Noël Forgeard, ancien vice-président d'EADSC'est l'une des plus grandes et délicates affaires politico-financières qu'ait eu à traiter l'actuel gendarme de la Bourse, l'Autorité des Marchés financiers, depuis sa création en 2003. Après plus de trois ans d'enquête, elle approche de son terme - du moins en ce qui concerne les sanctions administratives : des amendes pouvant aller jusqu'à dix fois le profit réalisé. Car pour les sanctions judiciaires, c'est la justice qui décidera. Au total, 17 anciens et actuels dirigeants d'EADS ou de sa filiale Airbus, et trois sociétés, EADS et ses deux actionnaires de contrôle, l'allemand DaimlerChrysler et le français Lagardère, sont sur la sellette. Tous sont soupçonnés de s'être enrichis indûment en 2006 en ayant vendu leurs actions avant l'annonce des retards de livraison de l'A380, et la chute du cours de Bourse qui a suivi en juin 2006. Tous vont être entendus cette semaine à huis clos.
EADS : l'AMF blanchit tout le monde
L'Autorité des marchés financiers a refermé jeudi le dossier sans aucune sanction. Cinq personnes restent néanmoins mises en examen dans le cadre d'une enquête pénale pour présomption de délits d'initiés.
Publié le 17/12/2009
Une amende de 5,45 millions d'euros pour Forgeard ?
L'ancien coprésident Noël Forgeard fait partie d'une liste de sept dirigeants d'EADS pour lesquels l'AMF préconise de fortes amendes pour délits d'initiés.
Publié le 28/07/2009
Forgeard se défausse sur les Allemands
Accusé de délit d'initié, l'ex-coprésident d'EADS a justifié la vente de ses stock-options par sa méfiance vis-à-vis des dirigeants allemands du groupe.
Publié le 03/06/2008
Noël Forgeard mis en examen pour "délit d'initié"
L'ancien coprésident d'EADS, Noël Forgeard, mis en examen dans la nuit de jeudi à vendredi, a été placé sous contrôle judiciaire.
Publié le 30/05/2008
Noël Forgeard : "Je suis innocent"
L'ancien coprésident d'EADS, affirme que l'enquête de l'AMF accusant certains dirigeants du groupe d'aéronautique de délit d'initiés a été "menée à charge".
Publié le 02/04/2008
EADS : Forgeard refuse d'être un bouc-émissaire
L'ancien co-président d'EADS est sorti de sa réserve pour affirmer qu'il n'y avait jamais eu de délits d'initiés de sa part et de celles des autres actionnaires.
Publié le 24/10/2007
Forgeard: "Tout ce que l'on a dit sur moi est mensonge"
Dans une entretien au Parisien, l'ex-coprésident exécutif d'EADS se plaint de devenir "le bouc émissaire de service".
Publié le 29/06/2007
L'AMF confirme des délits d'initiés chez EADS
L'Autorité des marchés financiers annonce mardi avoir "notifié des griefs" à plusieurs personnes dans le cadre de son enquête sur cette affaire. Le groupe s'est dit prêt à se défendre.
Publié le 01/04/2008
La justice s'intéresse aux comptes de l'ex-n°2 d'EADS
Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur des comptes off-shore que détiendrait Jean-Paul Gut sur l'île de Jersey, considérée comme un paradis fiscal.
Publié le 10/10/2008
Affaire EADS : pour Lagarde, Bercy a été "irréprochable"
Selon elle, l'Etat n'était pas plus informé des "déboires de l'A380" que le public et le marché "au moins jusqu'à fin mai 2006". La ministre était auditionnée au Sénat sur le rôle de Bercy dans ce dossier.
Publié le 11/10/2007
EADS : Fillon s'efforce d'éteindre la polémique
L'Etat "ne s'est prêté à aucune manoeuvre" dans l'affaire de présomption de délit d'initié à EADS, a affirmé jeudi le Premier ministre.
Publié le 04/10/2007
Affaire EADS, affaire d'Etat ?
L'Etat se retrouve désormais en ligne de mire dans l'affaire de délits d'initiés présumés au sein d'EADS, pour n'avoir pas joué son rôle d'alerte.
Publié le 04/10/2007
Villepin demande l'audition de dirigeants d'EADS
L'ex-Premier ministre a demandé aux juges de Clearstream d'entendre 3 dirigeants d'EADS sur les finances dont disposait Gergorin pour enquêter sur l'affaire.
Publié le 03/10/2007
EADS nie toute intervention de l'Elysée
Les discussions sur l'achat de missiles Milan duraient depuis 18 mois et n'ont fait l'objet d'aucune pression politique, affirme un responsable du groupe.
Publié le 04/08/2007
Sortant déjà de l'ordinaire de par son ampleur, l'affaire va, pour l'occasion, obliger le gendarme de la Bourse à louer une salle hors de ses murs pour pouvoir accueillir les avocats (une quarantaine), les mis en cause et leurs interprètes (français, allemand, anglais) qui vont être auditionnés par la Commission des sanctions, composée de 12 membres, rapporteur inclus. Les auditions auront donc lieu jusqu'à vendredi dans le salon d'honneur du Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris. Ce bâtiment néoclassique construit au XIXe siècle se situe à quelque 100 mètres en diagonale du siège de l'AMF. Puis cette Commission devra délibérer, avec pour objectif de publier sa décision avant le 15 décembre.
Forgeard dans le collimateur du rapporteur
Elle dira alors si les personnes physiques et morales impliquées dans l'affaire ont commis un manquement d'initié, qui diffère légèrement du délit d'initiés sur lequel se penche la justice car il ne suppose pas d'intention malhonnête, estimant que l'on peut aussi fauter par imprudence. Seuls sept actuels ou ex-dirigeants ayant exercé leurs options de vente en mars 2006 ont été montrés du doigt par le rapporteur de la Commission des sanctions, Antoine Courteault, le 28 juillet 2009.
Principale personne visée par le rapporteur, Noël Forgeard, qui a réalisé une plus-value de 3,7 millions d'euros en vendant les 9 et 15 mars 293.000 stock-options. Or, pour le rapporteur, Noël Forgeard et les six autres dirigeants ont été informés de retards dans le programme du gros porteur dès le 17 février. En revanche, les dix autres dirigeants, dont l'actuel PDG d'Airbus, l'Allemand Thomas Enders, et son prédécesseur, l'Allemand Gustav Humbert, ainsi que Lagardère et DaimlerChrysler ont été mis hors de cause par le rapporteur.
Ce que risque le groupe EADS
Le rapporteur ne prend pas part à la décision finale de la Commission, mais, selon une source proche du dossier, son rapport aura forcément une influence. En dépit de l'avis non-contraignant du rapporteur qui a écarté un certain nombre d'entre eux, les 17 ex- ou actuels dirigeants ainsi que les deux actionnaires peuvent être sanctionnés. Quant à EADS, qui a également été montré du doigt par le rapporteur pour ne pas avoir communiqué "dès que possible" au marché l'information sur les retards de l'A380, il risque au pire une amende de 10 millions d'euros. Le rapporteur a préconisé une sanction de 700.000 euros.
Sur le plan strictement judiciaire, une enquête pénale a été ouverte en novembre 2006 et n'est pas encore achevée. Au pénal, les mis en cause risquent la prison (jusqu'à deux ans) et une amende d'1,5 million d'euros qui peut aussi être portée jusqu'au décuple du montant du profit réalisé.
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