© SXC.HULe gouvernement français s'est opposé jeudi à une répartition mathématique et uniforme des profits entre actionnaires, salariés et investissement en arguant des différences trop grandes entre les entreprises. En février, Nicolas Sarkozy avait réclamé une meilleure répartition des profits, défendant la "règle des trois tiers" - "une bonne règle", selon le chef de l'Etat. Sur fond de révélations sur les rémunérations de certains grands patrons, il s'était prononcé pour un système souple tout en assurant que l'Etat était prêt à légiférer sur le sujet si les partenaires sociaux ne parvenaient pas à s'entendre. Dans la foulée, il confiait au directeur général de l'Insee, Jean-Philippe Cotis, un rapport sur la valeur ajoutée et la répartition des profits dans les entreprises françaises.
Remise mercredi au chef de l'Etat, l'étude montre que le partage du profit brut des entreprises (hors impôts et charge d'intérêts) se répartissait en 2007 entre capacité d'autofinancement (57%), dividendes (36%) et épargne salariale (7%). Selon François Fillon, qui s'exprimait dans l'édition de jeudi du Figaro, "on voit bien que l'idée d'installer un système de rémunération uniforme pour toutes les entreprises n'a pas beaucoup de sens". Il faut améliorer les systèmes de participation et d'intéressement dans les petites et moyennes entreprises, déclare le Premier ministre, qui attend les propositions des partenaires sociaux, à qui Nicolas Sarkozy a donné jusqu'au 15 juillet pour s'entendre sur le sujet.
La ministre de l'Economie a également vanté un meilleur "jeu collectif" dans les entreprises, tout en écartant la règle des trois tiers. "Je ne pense pas qu'on puisse régler la question des profits dans ces conditions-là parce que vous avez des entreprises qui au début, au moment de leur développement, (doivent) tout réinvestir (pour) recapitaliser, renforcer les fonds propres. A ce moment-là, il n'est pas question de distribuer", a fait valoir Christine Lagarde sur Canal+. Selon elle, la situation est différente pour les entreprises "qui sont en rythme de croisière et qui ont déjà investi". "Chaque entreprise c'est une histoire individuelle, chaque entrepreneur est une histoire personnelle. On ne peut pas avoir une règle mathématique", a insisté Christine Lagarde. Interrogée sur l'éventualité d'une loi sur la répartition des profits, que le patronat réprouve, elle a évoqué des "outils" et des "méthodes". "Mais on ne peut pas cadrer en disant un tiers, un tiers, un tiers", a-t-elle souligné.
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