Bernard Tapie et Henri Giscard d'Estaing, acteurs principaux du feuilleton Club med (Photomontage F. L.) © LCI.fr / Photos Reuters 
> Tapie : devenir patron du Club Med ? "Bien sûr que non !"
C'est fait. Après avoir évoqué, interview après interview, son désir de faire son entrée au capital du Club Méditerranée, Bernard Tapie annonce avoir franchi le pas. L'homme d'affaires assure dans un entretien au Monde avoir "dépensé plus de 2,5 millions d'euros" pour acquerir "260 000 actions" du Club Mediterrannée, "soit un peu plus de 1 % du capital", entre mardi 16 juin et mercredi 17 juin.
Apparemment Bernard Tapie n'a pas dit son dernier mot: invité dans la soirée du 20h de TF1, il a précisé avoir acquis jeudi 70.000 actions supplémentaires du Club Med. "Il est urgent d'agir, et on ne peut pas le faire si on n'a pas d'actions", a-t-il expliqué. L'homme d'affaires a poursuivi l'offensive en torpillant l'actuelle stratégie du PDG Henri Giscard d'Estaing. Il est "urgent d'agir" pour le Club Med, on ne "peut pas le faire si on n'a pas d'actions", a-t-il expliqué. "En tant qu'actionnaire, (je vais pouvoir relayer) toutes les interrogations que chacun se fait sur le fait que pendant huit ans le Club a perdu de l'argent, ou que le capital a fondu de près de 80%. (Tout cela) montre bien qu'il est urgent d'agir, et on ne peut pas le faire si on n'a pas d'actions", a-t-il déclaré. "Je reste très attaché au Club et je suis têtu, donc ce que je pensais avant des dirigeants, je le pense toujours", a-t-il réaffirmé jeudi soir. "Seulement pour parler, il faut payer (...) et entrer comme actionnaire", a-t-il ajouté.
Le 11 juin, le Club Méditerranée avait déclaré la guerre à Bernard Tapie en portant plainte pour "diffusion d'informations trompeuses" et "manipulation de cours", alors que ses pertes s'étaient encore alourdies au premier semestre sous l'effet de la crise. Les déclarations fracassantes de l'homme d'affaires, aux aguets pour entrer au capital de la marque emblématique, sont "inacceptables", avait lancé le PDG du Club Med, Henri Giscard d'Estaing, lors de la présentation des comptes dans un cinéma parisien. L'ancien ministre, qui entretenait le flou sur son éventuelle entrée dans le capital du Club Med, avait multiplié les attaques à l'encontre de la stratégie du groupe et critiqué vertement son PDG.
Nouvelle salve
Pas impressionné, Bernard Tapie accompagne son entrée dans le capital du club d'une nouvelle salve de critiques. Mon "ambition à partir de maintenant est de comprendre toutes les incohérences tant sur le comportement des actionnaires que de certains chiffres et d'autre part, expliquer à ces actionnaires pourquoi je ne comprends par la stratégie menée" par Henri Giscard d'Estaing, Il réaffirme qu'à son sens "le choix de n'orienter le Club que vers le haut de gamme" est "une mauvaise idée" mais assure qu'il ne fera "rien" avant la publication des résultats annuels du groupe, fin octobre.
"Mais à mon avis, c'est la dernière étape avant le grand réveil", flambe Bernard Tapie auprès du Monde en évoquant "trois hypothèses" : "La première, je me suis trompé. Le Club se remet à gagner de l'argent. Giscard est heureux et moi aussi... parce que j'aurai fait un bénéfice. Je le ferai savoir et je le féliciterai. La deuxième : bizarrement alors que les actionnaires ont perdu 80 % de leur actif en trois ans, ils continuent de l'accepter. Moi et mon 1 % du capital, je la boucle et j'essaie d'en sortir. Enfin, dernière hypothèse, la majorité des actionnaires disent : ça suffit. Alors, on obligera Giscard à changer de stratégie".
Pas la place de Giscard
"Mais encore une fois, que ce soit clair : je ne cherche pas de boulot et je ne veux pas la place de Giscard", ajoute-t-il. "Depuis le départ, j'ai toujours dit que je m'intéressais au Club mais pour n'y entrer que de façon minoritaire et en accord avec le management", assure-t-il, avant d'ajouter: "je ne suis pas un prédateur". "Giscard m'a fait comprendre que je n'étais pas le bienvenu à ses yeux", relève-t-il. Il "a fait le choix de n'orienter le Club que vers le haut de gamme. C'est une mauvaise idée. Le Club, c'est un concept populaire, festif, convivial. Il doit s'adresser à tous en fonction de leurs moyens", estime-t-il. "En temps de crise, c'est le moment le plus défavorable pour mener une telle stratégie dans un créneau très concurrentiel".
Interrrogé sur ses moyens financiers, Bernard Tapie met en avant "le montant de l'indemnité concernant l'arbitrage" dans l'affaire Adidas-Crédit Lyonnais qui "sera connu avant les vacances" et "se montera entre 60 et 80 millions d'euros" avant impôts. "Et comme j'en ai assez qu'on me rebatte les oreilles avec les contribuables, je promets de publier ce qu'il me restera et ce que je leur ai fait gagner", assure Bernard Tapie.
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