Christine Lagarde, au Forum de Davos le 1er février 2009 © TF1-LCI"C'est une honte absolue que des bonus garantis de plusieurs années soient encore payés". Si Christine Lagarde use de ces termes vigoureux, peu fréquents de la part d'une ministre de l'Economie, c'est parce que ces fameux bonus payés par les banques se sont retrouvés au coeur de la crise. Financière dans un premier temps, avant de se propager à l'économie réelle, la crise actuelle a éclaté en août 2007 quand les banques mondiales se sont retrouvées exposées massivement dans des investissements complexes et opaques dans le système américain en déconfiture des subprimes, des prêts immobiliers à haut risque. Cette crise internationale, la pire depuis des décennies, a depuis entraîné la plupart des économies majeures dans une profonde récession.
Des frais bancaires toujours plus chers, toujours moins clairs
Transparence, vous avez dit transparence ? Jamais les frais bancaires n'ont été aussi peu compréhensibles, accuse l'UFC ; jamais ils n'ont été aussi élevés. L'organisation de défense des consommateurs avance sept propositions pour les réduire.
Publié le 01/06/2010
Lagarde part à la chasse aux frais bancaires exorbitants
Selon les Echos, la ministre de l'Economie a demandé une "série de recommandations" à deux experts concernant tarifs des banques. Dans le collimateur de Bercy, les frais concernant les découverts bancaires et les "packages".
Publié le 17/03/2010
Le système des bonus, garantis sur plusieurs années, a été très sévèrement critiqué car il est apparu qu'il récompensait des banquiers et des opérateurs boursiers pour leurs prises de risques importantes, dont les profits initiaux se sont ensuite mués en importantes pertes. Or certaines banques mondiales ont récemment recommencé à offrir des garanties pluri-annuelles pour recruter ou garder des salariés, tout en insistant sur le fait qu'ils étaient limités à certains de leurs meilleurs employés. D'où le coup de colère de Christine Lagarde. Elle l'a exprimé dans les colonnes du Financial Times en se disant choquée que "certaines personnes songent à réinstaurer de vieilles pratiques de compensation sans qu'il y ait un lien suffisant entre la compensation et une performance durable ou une gestion du risque". Selon elle, la réunion en septembre des gouvernements du G20 doit imposer des freins à ces pratiques.
Des règles existent, encore faut-il les appliquer
Cet entretien accordé au Financial Times intervient alors même que l'Autorité des services financiers britanniques a mis en garde les banques lundi contre l'octroi de bonus pour une durée supérieure à un an, mesure qui serait en infraction avec les règles de rémunération qui doivent entrer en vigueur l'an prochain. Or Christine Lagarde avait récemment accusé certaines banques étrangères de ne pas "jouer le jeu" en matière de rémunération, pénalisant les banques françaises qui ont, selon elle, interdit les "bonus garantis".
La ministre française de l'Economie plaide pour que toutes les grandes économies adoptent rapidement les principes exposés par le Conseil de stabilité financière, un forum international chargé de veiller à la cohérence des règles financières. "Nous avons maintenant des règles. Il n'est pas question de réinventer la roue ou de tergiverser. La question est d'appliquer ces règles qui ont été agréées par le Conseil de stabilité financière. Une priorité absolue doit être accordée à leur mise en application".
D'après agence
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