Du rififi à la SoGé

Par TF1 News (D'après agence), le 12 décembre 2009 à 10h30 , mis à jour le 12 décembre 2009 à 10h33

Cinq anciens cadres dénoncent de mauvais placements et veulent récupérer leur mise. Ils menacent de saisir la justice.

Société généraleImage d'archives © Reuters

L'affaire a été révélée vendredi par Le Parisien : cinq anciens cadres de la Société Générale accusent la banque d'avoir effectué de mauvais placements financiers et menacent de porter l'affaire en justice. Ces anciens employés, qui agissent en qualité d'épargnants, mettent directement en cause la filiale de la banque spécialisée dans les placements financiers (Sgam) dans une lettre adressée au PDG de la Société Générale, Frédéric Oudéa. Ils accusent Sgam d'avoir placé de l'argent au capital de sociétés sans qu'aucune étude sérieuse ait été menée au préalable, affirme Le Parisien, qui s'est procuré le document. Ainsi en 2001, 1,5 million d'euros aurait été investi dans une entreprise "n'ayant eu aucune activité cette année-là".

Le montant total de ces placements pourrait atteindre les 4 milliards d'euros et concerner des centaines de personnes, selon les auteurs de la lettre qui ont voulu garder l'anonymat. Dans le détail, les auteurs montrent du doigt les contre-performances enregistrées par les fonds communs de placement dans l'innovation (FCPI), gérés par Sgam. Certains de ces fonds servant à investir dans les PME accusent une "décote invraisemblable de plus de 70% quand des produits de la concurrence affichent, eux, de bien meilleurs résultats", estime l'un des accusateurs.

Des investissements "par nature risqués"

Pour sa part, une porte-parole de la Société Générale a déclaré que ces "fonds sont gérés dans le respect des règles édictées par l'AMF". D'après elle, les "FCPI sont par nature des investissements risqués destinés à des investisseurs avertis qui ont pleine connaissance des risques encourus" et "sont majoritairement investis dans des PME à caractère innovant et non cotées qui, en raison de l'éclatement de la bulle Internet et de ses effets sur les start-up, ont enregistré des performances négatives".

Mais selon Le Parisien, des documents "tendant à démontrer de graves irrégularités" de gestion auraient été transmis dès 2005 et 2006 à l'Autorité des marchés financiers. Pour sa part, l'AMF rappelle que son "rôle est de vérifier la conformité du produit financier à la réglementation et de s'assurer que les investisseurs sont bien informés des risques du produit, notamment via le prospectus". En revanche, "l'AMF ne vérifie pas l'opportunité des placements réalisés par les FCPI".

Les cinq anciens cadres, qui réclament un remboursement de leurs mises, soit 200.000 euros au total, menacent de porter l'affaire devant la justice s'ils n'obtiennent pas gain de cause. Ils disent également réclamer la médiation de l'AMF, sans préciser s'ils l'ont sollicitée par écrit. Quant à l'avenir de Sgam, il passe par une fusion : l'essentiel de ses activités seront fusionnées, début 2010, aux activités de gestion d'actifs (gestion de placements financiers) de Crédit Agricole, pour former la société commune Amundi, contrôlée à 75% par Crédit Agricole et à 25% par Société Générale.

Par TF1 News (D'après agence) le 12 décembre 2009 à 10:30
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10 Commentaires

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  • 61clementine, le 12/12/2009 à 19h14

    Un commentaire d'initié, peut-être ???

  • zelectron1, le 12/12/2009 à 17h43

    "La Société générale pour favoriser le commerce et l'industrie en France" (son nom complet: est-il toujours d'actualité?) est devenue au fil des ans une voleuse légale de plus en plus puissante et intouchable car trop d'intérêts sont en jeu. A-t-on le droit de se comporter ainsi au prétexte qu'on est riche et puissant? La question est bien la suivante: comment punir ? c'est très simple , virer les 10 plus haut salaires, intéressements et frais inclus immédiatement et sans primes de départ ni retraite*. Cela aurait 2 avantages : - leur remplacement par des gens moins chers et plus soucieux de bien exécuter leur travail - la restauration de l'image de la banque et ce qui compte au dessus de tout la confiance. * pas de soucis ils ont ce qu'il faut à l'abris.

