Airbus A330 d'Air France (Image d'archives). © TF1/LCILe président du conseil d'administration d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, a estimé jeudi lors de l'assemblée générale annuelle des actionnaires que la catastrophe du vol AF447 Rio-Paris intervenue le 1er juin dernier était une "tragédie" et qu'elle constituait un "échec" pour la compagnie.
"C'est une tragédie pour nous et la communauté nationale. C'est une tragédie pour la communauté internationale dont les ressortissants sont morts, c'est une tragédie pour la communauté aéronautique mondiale qui veut comprendre et c'est une tragédie pour Air France", a-t-il déclaré durant une intervention à l'assemblée générale annuelle des actionnaires avant d'inviter d'une voix blanche le public à observer une minute de silence. "Mais c'est aussi un échec pour notre compagnie. La sécurité de nos vols a été prise en défaut, il nous faut comprendre ce qui est arrivé", a-t-il ajouté. "Il nous faut comprendre pourquoi. Nous ne prétendons pas avoir tout bien fait", a dit M. Spinetta, à l'ouverture de l'assemblée générale des actionnaires d'Air France-KLM. "Il faut comprendre ce qui s'est passé, dire la vérité quelle qu'elle soit pour l'entreprise", a-t-il ajouté.
"Air France est en danger"
Dans un entretien au Figaro de jeudi, le directeur général d'Air France, Pierre-Henri Gourgeon, a assuré pour sa part que la compagnie "est sûre" et qu'"il n'y a jamais le moindre arbitrage" en son sein entre sécurité et économie. Pierre-Henri Gourgeon a démenti par ailleurs disposer d'un "enregistrement secret" du pilote de l'avion alors que les rumeurs sur les circonstances de l'accident se sont multipliées ces dernières semaines.
Du côté des syndicats, le ton est plus véhément. Alter, syndicat minoritaire de pilotes a ainsi distibué des tracts aux actionnaires d'Air France-KLM qui se rendaient à l'assemblée générale jeudi, affirmant qu'"Air France est en danger". "Air France est la seule compagnie aérienne de ce niveau qui cumule autant d'accidents majeurs (5 en 10 ans, responsables de plus de 300 morts)", selon ce tract. "De nouvelles évolutions décidées par la direction d'Air France et impactant le métier de pilote portent en elles les germes d'une nouvelle dégradation de la sécurité des vols", dénonce Alter, en citant la "baisse de la qualité de la formation des pilotes" et "l'exploitation des avions long-courriers avec des compositions d'équipages de plus en plus réduites".
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