Condamnation record pour Nestlé

le 26 septembre 2009 à 16h48 , mis à jour le 26 septembre 2009 à 16h52

Nestlé a été condamné à verser plus de 600.000 euros pour discrimination syndicale, un record en France.

Palais de justice tribunal cour d'appel cassation © LCI

La décision de la Cour de cassation rendant définitive la décision judiciaire condamnant Nestlé a été rendue le 13 janvier dernier, mais elle n'a été révélée qu'en cette fin de semaine par Libération. Dans son arrêt, la haute juridiction confirmait une décision d'appel condamnant Nestlé France à verser quelque 608.000 euros de dommages et intérêts pour discrimination syndicale à un ancien ingénieur. "C'est une victoire et un record de réparations pour discrimination syndicale, mais il a fallu six ans de bataille judiciaire. On espère que ça va encourager d'autres salariés à faire valoir leurs droits, sachant que la discrimination pèse sur la syndicalisation des cadres", s'est félicité Jean-François Bozinger, secrétaire général adjoint de l'Ugict-CGT.

Entré en 1967 chez Nestlé et élu CGT aux élections du personnel en 1970, Jean-Claude Bauduret, ingénieur chimiste pendant 36 ans dans la société, accusait l'entreprise de discrimination pour avoir bloqué sa carrière et son salaire de 1973 à 2003, date de sa retraite. En 2005, Nestlé avait été condamné par les prud'hommes de Meaux à verser à cet ex-salarié plus de 465.000 euros de dommages-intérêts. La société avait fait appel. La condamnation avait été confirmée en avril 2007 par la Cour d'appel de Paris et les dommages et intérêts accrus pour intégrer notamment le préjudice sur les droits à la retraite. Nestlé s'était alors pourvu en cassation.

"Une lutte sans merci"

En mettant un point final à l'affaire dans son arrêt de janvier, la Cour de cassation a estimé notamment que la Cour d'appel, qui a fixé à 1985 la date des premiers effets de la discrimination, a "exactement déduit, sans renverser la charge de la preuve, que l'employeur ne démontrait pas que la disparité constatée n'était pas fondée sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination syndicale".

"J'ai fait un début de carrière tout à fait normal, mais, à partir du moment où je me suis présenté aux élections sous l'étiquette CGT, a commencé la stagnation de ma carrière qui duré jusqu'en 2003. Je suis resté au même coefficient pendant toutes ces années alors que je voyais les collègues rentrés en même temps, avec les mêmes diplômes et dans le même secteur, avoir des évolutions de carrière normales", a raconté l'ex-salarié sur Europe 1.

Et l'ex-élu CGT et ex-responsable de la CGT Cadres d'ajouter : "à un moment de ma carrière en 1985-1986, on m'a proposé de passer chef de laboratoire à condition d'être à 100% disponible. Je savais bien que ça voulait dire l'abandon de tous mes mandats. Puis, ça a été une lutte sans merci contre toutes les tentatives de mises au placard". Pour les dommages et intérêts, "je détiens le record en ce moment et j'espère bien que ce record sera battu et fera réfléchir les employeurs".

D'après agence

le 26 septembre 2009 à 16:48
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10 Commentaires

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  • Bernard, le 01/10/2009 à 12h04

    Bravo pour votre bataille juridique et le bon résultat. Militant CFE-CGC depuis plus de 25 ans, j'ai été moi-même discriminé dans ma carrière. Etant plutôt un "savetier militant de terrain ne voulant pas vendre ma voix" j'ai refusé un poste de Directeur Financier offert par le dirigeant du Groupe en 1988 . Depuis suppression des bonus de toute augmentation avec chute de salaires, placardisation etc... J'ai obtenu un arrêt de la Chambre Sociale et de la Chambre Criminelle pour entrave et discrimination mais avec des dommages et intérêts sans commune mesure avec Jean François. Comme disait Pierre Bérégovoy le militantisme syndical est plus difficile que la fonction de premier Ministre. Ce résultat n'est donc que justice très lente certes mais certainement la meilleure du Monde.

