logo edf © LCIL'hypothèse du lancement par EDF d'un emprunt auprès des particuliers avait été dévoilée par le journal Le Monde fin avril. Le quotidien indiquait à l'époque que de "grandes banques de réseau, dont notamment la Société Générale, le Crédit Agricole ou BNP Paribas" travaillaient à l'élaboration de cette opération. L'hypothèse se précise et se concrétise : le PDG du groupe, Pierre Gadonneix, après avoir annoncé officiellement lors de l'assemblée générale la semaine dernière qu'il examinait bel et bien un emprunt auprès des particuliers, a donné mercredi le coup d'envoi de l'opération, qui démarrera le 17 juin avec une date limite de souscription le 10 juillet.
Pierre Gadonneix se voulait jusqu'alors discret sur la somme. Le quotidien économique Les Echos avait évoqué un milliard d'euros : c'est bien cet objectif qui a été avancé mercredi par le PDG du groupe lors de l'annonce de l'opération.
Une dette de 24,5 milliards d'euros
EDF a procédé ces derniers mois à d'importantes acquisitions qui ont alourdi son endettement de 50% en 2008, à 24,5 milliards d'euros. Il a notamment racheté l'exploitant britannique de centrales nucléaires British Energy, pour plus de 13,5 milliards d'euros, et la moitié des activités nucléaires de l'américain Constellation Energy, pour 3,5 milliards d'euros. EDF a aussi acquis une part majoritaire dans le capital du deuxième producteur d'électricité belge SPE pour 1,3 milliard d'euros.
Le groupe réalise régulièrement des emprunts obligataires auprès d'investisseurs institutionnels français ou étrangers. Il a ainsi levé 7,3 milliards d'euros en 2008 et a réalisé depuis le début de l'année trois nouveaux emprunts obligataires pour un montant total de 7,8 milliards. EDF a par ailleurs annoncé en février son intention de procéder à des cessions d'actifs de plus de 5 milliards d'euros en 2009-2010, pour alléger le poids de son endettement.
Pour ce méga-emprunt auprès des particuliers, EDF espère capitaliser sur son image, selon Les Echos. Mais la bonne image du groupe ne sera sans doute pas suffisante pour faire affluer les fonds et le succès final de l'opération dépendra de ce qu'elle rapportera aux particuliers intéressés. Or, la fiscalité attachée à ce genre de placements n'est pas favorable : alors qu'un PEA (un plan épargne en actions) bénéficie d'avantages fiscaux spécifiques, ce ne sera pas le cas pour cet emprunt d'EDF, et les particuliers seront soumis à la fiscalité classique sur l'épargne. Pour compenser, EDF pourrait offrir un taux avantageux : il pourrait atteindre 4 à 5% sur cinq ans, contre 1,75% actuellement pour un Livret A.
D'après agences
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