© Photothèque de La PosteUn dernier conseil des ministres mais un dernier conseil bien chargé pour Christian Estrosi. Le ministre de l'Industrie a présenté ce matin en conseil des ministres son projet de loi sur le changement de statut de La Poste. Cette-dernière deviendra le 1er janvier prochain une société anonyme de "capitaux 100% publics", et non plus un établissement public. La France se conforme ainsi à une décision de la Commission européenne. Cette réforme doit permettre une "recapitalisation" de 2,7 milliards d'euros, a précisé Luc Chatel en rendant compte à la presse du projet de loi. La Caisse des Dépôts et Consignations (1,5 milliard d'euros) et l'Etat (1,2) vont souscrire à cette augmentation de capital. Il s'agit de "moderniser et "d'adapter" La Poste à l'ouverture totale à la concurrence à compter du 1er janvier 2011. "La mission de service public est maintenue et confortée en étant inscrite dans la loi", a ajouté Luc Chatel. Le statut des agents de la Poste restera également "inchangé", avec "60% de fonctionnaires et le reste de contractuels", a-t-il dit.
Appel à la grève contre la "privatisation" de La Poste
Les sénateurs ont adopté le projet de loi réformant le statut de La Poste. Réaction immédiate des syndicats : cinq d'entre eux appellent à la mobilisation.
Publié le 10/11/2009
La réforme de La Poste a passé l'épreuve du Sénat
Les sénateurs ont adopté dans la nuit de lundi à mardi le projet de loi réformant le statut de La Poste, mettant un terme à plus d'une semaine de bataille d'amendements.
Publié le 10/11/2009
Une loi sur le référendum d'initiative populaire fin 2009
Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a promis le vote avant la fin de l'année d'une loi organique qui permettrait d'organiser, entre autres, un référendum sur la réforme de la Poste, qui soulève une vive opposition.
Publié le 04/11/2009
L'inquiétude demeure chez les salariés et les syndicats de la Poste de voir se dégrader leurs conditions de travail et le service public rendu aux usagers. Le texte devrait être présenté aux parlementaires à la rentrée. La plupart des syndicats de postiers s'y opposent, malgré les tentatives du ministre de l'Industrie de les rassurer. Mercredi matin encore sur France Info, Christian Estrosi a martelé que : "La Poste restera à 100% publique." Il a également assuré que seraient confortées les missions publiques : service universel du courrier, aménagement du territoire, accessibilité bancaire et distribution de la presse. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a assuré de son côté que le projet n'avait pas pour objectif de "liquider" La Poste. "On maintient précisément le service public universel de La Poste, on maintient tous les points de contact, on maintient le courrier délivré six jours sur sept, on maintient le tarif du timbre le même partout en France, on maintient le statut du personnel qu'il s'agisse des contractuels ou des fonctionnaires", a énuméré la ministre.
Des suppressions d'emplois
Mardi, plusieurs dizaines de postiers d'Ile-de-France, à l'appel de la CGT, FO et Sud-PTT, se sont rassemblés devant Bercy pour rappeler leur opposition au texte qui, selon eux, conduira à terme à la "privatisation". Ils s'inquiètent notamment pour les effectifs, comme Benoît Martin (CGT) qui dit "craindre que les réductions d'effectifs s'intensifient, car actuellement 70% des dépenses concernent la masse salariale".
Depuis 2002, déjà 50.000 emplois ont été supprimés, affirme Régis Blanchot (Sud-PTT), rappelant que La Poste a décidé en avril du non-remplacement de quatre postiers sur cinq quittant La Poste (au lieu d'un sur deux) au service courrier. "Il suffit de voir ce qui se passe ailleurs. La poste hollandaise, qui est une société anonyme, a annoncé 11.500 suppressions d'emplois, après avoir imposé une baisse des salaires de 15%", ajoute Jean-François Lascoux (FO).
Un référendum et une grève
La CGC et l'Unsa, bien que "favorables à une évolution du statut", ne soutiennent pas la réforme non plus, demandant une "inscription dans la loi du caractère pérenne du recours à des capitaux publics", et une "prise en charge effective par l'Etat du financement des activités et missions de services public".
Le PS a jugé que le texte n'était pas "justifié" et a réitéré "sa demande d'un référendum". Son porte-parole Benoît Hamon a plaidé mercredi contre le projet, qualifiant notamment de "mensonge" l'argument de contraintes européennes. "La directive européenne prévoit la mise en concurrence, elle ne prévoit absolument pas le fait que l'on doive privatiser la Poste. Il n'y a aucun article de la directive européenne qui concerne le statut de la Poste au sens où il faudrait la faire passer de statut public à une société anonyme", a-t-il expliqué sur Europe 1. La Poste, ce n'est "pas n'importe quoi, c'est un des grands services publics. C'est, dans plusieurs territoires en milieu rural comme en milieu urbain, un des seuls endroits où subsiste parfois le drapeau de la République, c'est-à-dire un des grands services publics qui demeurent". Le "maintien d'un haut niveau de service public" est "à nos yeux remis en cause, comme aux yeux de la plupart des organisations de gauche et des syndicats, par la réforme mise en œuvre par le gouvernement", a-t-il ajouté.
Le Comité national contre la privatisation de La Poste, regroupant 80 organisations, syndicats, associations et partis (dont PS, PCF et Verts), a prévu d'organiser le 3 octobre un référendum à bulletins secrets dans les mairies et devant les bureaux de poste. CGT, Sud, FO et CFTC prévoient "une journée nationale unitaire de grèves et de manifestations en septembre".
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