Daniel Bouton, PDG de la Société Générale, le 30 janvier 2008 sur France 2"Je fais le choix de m'en aller maintenant pour protéger la banque". C'est dit. Daniel Bouton, président de la Société Générale, annonce mercredi sa démission, dans un entretien au Figaro. "J'ai en effet remis ma démission. Le conseil d'administration élira le 6 mai prochain un nouveau président", précise-t-il.
"Je suis devenu la cible d'attaques incessantes qui finissent par nuire à cette entreprise à laquelle je suis très attaché", poursuit-il. "Comme tout dirigeant, j'ai certainement commis des erreurs et j'ai pu être maladroit, je le reconnais", concède M. Bouton. "Mais les critiques dont je suis la cible me sont devenues insupportables et il faut pour la banque ramener la sérénité. Si mon départ peut y contribuer, tant mieux", déclare-t-il. Le président de la Société Générale assure par ailleurs quitter le groupe avec "zéro" indemnité de départ.
"Tentation du bouc émissaire"
La Société Générale a été au coeur de plusieurs polémiques et scandales ces derniers mois, de la perte de 5 milliards d'euros provoquée par les activités de Jérôme Kerviel au montant des retraites de ses dirigeants. Lundi, Libération révélait par ailleurs que le groupe bancaire pourrait perdre 5 milliards d'euros à cause d'investissements hasardeux dans son activité de gestion d'actifs. Des informations "formellement" démenties par la Société Générale. Daniel Bouton reconnaît une autre erreur: "celle de ne pas avoir refusé" le récent plan de stocks-options pour les dirigeants de son groupe. Il estime par ailleurs que les critiques contre les banques, qui se multiplient depuis le déclenchement de la crise financière, sont "malvenues". "Même si nous avons commis des erreurs", déclare-t-il, "et même si je comprends combien la tentation du bouc émissaire peut être forte en période de crise aiguë, comme celle que nous traversons".
Daniel Bouton affirme d'autre part qu'il s'était "régulièrement" posé la question de son départ "depuis l'affaire Kerviel, en janvier 2008". "A l'époque, j'avais présenté ma démission au conseil, qui l'avait refusée", souligne-t-il. A la suite de l'affaire Kerviel, la direction générale du groupe avait néanmoins été confiée à Frédéric Oudéa, qui "s'avère être un directeur général de grande qualité", estime Daniel. Bouton.
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