  • zelectron1, le 12/12/2009 à 17h40

    "La Société générale pour favoriser le commerce et l'industrie en France" (son nom complet: est-il toujours d'actualité?) est devenue au fil des ans une voleuse légale de plus en plus puissante et intouchable car trop d'intérêts sont en jeu. A-t-on le droit de se comporter ainsi au prétexte qu'on est riche et puissant? La question est bien la suivante: comment punir ? c'est très simple , virer les 10 plus haut salaires, intéressements et frais inclus immédiatement et sans primes de départ ni retraite*. Cela aurait 2 avantages : - leur remplacement par des gens moins chers et plus soucieux de bien exécuter leur travail - la restauration de l'image de la banque et ce qui compte au dessus de tout la confiance. * pas de soucis ils ont ce qu'il faut à l'abris.

  • 61clementine, le 12/12/2009 à 16h49

    @jlub84 : il faut arrêter de prendre les "petits porteurs" pour des benêts !!! Même s'ils ne connaissent évidemment pas toutes les ficelles de la finance, ils n'en ignorent pas pour autant les risques qu'ils prennent dans certains de leurs placements !

  • j.rene, le 12/12/2009 à 16h18

    S'ils ont investi dans la retraite de leur ancien PDG, c'est sure, ils ne reverront jamais leur pognon.

  • jlub84, le 12/12/2009 à 14h44

    Je ne crois pas que le but soit d'attirer votre compassion. D'apres l'article cela concerne des centaines de personnes (dont je supposes, bien que l'article ne le precise pas, des "petits" epargnants). Ce que je deplore c'est que ces ANCIENS cadres (si il s'avere qu'ils ont raison) ne portent pas l'affaire en justice, point barre. Dans beaucoup de pays developpes ce genre d'action a un effet regulateur important (bien plus efficace que d'aller raler dans la rue, croyez moi!). En France, beaucoup preferent se considerer comme des "petits" ou "citoyens lambda", subir, et rire quand plus "grand" que soi se fait avoir. A chacun son concept de la democratie....

  • didierbretagne, le 12/12/2009 à 14h23

    Vous ignorez sans doute beaucoup de choses de la complexité pyramidale et multi fonction des banques. Vous avez très certainement des cadres de banques dans votre entourage : le plus souvent ils font très bien leur travail mais comme dans toutes les professions ils sont spécialisés. Je ne connais pas votre professions ou autres internautes qui réagissent comme vous mais croyez vous que les ingénieurs (par exemple en génie civil savent utiliser les explosifs : non pour cela ils font appel à d'autres spécialistes. Il en est de même des experts près les tribunaux ils peuvent être chargés d'une expertise mais leur domaine ne couvre pas toujours toute la tâche que les juges leur ont confié). Le seul point négatif à leur encontre c'est d'avoir fait confiance à leurs collègues spécialisés, comme vous vous êtes amenés à faire confiance à votre boucher, ou votre boulanger, ou..........

  • henri_bambelle, le 12/12/2009 à 13h43

    Les cadres de banque qui ignorent le risque d'un placement financier sont des bouffons dont nous rigolerons plutôt que de les plaindre.

  • taf1976, le 12/12/2009 à 13h23

    Tiens donc ils se bouffent le nez entre eux trop fort

  • alain-paris, le 12/12/2009 à 12h30

    On n'est jamais trahi que par les sien, c'est bien connu. C'eut été l'épargnant lambda, il avait pas beaucoup de chance de se faire rembourser. mais là, on a affaire à des personnes qui connaissent le système de l'intérieur.

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