
Alors que les dirigeants de la Société Générale se sont engagés vendredi "à renoncer à lever" leurs stock-options, accédant ainsi à la demande de la ministre de l'Economie Christine Lagarde, Nicolas Sarkozy a estimé que le plan de stock-options était un scandale. Un langage qui rappelle celui de son homologue américain, empêtré dans l'affaire de l'assureur AIG, et qui devrait approuver la loi qui propose de taxer à 90% les grosses primes des dirigeants de l'assureur.
Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur le sujet en marge du sommet européen à Bruxelles, supposé préparer la prochaine réunion du G20 qui doit traiter des mesures de relance des différents Etats. "Les bonus, les stock-options, les rémunérations exceptionnelles, ce n'est pas admissible quand il y a des aides publiques", a-t-il déclaré. Visant très clairement les annonces faites par la Société générale sans nommer la banque, le chef de l'Etat a même indiqué que de tels dispositifs pour un "mandataire social, ce serait un scandale".
"Indécent"
Dès l'annonce de cette distribution, mercredi, la ministre de l'Economie Christine Lagarde avait demandé aux quatre dirigeants de la banque concernés de "ne pas exercer" leurs stock-options tant que l'Etat la "soutiendra", avait indiqué Bercy vendredi. L'établissement a pris cette décision "afin de favoriser un retour à une plus grande sérénité dans le débat sur la rémunération à long terme des dirigeants", précise-t-il dans son communiqué. Toutefois, précision qui a son importance, les dirigeants n'ont pas renoncé à recevoir ces stock-options mais seulement à les convertir en actions tant que la banque bénéficiera de l'appui de l'Etat, qui lui a déjà prêté 1,7 milliard d'euros et lui permet de bénéficier de la Société de financement de l'économie française (SFEF) pour emprunter sur les marchés. En clair, ils pourront les convertir en actions lorsque la banque n'aura plus besoin du soutien de l'Etat.
L'attribution de ces stock-options a suscité une vive polémique depuis son annonce. Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a notamment qualifié vendredi ce plan d'"indécent". Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a lui demandé "des explications" à la banque.
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