Caisse d'épargne © ReutersL'union des deux établissements a été finalisée vendredi avec le vote des assemblées générales extraordinaires, dernière étape d'un long processus aux nombreux rebondissements. Déjà partenaires depuis 2006 et la création de leur filiale commune Natixis,
Banque Populaire et
Caisse d'Epargne ont ouvert le chantier de la fusion en octobre 2008, incitées par la crise financière. Pour les clients, aucun changement : les agences conservent leur enseigne. C'est dans les coulisses que les choses changent.
Impatient après quatre mois de vaines négociations, le gouvernement s'est finalement invité dans la gestion du dossier. Dossier désormais bouclé ; et l'Etat, détenteur d'actions dites de préférence, privées de droits de vote, contrôle actuellement environ 16% du capital de la BPCE. Une participation temporaire, qui a vocation à être rachetée par le groupe dans les cinq ans. Le gouvernement a aussi imposé le secrétaire général adjoint de l'Elysée
François Pérol à la tête des deux banques ainsi que son entrée au capital.
Natixis, le gros point noir
Malgré la polémique sur sa désignation, la nécessité du vote d'une loi au Parlement et du feu vert de l'Autorité de la concurrence, ainsi que l'opposition de certains syndicats, François Pérol est parvenu à mettre en place la fusion en cinq mois, comme annoncé. Mais la naissance de la BPCE ne lui offre aucune période de grâce. Il va devoir très rapidement déterminer le sort des actifs qui n'ont pas été apportés au nouveau groupe, principalement les filiales immobilières tels le Crédit Foncier, le promoteur Nexity ou l'administrateur de biens Foncia. Il mène actuellement une revue stratégique de ces actifs, dont les conclusions seront présentées en fin d'année. D'éventuelles cessions d'actifs pourraient contribuer à stabiliser le groupe.
Mais le gros point noir reste la situation de Natixis, qui a déjà perdu 4,6 milliards d'euros depuis début 2008. Malgré le soutien financier de l'Etat, elle reste privée de visibilité, lestée par un portefeuille d'actifs invendables de 33 milliards d'euros qui pourrait occasionner de nouvelles pertes. La rumeur d'une nouvelle intervention de l'Etat, via une structure de défaisance similaire à celle du Crédit Lyonnais, a agité les marchés cette semaine, hypothèse qui avait été écartée à court terme par la ministre de l'Economie Christine Lagarde fin mai. François Pérol n'a pas fixé d'échéance au remboursement des sept milliards d'euros injectés par l'Etat depuis fin 2008, estimant qu'il se ferait dans la mesure où la "situation de solvabilité" du groupe et ses résultats lui "permettront de le faire".
Délégué du syndicat SNB-CFE/CGC, Régis Dos Santos craint "qu'on réduise les charges" du groupe "pour répondre aux besoins de Natixis", avec des conséquences pour l'emploi. Pressé par les syndicats, François Pérol s'est engagé début juin à ne recourir qu'à des départs volontaires en cas d'éventuelles réductions d'effectifs.
D'après agence
La justice bloque la fusion en Ile-de-France
|
La cour d'appel de Paris a interdit à la caisse d'épargne d'Ile-de-France de mettre en oeuvre la fusion avec Banque populaire, faute d'en informer précisément son personnel, selon l'appel de référé transmis par le syndicat Sud, qui crie "victoire". L'arrêt en référé rendu vendredi "fait interdiction à la caisse d'épargne d'Ile-de-France de mettre en oeuvre le projet en cause, dénommé Sequana, tant qu'elle n'aura pas respecté les obligations" de "fournir aux représentants du personnel des informations et documents complets et précisé quant au projet industriel et à la stratégie du groupe à venir (...)". Si la caisse d'épargne ne respecte pas cette injonction, elle s'expose à une astreinte journalière de 100.000 euros. "Ce jugement de remet pas en cause la création de BPCE", a assuré la Caisse d'épargne d'Ile-de-France dans un communiqué. "Le groupe est bien opérationnel lundi, avec 16 caisses d'épargne et 20 banques populaires, mais pas en Ile-de-France pour respecter la décision du juge. La 17e caisse d'épargne nous rejoindra ultérieurement". |