Le 31 mars, les salariés de Caterpillar à Grenoble avaient séquestré quatre cadres durant 24 heures. © REUTERSLe tribunal de grande instance de Grenoble a ordonné vendredi à 19 salariés de Caterpillar, assignés pour occupation illicite et entrave à la liberté de travailler, de laisser libre accès aux usines de Grenoble et Echirolles, dans l'Isère, sous peine de payer 200 euros chacun par jour. Le tribunal, saisi en référé, a exigé qu'ils laissent libre accès à l'usine de Grenoble, où des salariés n'avaient pas pu aller travailler en début de semaine, et qu'ils quittent l'usine d'Echirolles, où certains salariés s'apprêtaient à passer une troisième nuit dans des tentes vendredi soir.
Massés devant le TGI, les salariés qui n'avaient pu rejoindre la salle d'audience ont accueilli la décision avec colère, criant à l'injustice et appelant à l'intervention d'un médiateur national pour que "le problème se règle rapidement". "Bravo l'indépendance de la justice !" ont-ils ironisé à l'annonce du délibéré. "Il n'a pas été décidé de recourir à la force publique. Il vous a été demandé de procéder volontairement à l'évacuation", a tenté de rassurer l'avocat des salariés, Me Pierre Janot, à la sortie du tribunal. "On nous demande d'accepter gentiment ce que nous dit la direction, de baisser la tête et de dire 'merci patron'", s'est exclamé Pierre Picaretta, délégué CGT. "On est prêts dès [vendredi] soir à rencontrer la direction autour d'une table avec un médiateur et à débuter de véritables négociations", a ajouté un délégué CGT.
"Rien n'est réglé"
La fin des négociations dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi était prévue vendredi soir. "Rien n'est réglé dans le conflit. La direction peut considérer que c'est fini, mais on va continuer à rebondir", a poursuivi le délégué CGT. "Cette décision de justice devrait permettre de ramener la sérénité sur les sites de Caterpillar France", a pour sa part fait savoir la direction dans un communiqué. "Lundi matin, 20 avril, plus de 2.000 salariés reprendront le travail après une période de chômage partiel," a-t-elle ajouté. "Nous renouvelons notre appel au calme, de façon à ce que les négociations se déroulent dans les meilleures conditions dans l'intérêt de tous", a-t-elle conclu.
Le 17 février, la direction de Caterpillar France, filiale du groupe américain de construction d'engins de chantier, avait déposé un plan de réorganisation prévoyant la suppression de 733 des 2800 emplois sur les sites d'Echirolles et de Grenoble, arguant d'une baisse des commandes sur fond de crise économique mondiale.
Fillon dénonce un "sabotage" |
Lors d'un discours à Chaumont, en Haute-Marne, le Premier ministre François Fillon a qualifié vendredi de "sabotage" les séquestrations de dirigeants d'entreprises et les coupures sauvages de courant, utilisées par certains salariés dans les conflits sociaux. "Je voulais redire une nouvelle fois l'inquiétude qui est la mienne, qui est celle du gouvernement, qui est celle de beaucoup de Français, devant certaines manifestations de violences qui n'ont rien à voir avec le dialogue social", a déclaré François Fillon. "Je pense à la séquestration de certains dirigeants d'entreprises, je pense aux coupures de courant sauvages qui ont eu lieu ces derniers jours : c'est du sabotage, ça n'est pas la grève, ça n'est pas de l'action sociale", a-t-il dit. "Tout cela est extraordinairement dangereux." |
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...





