Nuages sur le siège d'Opel à Ruesselsheim en Allemagne © ReutersGeneral Motors a annoncé jeudi sa décision de vendre une participation majoritaire de sa filiale européenne Opel au consortium russo-canadien Magna/Sberbank. Le conseil d'administration du constructeur automobile américain a fait savoir qu'il recommandait de vendre 55% d'Opel au consortium mené par l'équipementier canadien. GM conservera 35% du nouvel Opel et le personnel du constructeur européen en aura 10%.
Finalement, General Motors garde Opel !
Le constructeur automobile américain a mis fin à un long feuilleton en annonçant qu'il allait garder sa marque allemande
Publié le 04/11/2009
Après des semaines d'incertitudes, l'offre du consortium a donc été préférée à celle de l'investisseur financier RHJ International, dont le siège est à Bruxelles. La chancelière Angela Merkel, qui avait apporté son soutien à l'offre du consortium Magna, s'est félicité de la décision annoncée. Lors d'une conférence de presse à Berlin, elle a déclaré que cette annonce offrait à Opel un "nouveau départ" et que les conditions attachées à cette cession étaient "gérables et négociables". Angela Merkel avait promis 4,5 milliards d'euros de garanties d'Etat si GM optait pour Magna et ses partenaires russes. La décision de GM devrait renforcer sa position à deux semaines des législatives du 27 septembre, alors que la chancelière n'est créditée que d'une courte avance dans les intentions de vote.
GM voudrait limiter le transfert de technologie
L'équipementier canadien Magna International a fait une offre en partenariat avec la première banque russe Sberbank, contrôlée par l'Etat, et le constructeur automobile russe GAZ. Mais GM a le souci de préserver ses brevets et sa technologie automobile. Or Magna n'a pas caché qu'il voulait construire sur les sites d'Opel des véhicules sous d'autres marques. Il prévoit des taux de croissance importants, notamment en Russie.
GM, dans un communiqué, a estimé qu'un accord définitif avec Magna devrait être prêt d'ici quelques semaines. Il a précisé que la transaction devrait être achevée dans quelques mois. Le groupe américain a ajouté que plusieurs points importants seraient finalisés dans les semaines qui viennent pour aboutir à des accords contraignants sur le nouvel Opel. Selon une source au sein de la coalition allemande, GM voudrait mettre des limites au transfert de technologie vers la Russie. "Il faudra attendre après les élections (législatives du 27 septembre en Allemagne) pour savoir si Magna peut remplir les conditions posées par GM", a-t-elle ajouté.
Outre ses quatre usines allemandes, Opel dispose de deux usines produisant des véhicules sous la marque Vauxhall en Grande-Bretagne, ainsi que des sites en Belgique, en Pologne et en Espagne. Lors d'une conférence de presse, le négociateur de GM dans le dossier Opel, John Smith, a annoncé que le site d'Anvers serait fermé, tandis qu'Eisenach poursuivrait sa production. La décision de choisir Magna n'a pas fait l'unanimité au sein de l'Opel Trust, a rappelé son président Fred Irwin, ajoutant que GM ne comptait pas reprendre une participation majoritaire dans Opel ultérieurement et qu'aucune condition n'était attachée à la cession. De fait, Manfred Wennemer, qui fait partie du trust, a dit qu'il avait voté contre l'accord Magna/Opel, jugeant que tous les risques de cet accord incombaient au contribuable allemand et qu'il ne rendrait pas Opel compétitif.
D'après agence
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