massivement au chômage partiel, n'a "pas les moyens, ni même le désir d'imposer quelque chose", a déclaré Laurence Parisot. "Le Medef a une autorité morale, mais pas plus que ça", a expliqué la présidente du Mouvement des entreprises de France ajoutant que le sujet "dépend de la relation contractuelle entre le mandataire social et son entreprise, via les décisions du conseil d'administration".
Pour le Parti communiste, "la patronne des patrons fait preuve d'un corporatisme choquant". "Ce cynisme et ce mépris ne peuvent aujourd'hui plus être arrêtés que par la force de la
loi". Le gouvernement avait demandé mardi au Medef et à l'Association des entreprises de France (Afep) de définir un "dispositif opérationnel" d'encadrement de la rémunération des dirigeants en temps de crise "avant le 31 mars". Il leur a rappelé que Nicolas Sarkozy avait souhaité, le 18 février, que "les dirigeants mandataires sociaux dont l'entreprise met en oeuvre un plan social d'ampleur ou recourt massivement au chômage partiel, renoncent à la part variable de leur rémunération".
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