Image d'archives © TF1/LCIIl est contesté depuis des années par les ostréiculteurs. Mais toujours incontournable. Le "test de la souris" sur l'innocuité des huîtres est en effet le seul reconnu actuellement au niveau européen. La surveillance des coquillages du Bassin d'Arcachon, qui a conduit à quatre interdictions partielles ou totales depuis mai, repose sur lui. Il consiste à injecter des extraits de glandes digestives de coquillages à des souris. Si deux souris sur trois meurent dans les 24 heures, les coquillages sont interdits à la vente.
Ce test contesté pourrait être remplacé d'ici la fin de l'année. Le ministre de la Pêche, Bruno Le Maire, qui a reçu jeudi des ostréiculteurs, des représentants de l'Ifremer et de l'Afssa (sécurité sanitaire des aliments), veut "accélérer les travaux" des chercheurs pour pouvoir "disposer fin 2009 d'un test alternatif". Un test qui devra être, selon lui, "plus précis, plus convaincant, plus explicatif et tout aussi protecteur pour la santé du consommateur". D'ici l'arrivée d'une nouvelle procédure qui doit être validée par Bruxelles, le ministre assure travailler à "une solution transitoire qui permettrait de faire le pont" entre la situation actuelle et la mise en place du prochain test. Mais il n'a pas précisé quelles mesures étaient envisagées, ni à quelle échéance.
Tests chimiques et biologiques
Les professionnels ont déjà proposé au gouvernement une solution transitoire et attendent une réponse dès vendredi. Ils souhaitent que d'autres indicateurs que le test de la souris puissent être pris en compte avant qu'une interdiction de vente et de consommation soit prononcée. Ils préconisent un "test chimique" et "l'observation de la présence de cellules d'algues toxiques dans le milieu", selon Goulven Brest, président du Conseil national de la conchyliculture (CNC). "Si ces algues sont absentes, si les tests chimiques démontrent qu'il n'y a pas de toxines, alors le bassin ne devrait pas être fermé. C'est pourtant la situation dans le bassin d'Arcachon depuis cinq ans", explique-t-il. Selon Goulven Brest, les représentants de la Commission européenne à la réunion de jeudi ont estimé que "si la France voulait fonctionner sur un autre système, ce ne serait pas choquant même si ce n'était pas réglementaire".
Président démissionnaire des ostréiculteurs d'Arcachon, Olivier Laban s'est pour sa part déclaré "déçu" de ne pas avoir eu de réponse immédiate du ministre. "On a trop crié au loup sur le bassin d'Arcachon, plus personne ne croit en ces fermetures", explique-t-il, à tel point que des producteurs ont vendu ces derniers jours des huîtres malgré l'interdiction. "Si demain il devait y avoir un réel problème sur des coquillages, ce qui peut arriver, les consommateurs n'y croiraient plus et là, on ferait des conneries. Et tout le monde, ministre et professionnels seraient gênés", avertit-il.
De son côté, le ministre a répété qu'il n'était "pas de l'intérêt" des ostréiculteurs de vendre des huîtres quand c'est interdit. La préfecture de la Gironde a annoncé que 37 infractions avaient été relevées dimanche et lundi pour non-respect de l'arrêté du 22 juillet interdisant la vente et la consommation des huîtres et des moules du Bassin d'Arcachon, à la suite de tests sanitaires défavorables. Si la vente d'huîtres a de nouveau été autorisée mercredi, celle des moules, également soumises au test de la souris, reste interdite.
D'après agence
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