Jean Glavany assume les 500 millions d'aides

Par L.D. (Avec agences), le 04 août 2009 à 07h55 , mis à jour le 04 août 2009 à 17h06

Le gouvernement s'apprête à demander aux maraîchers, conformément à une exigence de Bruxelles, le remboursement d'aides versées entre 1992 et 2002.

jean glavanyLe député socialiste Jean Glavany à l'Assemblée nationale le 16 janvier 2008 © TF1/LCI
L'affaire des 500 millions d'aides de l'Etat accordées entre 1992 et 2002 aux maraîchers et dont Bruxelles exige le remboursement, n'a pas fini de faire réagir ses principaux acteurs. Après Bruno Le Maire, c'est  Jean Glavany (PS), qui fut ministre de l'Agriculture de 1998 à 2002 du gouvernement de Lionel Jospin, qui monte au créneau.
 
L'ancien ministre socialiste assume. Et pour lui, il n'y a nul doute que Bruxelles était au courant de ce système d'aides alors accordées aux producteurs français de fruits et légumes : "Je suis sûr que Bruxelles connaissait l'existence de ces aides, versées par les pouvoirs publics. Le vrai problème, c'est de faire la différence entre l'aide d'urgence, et des subventions qui n'ont pas lieu d'exister. J'ai eu l'occasion d'intervenir dans certains cas pour stopper certains versements", déclare l'ancien ministre, député des Hautes-Pyrénées, dans un entretien au Parisien mardi. Jean Glavany enfonce le clou et va jusqu'à renvoyer la commission européenne dans les cordes en se disant "étonné" qu'elle "donne des leçons dans le secteur des fruits et légumes", "car l'action de Bruxelles est totalement défaillante dans ce domaine".
Une réunion au ministère
 
Revenant sur l'action de l'Etat vis-à-vis des maraîchers, Jean Glavany enfonce le clou et critique la manière d'agir de Bruno Le Maire : "L'Etat français est intervenu parce qu'on n'avait pas le choix, et parce qu'on ne peut pas attendre que les producteurs soient à l'agonie", estime-t-il. Pour l'ancien ministre, "il est clair" que le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire "s'est un peu précipité" en déclarant qu'il fallait rembourser ces aides et "qu'il aurait dû attendre le résultat du recours déposé par la France devant la cour de justice européenne pour prendre une décision".  "Il a été secrétaire d'état aux affaires européennes. Il veut donc être plus européen que tout le monde. Il a commencé à corriger son erreur dans ses dernières déclarations. Cette polémique, c'est surtout une petite faute de jeunesse", assure M. Glavany.
  
Les producteurs de fruits et légumes vont devoir rembourser une partie des millions d'euros d'aides versées par l'Etat français entre 1992 et 2002, conformément à une exigence de Bruxelles, a indiqué lundi Bruno Le Maire. Ce dernier organisait d'ailleurs une réunion mardi sur les modalités de remboursement de ces aides avec les principales fédérations de producteurs de fruits et légumes ainsi que les distributeurs. Cette réunion, débutée vers 14h30, réunissait entre quarante et cinquante personnes.
La FNSEA veut une aide
La tâche de Bruno Le Maire qui s'annonce particulièrement ardue quand on sait la levée de bouclier des différentes organisations, FNSEA et tête. Pour cette dernière, il n'y a d'ailleurs pas lieu d'évoquer un remboursement par les producteurs puisque ces derniers, selon elle, n'ont reçu aucune aide directe. Mardi, Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, a donné le ton : "Je préviens d'ores et déjà le gouvernement que s'il venait à exiger le remboursement de tout ou partie de cette enveloppe (...), effectivement les producteurs de fruits et légumes et d'autres (producteurs) seraient solidaires pour se mobiliser".  Et même, la FNSEA va plus loin, puisqu'elle entend demander à l'Etat une aide pour réduire les charges sociales des producteurs de fruits et légumes affectés par la baisse des prix.
Par L.D. (Avec agences) le 04 août 2009 à 07:55
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20 Commentaires

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  • Phil, le 07/08/2009 à 06h22

    Tout ca nous ramene au coup exorbitant du travail en france

  • DanieleH, le 06/08/2009 à 12h45

    C'est trèscompliqué et en fait, pas encore le moment de faire des commentaires. Nous devons d'abord voir ce que font les autorités. Vérifier les montants, vérifier les conditions de ce soi disant emprunt fait à l'Europe. Etait-ce un emprunt des gouvernements français ou bien était-ce une aide de l'Europe à un pays dont les agriculteurs ont de lourds problèmes qui menacent d'affecter le pays tout entier (l'agriculture est une des ressources très importantes en France, et ses produits sont d'une importance majeure pour la réputation de nos Chefs que beaucoup dans le monde nous envient, ou même nous jalousent. Le dossier doit être étudié et le Ministre a promis de s'y atteler, avec l'accord du Premier Ministre et certainement du Président NS.

