Vendredi, une jeune employée de France Télécom s'était tuée à Paris, en se jetant par la fenêtre de son bureau, deux jours après qu'un salarié eut tenté de se suicider en se plantant un couteau dans le ventre en pleine réunion. Lundi, c'est une salariée de Metz qui a aussi tenté de mettre fin à ses jours en avalant des barbituriques. Face à cette vague de suicides de salariés à France Télécom, le PDG du groupe et le ministre du Travail ont tenté mardi de trouver des solutions pour enrayer le phénomène et mieux accompagner les salariés, traumatisés, selon les syndicats, par des restructurations à outrance. "La première urgence est d'arriver" à arrêter la "contagion", a déclaré Didier Lombard pour évoquer les 23 suicides qui ont endeuillé l'entreprise depuis février 2008. Mais ce terme de "contagion" n'est pas le seul qu'il a utilisé. Dans un groupe où le moral semble au plus bas, Didier Lombard avait aussi eu un autre mot, des plus malheureux : il avait affirmé sa volonté de mettre "un point d'arrêt à la mode des suicides".
Les réactions n'ont pas tardé. "Pour la NPA, la direction de France Télécom doit démissionner", a réagi dès mardi soir le parti d'Olivier Besancenot dans un communiqué, après avoir souligné qu'il "est choqué par ces propos qui laisse entendre que ce PDG n'a toujours pas saisi la désespérance dans laquelle se trouve nombre d'employé-e-s de cette entreprise". De son côté, le président d'honneur du PRG Roger-Gérard Schwartzenberg a exigé de Didier Lombard des excuses au personnel, qualifiant ses propos "d'inadmissibles", et conseillant : "Au lieu de se transformer en chroniqueur d'une prétendue 'mode', ce PDG ferait mieux de revoir l'organisation du travail à France Télécom pour qu'elle ne provoque plus de tels drames".
Mieux former les cadres du groupe
Des excuses, le PDG de France Télécom en a présenté mercredi publiquement sur l'antenne de RTL, en tentant d'expliquer : "Hier, par erreur, j'ai utilisé le mot "mode" qui était la traduction du mot "mood" en anglais". Or, en anglais, "mood" signifie "humeur". Mais au-delà de la polémique, le patron de France Télécom a tenu à souligner : "Je suis focalisé sur : arrêtez cette spirale infernale (du suicide) dans laquelle nous sommes". Et en réponse aux témoignages de certains salariés qui dénoncent les pressions de l'encadrement, il a estimé que les cadres du groupe devaient être davantage formés "aux sciences de management".
Nos cadres "viennent d'une administration (la direction générale des télécoms ndlr). Nous les avons formés aux sciences de management de l'homme mais peut être pas suffisamment", a déploré Didier Lombard. "Nos cadres sont d'une qualité exceptionnelle mais nous allons rajouter des blocs de formation" car "il faut qu'on compense cette petite faiblesse".
D'après agence








