Un client potentiel devant une Chevrolet Impala à Dearborn, Michigan le 29 décembre 2008. © REUTERS / Rebecca Cook 
> Quand la crise anéantit le géant
Pendant des années, il a fait la course en tête. Lundi, le constructeur américain General Motors a déposé son bilan devant le tribunal des faillites de Manhattan et entamé une procédure de redressement de deux à trois mois.
Au terme de cette restructuration, l'Etat fédéral détiendra quelque 60% du capital du "nouveau GM" en échange d'une aide totale de 50 milliards de dollars, y compris les 20 milliards de fonds publics déjà injectés dans l'entreprise. Le plan de sauvetage de ce monument de l'industrie américaine, naguère symbole de la puissance économique du pays, est un pari pour l'administration Obama. Mais la présidence n'avait guère d'autres options : GM emploie directement 92.000 salariés aux Etats-Unis et est indirectement responsable d'un demi-million de retraités. Barack Obama doit de nouveau s'exprimer sur le secteur automobile ce lundi à 17h55.
Fondé en 1908
Outre l'Etat fédéral américain, l'Etat canadien doit également apporter une aide de 9,5 milliards de dollars et prendre en échange 12% du capital. Le reste sera réparti entre les créanciers porteurs d'obligations de General Motors (10%) et le fonds géré par le syndicat de l'automobile UAW (17,5%). Ces deux derniers partenaires auront la garantie de pouvoir monter au capital de l'entreprise restructurée.
GM devrait continuer de fonctionnement normalement durant la procédure qui représente la troisième plus grosse faillite de l'histoire derrière Lehman Brothers en 2008 et WorldCom en 2002. Les employés toucheront leur salaire et les plans de retraite seront conservés. Mais le groupe prévoit de fermer onze usines et d'en mettre trois autres au chômage technique. GM, fondé en 1908, n'a cessé de perdre des parts de marché depuis les début des années 1980, quand il détenait encore 45% du marché américain. Le groupe paie ainsi sa trop grande dépendance aux modèles très gourmands en carburant. Il a également été touché de plein fouet par la crise du crédit qui s'est traduit par un effondrement des ventes de voitures à travers le monde.
Des "dégâts énormes" |
Le président américain Barack Obama a justifié lundi l'intervention de l'Etat en faveur de General Motors et Chrysler en déclarant que l'effondrement des deux constructeurs automobiles aurait causé des "dégâts énormes" à l'économie. "Alors que nous sommes au coeur d'une récession et d'une crise financière profonde, l'effondrement de ces entreprises aurait eu un effet dévastateur pour d'innombrables Américains et aurait causé des dégâts énormes à notre économie, au-delà de l'industrie automobile", a dit Barack Obama à la Maison Blanche. |
(D'après agence)
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