Un client potentiel devant une Chevrolet Impala à Dearborn, Michigan le 29 décembre 2008. © REUTERS / Rebecca Cook
A quoi bon éviter la faillite quand on vous la présente comme un salut? Un scénario "à la Chrysler" apparaît de plus en plus probable pour General Motors (GM) qui devrait annoncer d'ici la fin de la semaine son dépôt de bilan pour mener une restructuration "chirurgicale" avec un fort soutien du gouvernement. La semaine s'annonce historique pour l'ensemble de l'industrie automobile US alors que le sort de Chrysler, le grand rival de GM, doit être tranché par un juge new-yorkais.
Théoriquement, General Motors a jusqu'au 1er juin pour présenter un plan de restructuration viable. Mais nombre d'analystes estiment qu'il devrait d'ici là suivre l'exemple de Chrysler, qui s'est placé sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites fin avril. Selon le Washington Post, l'Etat fédéral s'est déjà résolu à une telle solution, alors même que GM a beaucoup progressé dans sa restructuration, notamment en arrachant la semaine dernière des accords à ses syndicats américains et canadiens lui permettant de ramener ses coûts salariaux au niveau de ceux de la concurrence.
Un deal pas win-win ?
Les Etats-Unis n'en ont pas l'habitude mai les pouvoirs publics devraient jouer un rôle central dans l'opération. Le schéma retenu serait celui d'une vente rapide des actifs sains du constructeur à des investisseurs. Le reste des actifs et des engagements du groupe devrait languir pendant des années sous administration judiciaire pendant que les parties prenantes se disputeraient ses dépouilles. Pendant le dépôt de bilan, l'Etat fédéral devrait continuer à alimenter massivement les caisses de GM, après lui avoir déjà déjà fourni près de 20 milliards de dollars depuis l'hiver.
Au départ, l'aide gouvernementale était seulement destinée à durer jusqu'à la fin du mois de mai. En contrepartie, le gouvernement demande donc à ceux auprès desquels GM s'est endetté - banquiers et petits prêteurs - de renoncer à 27 milliards de dollars en échange de seulement 10% de la société. Le sacrifice est plus important que pour les autres parties, notamment le syndicat de l'automobile UAW, ce qui suscite un fort mécontentement.
Pendant ce temps, Chrysler poursuit sa mue sous le regard attentif de GM. Le juge des faillites Arthur Gonzales doit décider mercredi s'il approuve le plan poussé par l'Etat pour le constructeur, qui prévoit la vente des principaux actifs du groupe à un consortium mené par le constructeur italien Fiat. Son feu vert pourrait permettre à un "nouveau" Chrysler de sortir du processus de restructuration judicaire dans les trente jours, mais ce scénario optimiste peut toujours prendre du retard en cas d'éventuelles contestations.
Obama vers le socialisme ?
En première ligne sur ces dossiers, Barack Obama a déclaré samedi espérer que les deux constructeurs automobiles sortiront de la crise plus forts, sans mentionner explicitement la faillite possible de GM. "J'espère que nous verrons à la fois GM et Chrysler sortir de ce processus de restructuration plus minces, dégraissés et plus compétitifs, avec un ensemble de produits qui plairont aux consommateurs, de bonnes voitures économes en carburant et qui répondent au marché de demain", a déclaré le président américain dans une interview à la chaîne du Congrès C-Span.
"Nous pensons qu'ils (GM et Chrysler) peuvent s'en sortir et profiter de ce nouveau marché et être vraiment rentables et prospères, mais cela signifie passer par des moments douloureux maintenant", a-t-il averti. "Ce qui m'inquiète le plus, c'est que le plus dur est supporté par les ouvriers et les villes qui ont été historiquement la colonne vertébrale de l'industrie automobile", a relevé le président, promettant aux nouveaux chômeurs de l'automobile "une nouvelle formation efficace".
Cet interventionnisme de l'Etat fédéral gêne les défenseurs du libéralisme à l'américaine. Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a qualifié de "ridicules" les récentes accusations républicaines selon lesquelles l'administration du président Barack Obama entraînait les Etats-Unis vers le socialisme.
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