© TF1/LCIPendant la crise, les affaires continuent. La banque française BNP Paribas a passé environ un milliard d'euros de provisions au titre des bonus des salariés de sa division de banque de financement et d'investissement. La banque française a ainsi confirmé dès mardi soir une information qui fait la Une de Libération mercredi matin.
Selon le quotidien, la banque s'apprêterait donc à verser un milliard d'euros de primes à ses traders. "Le chiffre d'un milliard calculé par Libération est proche de la réalité mais, en tout état de cause, les provisions pour bonus effectuées en cours d'année sont virtuelles puisque ces bonus ne sont decidés qu'en fin d'année, au vu des résultats effectifs de l'exercice", fait savoir la BNP dans un communiqué. Mais l'établissement précise qu'il "respecte scrupuleusement" les règles pour les bonus dans les banques telles qu'elles ont été établies par le G20.
Respect des règles du G20
"En matière de bonus, BNP Paribas est l'une des seules banques du monde à s'être engagée à respecter les recommandations du G20", ajoute la banque qui rappelle que sa banque de financement et d'investissement (BFI), concernée par cette provision, emploie 17.000 collaborateurs. BNP Paribas a annoncé mardi avoir dégagé un bénéfice net en hausse de 6,6% à 1,604 milliard d'euros au deuxième trimestre grâce notamment à des résultats meilleurs qu'attendu dans ses activités de marché.
Evidemment, les réactions n'ont pas tardé mercredi. A commencer par celle de Christian Estrosi qui reste évidemment assez neutre. Le ministre de l'Industrie a estimé mercredi que c'était à la Banque de France d'examiner si BNP Paribas respecte les règles établies en matière de rémunérations dans les banques. De son côté, Martine Aubry gronde. "L'annonce non démentie de la constitution d'une réserve d'un milliard d'euros de bonus par BNP Paribas aux managers, traders, gestionnaires de portefeuilles d'actions, analystes financiers d'une de ses filiales, sonne comme un véritable scandale", affirment dans un communiqué la patronne du PS et Guillaume Bachelay, secrétaire national PS aux entreprises.
"Replâtrage du système"
Du côté de la CGT de BNP Paribas, on est aussi virulent. Dans un communiqué, le syndicat estime que rien n'a "fondamentalement changé" dans le système de rémunérations variables de certains traders. "Ils disaient avoir changé avec la crise, mais on revient aux travers précédents, c'est extrêmement inquiétant", déclare un porte-parole du syndicat. Revenant sur les règles établies par le G20, auxquelles la banque fait référence pour se défendre, le délégué CGT a estimé qu'elles n'étaient qu'un "replâtrage du système".
Enfin, l'association SOS Petits Porteurs a réclamé que la banque BNP Paribas, qui a provisionné 1 milliard d'euros pour les bonus de ses salariés, qualifié de "milliard des traders", rembourse cette somme à l'Etat.
| La Société Générale limite la casse |
La banque française a enregistré au deuxième trimestre un bénéfice net divisé par deux (-52%) à 309 millions d'euros, lourdement affecté par des éléments exceptionnels ainsi que par un coût du risque qui demeure élevé, selon un communiqué publié mercredi. Ce résultat est supérieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur 114 millions d'euros, selon le consensus établi par Dow Jones Newswires. Les analystes avaient néanmoins ajusté leurs prévisions après une première annonce de la banque, qui avaient indiqué, début juillet, que le résultat "devrait être légèrement bénéficiaire". Comme annoncé début juillet, les comptes de l'établissement sont lestés par des éléments exceptionnels, notamment 1,3 milliard d'euros liés à l'appréciation de la valeur de la dette de la banque. Le titre Société Générale enregistrait la meilleure performance du CAC 40 mercredi matin à la Bourse de Paris. Avant 11 heures, le titre prenait 6,53% à 49,33 euros, dans un marché en hausse de 0,43%. Depuis le début de l'année, la valeur a gagné un peu plus de 36% tandis que le CAC 40 s'est apprécié de 8,5%. |
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