Image d'archives © ReutersAlors que les banques françaises ont pris mardi de nouveaux engagements sur les bonus de leurs salariés à l'occasion d'une réunion à l'Elysée (lire notre article), que pense-t-on en salle de marché ? A la Société Générale, "chacun considère que SG CIB ne paye pas suffisamment, et que les salaires sont globalement ‘en dessous du marché'", écrivent les auteurs de l'étude, qui ont mené une cinquantaine d'entretiens avec des salariés et soumis un questionnaire auquel près de 800 ont répondu. Les traders de la Société générale s'estiment dans leur grande majorité insuffisamment payés selon une étude réalisée à la demande du comité central d'entreprise de la banque et dont les principales conclusions sont révélées par Le Parisien vendredi.
185.000 euros pour deux anciens traders de la Société Générale
Le Conseil des prud'hommes de Nanterre a condamné lundi la Société générale à verser environ 185.000 euros d'indemnités à deux anciens traders pour licenciement abusif.
Publié le 14/02/2012
Selon ce rapport, rendu en janvier par le cabinet Technologia et présenté en juin 2009 au CCE, le manque de transparence dans l'attribution des bonus est particulièrement mal vécu par les employés de la banque. Le bonus discrétionnaire "induit selon les salariés une forme d'opacité qui peut conduire à la méfiance et à la suspicion", ce qui "tend à casser le collectif" et peut "engendrer des formes de copinage avec la hiérarchie", note l'étude. Le bonus reste cependant un "élément moteur" du travail de la quasi-totalité des salariés.
Différence de traitement
"Une majorité des répondants (59,9%) du middle office (interface entre les activités dites de front office et celles de back office) et du back office (64,3%, suivi administratif et comptable des opérations) ainsi qu'une grande partie des répondants du front office (41%, où officient les traders) considèrent que les bonus ne sont pas en rapport avec ce qu'ils font gagner à l'entreprise", d'après le rapport. Les bonus peuvent s'élever de 2 à 3.000 euros par an pour un gestionnaire de back office, à 800 ou 900.000 euros pour un trader si le marché est porteur, davantage pour un manager en position supérieure. La différence de traitement entre les traders et les employés qui travaillent dans des fonctions de support comme le contrôle des opérations est également critiquée.
L'affaire Kerviel, après laquelle l'étude avait été commandée, aura bel et bien marqué les esprits... Le système de rémunération est en outre perçu par certains employés comme incitatif à la prise de risque puisque 16% des traders pensent qu'il incite à avoir des comportements à la limite des règles déontologiques. Les traders se plaignent également du manque d'encadrement des jeunes recrues et de la faible reconnaissances des seniors.
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