Sondes Pitot © TF1/LCI |
| La réaction d'Erick Derivry, porte-parole du SNPL |
Leur rôle dans l'accident du vol 447 d'
Air France reliant Rio à Paris avait déjà suscité les soupçons de plusieurs syndicats de pilotes. Au point d'accélérer leur remplacement, déjà entamé sur les appareils de la compagnie. Mais les
sondes Pitot, dont le rôle est crucial dans la navigation aérienne puisqu'elles sont chargées de mesurer la vitesse de l'appareil, ont été de nouveau mises en accusation lorsqu'
Air France a reconnu mardi soir qu'un de ses Airbus A320 avait subi il y a deux semaines un nouvel incident lié à ce même élément. Le problème était survenu le 13 juillet entre Rome et Paris, avec une perte d'informations relatives à la vitesse. Selon
Air France, qui confirmait une information du
Figaro, "
cela n'a duré que quelques secondes et il n'y a eu aucune incidence pour les passagers".
Or, cet avion était équipé d'un nouveau modèle de sonde de marque française Thales, différent de la sonde Thales qui équipait l'A330 d'Air France accidenté entre Rio et Paris. Aussi le syndicat des pilotes de ligne (SNPL), majoritaire chez Air France, demande-t-il désormais le remplacement des sondes de cette marque Thales par des sondes de marque Goodrich - une firme américaine - sur l'ensemble de la flotte de la compagnie.
Silence radio du côté de Thales
En estimant que les nouvelles sondes Thales "n'apporteraient pas les améliorations escomptées", Erick Derivry, porte-parole du SNPL, "demande une modification de la flotte pour mettre des sondes qui n'ont jamais fait l'objet de la moindre récrimination". Cette installation, selon lui, pourrait être "progressive" et éventuellement faire l'objet dans un premier temps d'un panachage entre les deux marques de sondes.
Selon le SNPL, 70% de la flotte mondiale d'avions commerciaux est équipée de sondes de l'américain Goodrich, qui n'auraient fait l'objet d'aucun incident répertorié. A l'opposé, juge Marcel Thibault, membre du bureau du syndicat Alter, il semble qu'il y ait "un problème de vieillissement des sondes Thales" et "il va falloir faire quelque chose". Un remplacement des sondes de Thales ne serait "pas idiot", estime pour sa part le président du Syndicat des pilotes d'Air France (Spaf), Gérard Arnoux. Il réclame en outre que la fréquence de nettoyage des tubes - qui peuvent être obstrués par l'eau, la glace ou encore des moucherons - passe "de 18 mois à six mois".
Reste qu'à l'heure qu'il est, aucun élément tangible ne permet d'accuser formellement les sondes Pitot dans le déroulement des incidents qui ont conduit au crash du vol AF447, dont les causes restent officiellement indéterminées. Le Bureau d'enquêtes et d'analyses, chargé de l'enquête technique sur l'accident, a confirmé mercredi étudier le nouveau problème survenu le 13 juillet sur l'A320 d'Air France. "On étudie cet événement dans le cadre du travail qui est en cours sur l'ensemble des perturbations qui sont liées aux indications de vitesse en vol", a simplement indiqué une porte-parole. Et du côté de Thales, le PDG Luc Vigneron, interrogé lundi lors de la présentation des résultats du groupe sur la fiabilité de ses sondes, avait simplement déclaré que "c'est aux experts de faire leur travail".
D'après agence
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