Nuages sur le siège d'Opel à Ruesselsheim en Allemagne © ReutersLe sort des grands groupes automobiles mondiaux restaient toujours en suspens jeudi après une réunion infructueuse sur la vente d'Opel et alors que Chrysler restait englué dans des procédures judiciaires. L'avenir d'Opel ne s'est pas éclairci après la réunion mercredi soir à la Chancellerie à Berlin. Le comité d'entreprise d'Opel a accusé jeudi le constructeur automobile américain General Motors (GM) d'être responsable du blocage des négociations en se comportant comme un "joueur de casino". "Déçu" par l'attitude des autorités américaines, le ministre des Finances allmeand Peer Steinbrück a lui expliqué au petit matin, les traits tirés et visiblement contrarié, que GM avait demandé à la dernière minute 300 millions d'euros supplémentaires d'aides à l'Allemagne.
General Motors (GM) se dirige plus que jamais vers une faillite après l'échec de la restructuration de sa dette. Même largement anticipée, la décision sera une onde de choc aux Etats-Unis. Au pays de la voiture reine, GM est un groupe emblématique pour les Américains, encore davantage qu'un Renault ou un Peugeot en France.
9% du marché européen
Et GM n'est pas qu'un géant américain : il est présent dans le monde entier et son sort aura aussi des conséquences en Europe. Sa filiale General Motors Europe (GME) gère trois marques et emploie 55.000 personnes sur le Vieux continent, dont près de la moitié en Allemagne. GME a vendu 2 millions de voitures en 2008 en Europe, ce qui lui attribue une part de marché de 9%, essentiellement avec l'allemande Opel et sa soeur jumelle britannique Vauxhall, dont les modèles sont quasi identiques mais destinés à des marchés différents, ainsi que la suédoise Saab, spécialiste des berlines.
GM est propriétaire de 10 sites de production de véhicules en Europe, et a des accords de sous-traitance avec 7 autres usines. GME a aussi 10 usines d'équipement automobile, comme des moteurs ou des transmissions. Son chiffre d'affaires était de 35 milliards de dollars en 2008, pour une perte de 1,6 milliard. Les deux prétendants à la reprise d'Opel-Vauxhall encore en lice jeudi, l'équipementier canadien Magna et le constructeur automobile italien Fiat, ont prévenu que des milliers d'emplois étaient menacés en raison des surcapacités de production. La Commission européenne prévoit de tenir une réunion vendredi avec les ministres européens de l'Industrie pour discuter de cette vente.
25.000 emplois en Allemagne, 1500 en France
Dans le détail, les emplois sont répartis comme suit. L'Allemagne est le pays où GME compte le plus d'emplois, avec 25.000, répartis sur quatre sites Opel (Rüsselsheim, Bochum, Eisenach, Kaiserslautern), dont trois pour le montage de voitures. Il abrite le siège d'Opel et un important centre de recherche et développement. Vient ensuite l'Espagne avec 7.000 salariés, dont une usine Opel à Saragosse. Le constructeur compte près de 4.700 salariés en Grande-Bretagne (à Ellesmere Port et Luton notamment) pour la marque Vauxhall. En Suède, GME emploie 4.000 personnes avec le siège et les usines Saab de Trollhättan et deux sites de pièces automobiles. En Belgique, 2.500 personnes environ travaillent pour GME, notamment à Anvers où le site produit les petites Astra d'Opel. Plus important pays d'Europe de l'Est pour GME, la Pologne compte 3.600 salariés, avec une usine Opel à Gliwice.
En France (1.500 salariés avec le site de Strasbourg notamment qui produit des boîtes de vitesse) et en Autriche (1.600 salariés, à Aspern et Graz), GME produit essentiellement des pièces automobiles. Dans les autres pays (Russie, Suisse ou encore Italie), les effectifs sont plus faibles, avec parfois seulement des équipes de ventes et de marketing.
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