Image d'archives © TF1/LCILe dossier du fret, l'un des chantiers majeurs du Pdg de la SNCF Guillaume Pepy, revient sur le devant de la scène après des négociations avec les syndicats interrompues en mai 2008 et une grève en novembre qui s'est soldée par la suspension d'une réforme des conditions de travail. Entre temps, le fret a encore beaucoup souffert de la crise : ses pertes pourraient passer de 340 millions d'euros en 2008 à 500 ou 600 millions en 2009.
C'est dans ce contexte difficile que le gouvernement devrait annoncer mercredi, selon Le Figaro Economie, un plan de 5 milliards d'euros consacrés au développement du transport ferroviaire de marchandises. Ce vaste programme devrait être financé par le grand emprunt national annoncé au printemps par Nicolas Sarkozy, précise le quotidien. Certaines sources proches du dossier, citées par le journal, n'excluent pas que l'enveloppe soit finalement de 7 milliards d'euros.
"Concurrence faussée entre le rail et la route"
Ce grand plan, qui se situe dans le droit fil du Grenelle de l'environnement, devrait être baptisé Fret d'avenir. D'après le quotidien, il n'a toutefois pas pour vocation de combler les déficits que la SNCF accumule dans le transport de marchandises. Cette somme serait en fait consacrée à quatre projets : les autoroutes ferroviaires, les TGV de transport de marchandises, l'alliance du train et des cargos et la création d'entreprises locales de fret.
La SNCF planche depuis un moment déjà sur la création de filiales pour certains trafics (sans statut de cheminot pour leur personnel), des autoroutes ferroviaires (trains fret à grande vitesse à l'instar de la ligne Perpignan-Luxembourg), des trains fret entre aéroports, des dessertes portuaires. Et elle devrait préciser sous peu ses projets pour "booster" le fret. "Il sera question du schéma directeur, du cadre général d'évolution", selon François Noguet, DRH à la SNCF. Est notamment envisagé l'abandon de 50 à 60% du trafic du wagon isolé (transport de marchandises d'un client sur une partie d'un train et non sur le convoi entier). Cette formule, qui concurrence directement les camions, ne représente que 6% du chiffre d'affaires du groupe mais 65% de ses pertes.
Mais les syndicats redoutent 4000 à 6000 postes de cheminots en moins sur un effectif fret d'environ 14.000. Tous parlent de "concurrence faussée entre le rail et la route" et soulignent l'importance des choix politiques. L'audit commandé ce printemps par la SNCF souligne d'ailleurs les exemples allemand et suédois en la matière : création de péages routiers outre-rhin et péages ferroviaires très bas en Suède. Face aux inquiétudes au sein des cheminots, plusieurs syndicats ont émis une "alarme sociale" : une demande de concertation immédiate, qui oblige les parties à négocier avant tout dépôt de préavis de grève conformément à la loi sur le service minimum d'août 2007. Leur demande d'une table-ronde avec le gouvernement au sujet du fret a été soutenue vendredi par la direction.
D'après agence
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