  • MARY, le 06/08/2009 à 10h07

    DENIS de PARIS, vous avez raison. Si tous les produits agricoles étaient payés à leur juste prix, il n'y aurait pas besoin des primes PAC et autres. ST LOUIS de LA ROCHELLE, quand mon mari s'est installé en 1976 (ils sont vignerons depuis plus de 200 ans et lui vend 100 % au négoce) on donnait des primes pour que les agriculteurs arrêtent le métier. Lui s'est installé sans aide et a bossé comme un malade. En 1991, l'année de la gelée qui avait détruit chez nous 60 % de la récolte, la seule aide qu'il ait eu a été un prêt à près de 9 % de taux d'intérêt. En 2008, nous avons gelé entre 20 et 40 % selon les cépages. Nous n'avons pas déposé de dossier gel, nous ne rentrions pas dans les clous pour espérer avoir quelquechose. Pour ce qui est des prêts, une entreprise et même un particulier en ont besoin pour améliorer son outil de travail ou sa vie (maison, voiture, meubles et autres pour les salariés) mais il faut les rembourser. Pour chaque prêt que nous avons fait, les biens ont été hypothéqués et quand tout est remboursé l'hypothèque tombe ce qui est normal. Nous avions un point d'honneur, rembourser tous nos prêts et surtout nous débrouiller seuls pour faire tourner l'entreprise sans les aides. Jusqu'à maintenant, nous avons réussi sans demander les fameuses aides et j'espère que cela va continuer. Nous avons eu comme tout le monde des moments durs. Dans ces cas-là, nous avons serrés tous les boulons des dépenses pour l'entreprise et le privé. Mais pour l'instant, ce que nous avons, nous n'avons de merci à dire à personne. Nous avons bossé comme des dingues, nous avons été raillés à cause de cela mais nous pouvons marcher la tête haute. Pourvu que cela dure. Il y a des bosseurs dans tous les domaines mais qu'ils soient salariés ou patrons, ils sont souvent pris pour des fous.

  • Jean, le 05/08/2009 à 19h50

    Victor002009 Martigues dit qu'il comprend mieux mais en réalité il ne comprend rien ou alors il ne lit même pas les articles . Alors éclairons le un peu : c'est justement parce que Bruxelles gère bien qu'ils ont découvert que les maraichers avaient reçu pendant 10 ans des aides illégales et la Franc , pays souverain oui , doit respecter les règles que l'Etat français a lui même édictées avec les autres pays européens . C'est un peu plus clair maintenant ?

  • Denis, le 05/08/2009 à 10h45

    Si tous les ministres qui ont eu en charge l'agriculture avaient mis en place des mesures pour que les fruits et légumes soient payés à leur juste prix par les centrales d'achat plutot que de donner des aides pour avoir la paix sociale on en serait pas là. L'état a été défaillant depuis des décennies, il n'a rien écouté et à céder au loobie de la grande distribution, on en voit le résultat aujourd'hui.

  • St Louis, le 04/08/2009 à 22h05

    A moins d'un an des régionales quand on sait que 60% des communes rurales sont administrées par un agriculteur, faut-il s'étonner de ce nouveau tour de passe-passe de nos énarques ? Donc d'après la confédération paysanne les agriculteurs ont bien touché de l'argent indûment mais refuse de le rendre...Ben voyons ils l'ont investi depuis longtemps. C'est un beau métier "gagnant/gagnant". Et quand ils saccagent les routes avec leurs engins ou qu'ils détruisent les mc do et autres sous-préfectures, qui paye? Quand un patron de PME n'a plus de commandes, il met la clef sous la porte mais les agri, eux, ont des aides. Ce sont les fonctionnaires de la terre finalement. Mais quand on les écoute, eux seuls travaillent. La plupart ont repris l'exploitation de papa avec l'aide généreuse du crédit agricole et se prennent pour les grands travailleurs du pays.

  • Victor002009, le 04/08/2009 à 20h03

    Ah! je comprends mieux à présent que c'est un véritable imbroglio. Comment en est-on arrivé là. L'Etat français est souverain que je sache. Si Bruxelles n'a pas su gérer, il n'a rien à exiger. Qu'on laisse les vrais producteurs en paix pour qu'il travaillent. Les conséquence ne regardent que l'Etat Français, à présent,si c'est bien lui qui a payé ou alors je n'ai rien compris.

  • Jean, le 04/08/2009 à 19h20

    Et voilà je l'avais dit qu'on payerait deux fois ! Ils vont recevoir de nouvelles aides ( aides pour développer l'export par exemple et être plus concurrentiels ) et une partie de ces aides va leur servir à rembourser ce qu'ils doivent . C'est pas beau ça ?

  • Jean, le 04/08/2009 à 18h12

    Déclaration du trésorier de la confédération paysanne : " ça doit être à l'Etat de payer puisque c'est lui qui a fait l'erreur " . Donc ils ont empoché le pognon mais c'est l'Etat , donc nos impôts , qui une nouvelle fois va payer . Comme ça , nous citoyens nous auront payé deux fois pour eux !

  • Martial, le 04/08/2009 à 15h50

    Comment ces technocrates de Bruxelles peuvent-ils réclamer ces subventions au nom d'une concurrence déloyale alors que justement si nos entreprises se délocalisent c'est justement parceque leurs charges salariales sont les plus élevées d'Europe et, qu'à ce titre elles se trouvent concurencées d'une façon déloyale par d'autres pays europées et autres !! Ces technocrates feraient mieux d'aller prendre des cours d'économie !

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