Les Caterpillar priés par la justice de lever le camp

le 17 avril 2009 à 21h00 , mis à jour le 17 avril 2009 à 21h20

Le tribunal de Grenoble a ordonné vendredi à 19 salariés de laisser libre accès aux usines de Grenoble et Echirolles, sous peine de payer 200 euros chacun par jour.

caterpillar séquestration syndicats patronLe 31 mars, les salariés de Caterpillar à Grenoble avaient séquestré quatre cadres durant 24 heures. © REUTERS

Le tribunal de grande instance de Grenoble a ordonné vendredi à 19 salariés de Caterpillar, assignés pour occupation illicite et entrave à la liberté de travailler, de laisser libre accès aux usines de Grenoble et Echirolles, dans l'Isère, sous peine de payer 200 euros chacun par jour. Le tribunal, saisi en référé, a exigé qu'ils laissent libre accès à l'usine de Grenoble, où des salariés n'avaient pas pu aller travailler en début de semaine, et qu'ils quittent l'usine d'Echirolles, où certains salariés s'apprêtaient à passer une troisième nuit dans des tentes vendredi soir.


Massés devant le TGI, les salariés qui n'avaient pu rejoindre la salle d'audience ont accueilli la décision avec colère, criant à l'injustice et appelant à l'intervention d'un médiateur national pour que "le problème se règle rapidement". "Bravo l'indépendance de la justice !" ont-ils ironisé à l'annonce du délibéré. "Il n'a pas été décidé de recourir à la force publique. Il vous a été demandé de procéder volontairement à l'évacuation", a tenté de rassurer l'avocat des salariés, Me Pierre Janot, à la sortie du tribunal. "On nous demande d'accepter gentiment ce que nous dit la direction, de baisser la tête et de dire 'merci patron'", s'est exclamé Pierre Picaretta, délégué CGT. "On est prêts dès [vendredi] soir à rencontrer la direction autour d'une table avec un médiateur et à débuter de véritables négociations", a ajouté un délégué CGT.

 

"Rien n'est réglé"


La fin des négociations dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi était prévue vendredi soir. "Rien n'est réglé dans le conflit. La direction peut considérer que c'est fini, mais on va continuer à rebondir", a poursuivi le délégué CGT. "Cette décision de justice devrait permettre de ramener la sérénité sur les sites de Caterpillar France", a pour sa part fait savoir la direction dans un communiqué. "Lundi matin, 20 avril, plus de 2.000 salariés reprendront le travail après une période de chômage partiel," a-t-elle ajouté. "Nous renouvelons notre appel au calme, de façon à ce que les négociations se déroulent dans les meilleures conditions dans l'intérêt de tous", a-t-elle conclu.


Le 17 février, la direction de Caterpillar France, filiale du groupe américain de construction d'engins de chantier, avait déposé un plan de réorganisation prévoyant la suppression de 733 des 2800 emplois sur les sites d'Echirolles et de Grenoble, arguant d'une baisse des commandes sur fond de crise économique mondiale.

 

Fillon dénonce un "sabotage"

Lors d'un discours à Chaumont, en Haute-Marne, le Premier ministre François Fillon a qualifié vendredi de "sabotage" les séquestrations de dirigeants d'entreprises et les coupures sauvages de courant, utilisées par certains salariés dans les conflits sociaux. "Je voulais redire une nouvelle fois l'inquiétude qui est la mienne, qui est celle du gouvernement, qui est celle de beaucoup de Français, devant certaines manifestations de violences qui n'ont rien à voir avec le dialogue social", a déclaré François Fillon. "Je pense à la séquestration de certains dirigeants d'entreprises, je pense aux coupures de courant sauvages qui ont eu lieu ces derniers jours : c'est du sabotage, ça n'est pas la grève, ça n'est pas de l'action sociale", a-t-il dit. "Tout cela est extraordinairement dangereux."

 

(D'après agence)

le 17 avril 2009 à 21:00
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17 Commentaires

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  • Yaka, le 19/04/2009 à 17h32

    Qu'il est facile, Kouka, de lever des troupes en étant confortablement installé devant son écran ! De toute façon, y'a pas à polémiquer. Quelle que soit leur situation, des travailleurs n'ont PAS à en empecher d'autres de faire leur travail et de gagner leur vie. C'est un non respect de la liberté d'autrui et je trouve ça inadmissible

  • Kouka, le 18/04/2009 à 23h56

    C'est dans le combat que le reconnait l' homme,égalité fraternité des mots d'un autre monde!!! Que la lutte commence !!!!!! Battez vous ne renoncer pas! N'oublier pas que pendant la guerre de 45 les resistants etaient accusés de terroristes et à la libération on les à acclamé ! C'est la lutte final et battez vous. On vous soutiens ! Tous ensemble tous ensemble.............

  • Nénén, le 18/04/2009 à 18h11

    Quelles sociètés ou entreprises seraient assez fous d'investir en France, pour subir des sequesrations, des insultes , des grèves à répètition, un service public choyé mais défaillant, Sncf , livraisons , trnsports aériiens, ect .. plus l'éducation nationale... des manifs qui ressemblent à la guerrilla... alors réflèchissez bien, d'autres pays feront leur beurre de l'inconscience des travailleurs français et de ceux qui mettent de l'huile sur le feu .. quand les détenteurs de capitaux et de travail iront sous d'autres cieux, il sera un peu tard ! ! !

  • Querci, le 18/04/2009 à 13h55

    La question :comment en est-on arrive la? quand l'ouvrier n'a plus de moyens leguaux pour se defendre face aux patrons ,cela devient extraordinairement dangereux. quand les travailleurs sont a bout et qu'ils n'ont plus rien a esperer sinon la misere ,cela devient extraordinairement dangereux.

  • Gxhjgj, le 18/04/2009 à 12h55

    Courage les gars !

  • Robert, le 18/04/2009 à 11h59

    La justice?.......des riches .pas la vraie. honte a ces messieurs.

  • Jodise, le 18/04/2009 à 11h34

    Il n'y a pas que les engins de chantier,qui sont fait pour deblayer chez caterpillar,apparement la direction n'est pas mal non plus

  • Cjp, le 18/04/2009 à 09h33

    Quand les ouvriers défendent leur salaire et leur travail il ya toujours quelqu'un qui est là pour entraver leurs actions il y en à qui sont nés pour faire chier les autres et on retrouve ces gens qui sont nés pour faire chier les autres dans toutes les couches de la socétée.

  • Pierre59, le 18/04/2009 à 09h27

    <>cette organisme qui peu ou prou donne l'avantage et le droit a ceux qui s'en f...ent plein les poches et qui virent...bah! ce n'est qu'un arbitrage de convenance... si la logique du systeme ne plait pas au français , ils n'ont qu'a en changer ! !

  • Jacques, le 18/04/2009 à 07h53

    Quel est le but poursuivi par les grévistes qui nséquestrent des cadres ? Les amener à négocier donc à lacher du lest sous la contrainte ? Cela ne peut pas marcher. Il suffit pour cela que la direction générale fasse parvenir aux cadres séquestrés un message leur annonçant que leurs pouvoirs de direction et de décision sont suspendus provisoirement et donc que tout accord écrit ou verbal qu'ils seraient amenés à conclure tant qu'ils sont sequestrés n'aurait aucune valeur. J'ai vécu il ya de nombreuses années une telle situation et la séquestration a cessé dès que les grévistes ont lu le telex (il n' ya avait pas Internet à cette époque) que les cadres séquestrés avaient reçu.

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