General Motors : la faillite plutôt que la mort

Par O. L. avec agences, le 25 mai 2009 à 11h39 , mis à jour le 25 mai 2009 à 11h43

Le constructeur automobile américain a jusqu'au 1er juin pour présenter un plan de restructuration viable mais devrait s'inspirer de Chrysler et déposer le bilan.

Un client potentiel devant une Chevrolet Impala à Dearborn, Michigan le 29 décembre 2008. Un client potentiel devant une Chevrolet Impala à Dearborn, Michigan le 29 décembre 2008. © REUTERS / Rebecca Cook


A quoi bon éviter la faillite quand on vous la présente comme un salut? Un scénario "à la Chrysler" apparaît de plus en plus probable pour General Motors (GM) qui devrait annoncer d'ici la fin de la semaine son dépôt de bilan pour mener une restructuration "chirurgicale" avec un fort soutien du gouvernement. La semaine s'annonce historique pour l'ensemble de l'industrie automobile US alors que le sort de Chrysler, le grand rival de GM, doit être tranché par un juge new-yorkais.
 
Théoriquement, General Motors a jusqu'au 1er juin pour présenter un plan de restructuration viable. Mais nombre d'analystes estiment qu'il devrait d'ici là suivre l'exemple de Chrysler, qui s'est placé sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites fin avril. Selon le Washington Post, l'Etat fédéral s'est déjà résolu à une telle solution, alors même que GM a beaucoup progressé dans sa restructuration, notamment en arrachant la  semaine dernière des accords à ses syndicats américains et canadiens lui permettant de ramener ses coûts salariaux au niveau de ceux de la concurrence.
 
Un deal pas win-win ?
 
Les Etats-Unis n'en ont pas l'habitude mai les pouvoirs publics devraient jouer un rôle central dans l'opération. Le schéma retenu serait celui d'une vente rapide des actifs sains du constructeur à des investisseurs. Le reste des actifs et des engagements du groupe devrait languir pendant des années sous administration judiciaire pendant que les parties prenantes se disputeraient ses dépouilles. Pendant le dépôt de bilan, l'Etat fédéral devrait continuer à alimenter massivement les caisses de GM, après lui avoir déjà déjà fourni près de 20 milliards de dollars depuis l'hiver.
 
Au départ, l'aide gouvernementale était seulement destinée à durer jusqu'à la fin du mois de mai. En contrepartie, le gouvernement demande donc à ceux auprès desquels GM s'est endetté  - banquiers et petits prêteurs - de renoncer à 27 milliards de dollars en échange de seulement 10% de la société. Le sacrifice est plus important que pour les autres parties, notamment le syndicat de l'automobile UAW, ce qui suscite un fort mécontentement.
 
Pendant ce temps, Chrysler poursuit sa mue sous le regard attentif de GM. Le juge des faillites Arthur Gonzales doit décider mercredi s'il approuve le plan poussé par l'Etat pour le constructeur, qui prévoit la vente des principaux actifs du groupe à un consortium mené par le constructeur italien Fiat. Son feu vert pourrait permettre à un "nouveau" Chrysler de sortir du processus de restructuration judicaire dans les trente jours, mais ce scénario optimiste peut toujours prendre du retard en cas d'éventuelles contestations.
 
Obama vers le socialisme ?
 
En première ligne sur ces dossiers, Barack Obama a déclaré samedi espérer que les deux constructeurs automobiles sortiront de la crise plus forts, sans mentionner explicitement la faillite possible de GM. "J'espère que nous verrons à la fois GM et Chrysler sortir de ce processus de restructuration plus minces, dégraissés et plus compétitifs, avec un ensemble de produits qui plairont aux consommateurs, de bonnes voitures économes en carburant et qui répondent au marché de demain", a déclaré le président américain dans une interview à la chaîne du Congrès C-Span.
 
"Nous pensons qu'ils (GM et Chrysler) peuvent s'en sortir et profiter de ce nouveau marché et être vraiment rentables et prospères, mais cela signifie passer par des moments douloureux maintenant", a-t-il averti. "Ce qui m'inquiète le plus, c'est que le plus dur est supporté par les ouvriers et les villes qui ont été historiquement la colonne vertébrale de l'industrie automobile", a relevé le président, promettant aux nouveaux chômeurs de l'automobile "une nouvelle formation efficace".
 