  • Albert, le 28/09/2009 à 09h32

    C'est étrange cette situation...Moi je sais qu'en étant pas syndiqué à l'Education Nationale ma carrière ne s'est pas déroulé comme mes chers camarades syndiqués...Depuis longtemps ils ont - eux - eu accès à l'échelle de rémunération hors classe, passage sur listes d'aptitudes, palmes académiques, etc...Là où les syndicats déconcent la discriminination, sachez messieurs, mesdames, qu'ils n'ont aucune vergogne à appliquer ces mêmes modes de fonctionnment !

  • Darkness, le 27/09/2009 à 21h31

    Même avis que DS, Coquelles Bravo! Certain ce croient vraiment au dessus des lois.

  • Pilepoi, le 27/09/2009 à 12h27

    La loi interdit toute discrimication sur la base de l'appatenance à un syndicat, alors pour les employeurs qui se croient au-dessus des lois, cette décision de justice les fera réfléchir, surtout les grosses boites qui se pensent intouchables. Le syndicat est indispensable dans une entreprise, surtout en ces temps difficiles où la pénurie et la précarité de l'emploi font que les ouvriers n'osent revendiquer de peur de se retrouver au chomage. Sachant que les entreprises ne s'occupent que de leur interêt propre, il faut bien qu'il y en ait pour s'occuper des intérêts de ceux qui la font fonctionner. Il ne manquerait plus qui'ls soient pénalisés. Et si cela fait fuir les investisseurs, alors tant pis, qu'ils aillent voir ailleurs, il y a encore tellement de misère à exploiter.

  • Marie, le 26/09/2009 à 22h55

    Lorsqu'un employé passa une partie de son temps à militer on se demande se qu'il apporte comme plus value à la société, donc il est normal qu'il n'avance pas. Ayant travaillé pour Neslé, mon travail a été reconnu chaque année. Cette mutilnationale sait récompenser ceux qui bossent. Ce genre de jugement fait fuir les investisseurs !! dommage ce sont eux qui nous font bosser..... la France est nulle en économie et le démontre tous les jours..... pauvre France

  • Pandorre17, le 26/09/2009 à 22h35

    La lutte su pôt de fer contre le pôt de terre.....Celà me semble un schéma un peu réducteur...Où commence la défense, de leur point de vue, légitime des salariés, et où commence celle, tout aussi légitime pour l'employeur, des intérêts de la l'entreprise........La CGT n'a jamais été, au cours des décennies écoulées (et je sais que celà va en faire hurler certain !!!) le modèle de ce que j'appellerai un vrai syndicat, mais plutôt la courroie de transmission d'un certain parti politique........De plus, et je suis bien placé pour le savoir, certains délégués syndicaux passent plus du temps qu'ils devraient logiquement, puisque payé par l'entreprise, à défendre ou représenter leurs camarades syndiqués à cultiver leur jardin.............. Pendant que ceux qui ne bénéficient pas du statut envié de délégué syndical, bossent à plein temps pour le même salaire......................On ne peut pas tout avoir, le beuure, l'argent du beurre, et la crémière !!!!!!!

  • Olivier, le 26/09/2009 à 19h40

    Non seulement les syndicalistes profitent de leur madant pour ne pas travailler, mais en plus ils ont droit au meme plan de carriere que ceux qui bossent.

  • DS, le 26/09/2009 à 18h57

    Un mot : félicitations Jean-Claude. Je ne suis pas syndicaliste et je suis de droite mais en lisant l'article, je ne peux que dire bravo. Justice a été faite. Bloquer une carrière à cause d'une conviction personnelle est inqualifiable. Vous avez eu raison de vous battre et je me doute que cela n'a pas été facile tous les jours. J'espère que d'autres vous suivront. Je vous souhaite une belle retraite et tous les bonheurs possibles avec vos enfants, petits enfants et ceux qui viendront ! Amitiés

  • Stephane, le 26/09/2009 à 18h48

    Et bien voilà une bonne nouvelle. Il y a encore une justice sociale dans ce pays. Même si elle est lente, elle fonctionne. Je connais une ou deux boites qui feraient bien de se méfier. En tout cas, je suis ravi pour vous. Bravo.

  • Sablié, le 26/09/2009 à 18h24

    Ca a déjà fait déjà réfléchir les employeurs ... et tout particulièrement ceux qui ont déjà délocalisé d'un pays où les tribunaux décident à la place de l'employeur de l'opportunité des avancements . Il est vrai que pour les fonctionnaires français , et donc les juges , l'avancement est un droit qui fonctionne à l'ancienneté pas au talent !

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