
"Je suis en mesure de vous annoncer ce matin (...), après en avoir encore discuté toute la nuit dans des négociations très difficiles, que nous avons signé dans mon ministère, il y a à peu près une heure et demie de cela, la reprise, par un fonds industriel, d'une part de l'activité de Molex et de la relance d'une activité industrielle sur le site de Villemur". L'intervention de Christian Estrosi sur France 2, ce mardi matin, avait des airs de communiqué de victoire. Quelques heures plus tôt, le ministre de l'Industrie avait annoncé que le fonds d'investissement américain HIG s'était porté candidat à la reprise partielle de Molex.
Résultats "record" de Molex: Estrosi veut sévir
Christian Estrosi demande à Renault et PSA de cesser tout "échange commercial" avec l'équipementier automobile américain, qui refuse de financer le plan social de son usine française fermée en 2009, malgré des bénéfices "record" au troisième trimestre.
Publié le 27/10/2010
Molex: les représentants du personnel "lâchés" par le gouvernement
Le ministère du Travail a accepté le licenciement "pour motif économique" des représentants du personnel de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), malgré le refus de l'inspection du travail.
Publié le 26/03/2010
L'usine compte actuellement 283 salariés et la proposition de HIG, selon les informations fournies par Christian Estrosi dès lundi, "représente dans un premier temps entre 60 et 70 personnes". Mais, a précisé le ministre, "je veux une remontée en puissance de 200 à 300 salariés dans les trois ans qui viennent". En effet, a-t-il expliqué, l'Etat va faire en sorte "qu'il y ait de plus en plus de contrats signés avec cette entreprise", notamment auprès de PSA, de Renault, "vers l'aéronautique du côté de Toulouse" et "vers le CEA du côté de Grenoble". En outre, le soutien de l'Etat prendra la forme d'un prêt de 6,6 millions d'euros en vue des investissements futurs.
"J'ai fini de rêver"
Mais cette annonce a été accueillie avec méfiance par les salariés. "On ne peut pas parler de reprise", a affirmé mardi le secrétaire du CE de l'usine, Denis Parise (CGT), lors d'une interruption d'une séance de travail à la préfecture de la Haute-Garonne sur l'avenir de l'entreprise. "On ne peut pas parler de reprise lorsque seulement 20 salariés sont maintenus", a estimé devant la presse l'élu CGT à propos de la signature d'un protocole, annoncée par le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, pour une reprise de Molex par le fonds d'investissement américain HIG. "J'ai fini de rêver", s'est exclamé un employé, Jean-François Porté, à l'annonce de la signature du protocole, qui devait faire l'objet de discussions en fin de matinée à la préfecture de Haute-Garonne à Toulouse. "Ce n'est pas avec 15 personnes que l'on peut faire tourner l'usine, autant faire venir tout de suite 15 déménageurs", a-t-il dit. "On va droit contre le mur, ça fait un moment que je n'y crois plus", a affirmé un autre employé, Alain Papaix.
Au micro, Guy Pavan, délégué CGT, a évoqué la réunion prévue à la préfecture avant de prévenir les salariés: "Nous reviendrons vers midi (pour une nouvelle assemblée générale) et vous serez devant un choix difficile face à une direction qui ne respecte rien et à un Etat et ses services qui laissent faire". "On s'est bagarré pendant dix mois, tout le monde dit qu'on a raison. Est-ce qu'aujourd'hui, il faut qu'on choisisse de baisser les bras (...) ou est-ce qu'on continue à dire qu'on a raison et à faire respecter nos droits ?", a-t-il demandé.
Un dossier devenu emblématique
L'Etat faisait pression depuis plusieurs semaines sur Molex pour qu'il accepte le plan de reprise de HIG Capital, avec lequel ce dernier avait rompu les discussions fin septembre, expliquant que le repreneur potentiel, alors inconnu, n'offrait pas de plan "crédible" ni un investissement susceptible de préserver l'emploi. Le 3 septembre, Nicolas Sarkozy avait accusé le groupe américain d'empêcher qu'il y ait un repreneur, lors d'une intervention vivement critiquée par les responsables de Molex.
Le projet de reprise doit désormais être présenté dans la journée aux salariés, menacés de licenciement depuis près de huit mois, et qui devront décider si le comité d'entreprise émet ou non un avis. Lundi, le ministère avait déjà expliqué aux représentants du personnel que Molex céderait l'usine de Villemur-sur-Tarn, les machines et les moules des produits en fin de vie pour un euro symbolique. Ceci garantirait à HIG un maintien de l'activité à hauteur de deux millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, un chiffre qui ne permet selon les syndicats que de maintenir dans l'immédiat que 15 emplois à peine, alors que Molex a prévu de fermer définitivement le 31 octobre l'usine de Villemur-sur-Tarn, qu'il juge non rentable.
D'après agence
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