Cet interventionnisme de l'Etat fédéral gêne les défenseurs du libéralisme à l'américaine. Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a qualifié de "ridicules" les récentes accusations républicaines selon lesquelles l'administration du président Barack Obama entraînait les Etats-Unis vers le socialisme.

Par O. L. avec agences le 25 mai 2009 à 11:39
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7 Commentaires

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  • Pascal, le 26/05/2009 à 14h03

    John vous n'etes pas un sage comme le dit Alain, mais plutot un naïf. Si le gouvernement américain n'aide pas son industrie automobile, par un effet de domino il mettrait au chomâge des millions de personnes. Les 1ers seraient les salariés de CHRYSLER, puis GM, puis FORD qui seraient liquidés, puis leurs soutraitants, puis les restaurants, magasins où sont implantés ces entreprises... Pour simplement satisfaire une revendication certainement justifiée, vous estimez qu'il est préférable de distribuer gracieusement des sommes "aux pauvres" ce qui n'auraient qu'un impact sur leur présent mais pas sur leur avenir. Cette crise n'est pas seulement celle du capitalisme, mais celle de notre société qui privilégie le tout consommer en ayant mis de côté la valeur de l'argent par le travail. GM, CHRYSLER, FORD ont fait des erreurs de stratégie, il ne faut pas prendre des décisions qui puniraient les salariés de ces sociétés. Vous parlez de pauvres aux Etats Unis et en Europe???? Il faut remettre les choses en place, regardez plutôt en Inde, Afrique, là la pauvreté existe les gens meurent de faim, de froid, de pathologies dues à leur situation. En Europe vous avez la CMU, les cantines gratuites pour les plus démunis, les prestations sociales, les retraites, les indemnités chomage.... qui nous prémunissent contre la pauvreté. Je connais des pauvres en France comme vous les appelez, qui n'arrivent pas à nourrir leurs enfants mais ils ont des téléphones portables, un ordinateur avec internet illimité, des abonnements dans une vidéothèque, 2 voitures parce qu'ils ne veulent pas faire à pieds les 2 kms entre la gare et leur domicile. Où est le capitalisme ? Réponse dans notre mode de vie .

  • Stephane67, le 25/05/2009 à 17h47

    Obama entraînerait les usa vers le socialisme? De la part des tenants du tout libéral qui nous ont plongé dans cette crise de la cupidité et des rapaces, je trouve cela plutôt ironique! Qu'ils trouvent un tout petit trou et qu'ils s'y cachent!

  • Aicha, le 25/05/2009 à 16h53

    Exact, John!

  • Supervisor, le 25/05/2009 à 14h02

    Les Americains se sont endormis sur leurs lauriers pendant des annés on oubliant d'innover,leurs voitures ont toujours été des goufres a essence, de ce point là tout le monde est d'accord,pas énormement d'avancée technologique,juste queleques retouches cosmétiques et c'est tout, le résultat est là,fallait bien que ça explose tout ça a force de faire des mastodontes dont personne ne veut plus. Mais la crise est là,est c'est le moment de changer complétement de cap et se axer sur la production de voitures belles,spacieuse etéconomiques. Dans cet exércice FIAT est le champion.Alléluia

  • Alain, le 25/05/2009 à 13h41

    John DENVER "Take me home, country roads " la route sera moins longue .... et toujours aussi belle !

  • Alain, le 25/05/2009 à 13h39

    John a bien vu. Il a parlé comme un sage

  • John, le 25/05/2009 à 12h08

    Ils pouvaient lancer les voitures nouvelle génération depuis des années, préparer l'avenir automobile de "l'après pétrole", etc. Au lieu de ça, ils ont préféré s'en mettre plein les fouilles ! Maintenant que la crise est là, c'est trop tard... tout le monde va se ramasser et c'est tout. Et c'est pas en injectant des milliards dans les usines qu'on va relancer la machine... il me semble que des millions de consommateurs sont à présent chômeurs ou en situation précaire ; ils n'ont tout simplement plus d'argent pour s'acheter des voitures... alors déjà baissez les prix, et ensuite qu'on donne d'abord de l'argent aux pauvres avant d'en donner aux riches !

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