Des millions de litres de lait déversés en France

le 18 septembre 2009 à 08h20 , mis à jour le 18 septembre 2009 à 22h56

En pleine "crise du lait", les producteurs en colère se livrent à des actions spectaculaires. Dans plusieurs régions, ils ont déversé des millions de litres de lait.

"Grève du lait" au Mont-Saint-Michel"Grève du lait" au Mont-Saint-Michel © TF1/LCI

Les producteurs de lait maintiennent la pression. Ils avaient promis une journée blanche ce vendredi et s'y sont tenus. Des millions de litres de lait ont été épandus dans l'Ouest et ailleurs par les producteurs en grève. Près du Mont Saint-Michel (Manche), les tracteurs étaient de 250 (selon les  gendarmes) à 300 (selon les organisateurs), et ont épandu "de 1 à 2 millions de  litres" (gendarmes), plus de 3 millions (organisateurs). L'épandage a eu lieu au  lieu-dit Ardevon, près de la commune de Tanis. Dans le Pas-de-Calais, des éleveurs ont déversé près d'un million de litres  de lait dans un champ à Desvres, près de Boulogne-sur-Mer. Dans le Gers, 17 tonnes de lait ont été épandues par quelque 80 producteurs,  dans un champ près d'une usine Danone située à Villecomtal, selon une source  syndicale. D'autres épandages massifs ont eu lieu notamment dans le Finistère et  en Loire-Atlantique.

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    Producteurs et industriels ont fini par trouver un accord sur la hausse des prix du lait au deuxième trimestre, a annoncé mardi le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire.

    Publié le 30/03/2010 Prix du lait : l'accord
  • Prix du lait : Bruno Le Maire bout

    Le ministre de l'Agriculture met la pression sur les industriels, alors que se tient aujourd'hui une réunion décisive de la filière laitière au ministère. "Je souhaite qu'on respecte l'accord du 3 juin dernier", a déclaré Bruno Le Maire.

    Publié le 30/03/2010 Prix du lait : Bruno Le Maire bout
Plus d'infos

La grève du lait "va se résoudre au plus tard en début de semaine prochaine,  mais il faut tenir le coup, enfoncer le clou", a indiqué Pascal Massol,  président de l'Association des producteurs laitiers indépendants (Apli) qui  appelle à la grève. "Tous les verrous sont en train de sauter", a-t-il ajouté, en marge de  l'épandage du Mont Saint-Michel. Vendredi matin, Bruno Le Maire a reçu les professionnels de la filière avec  lesquels il a notamment essayé d'estimer l'impact de la grève lancée il y a un  peu plus d'une semaine. "Il est difficile de connaître les chiffres mais selon des éléments  provisoires (...), la baisse de la collecte de lait est de l'ordre de moins de  10% sur l'ensemble du territoire français", a-t-il dit lors d'une conférence de  presse. Il a assuré qu'il n'y avait "pas de problèmes d'approvisionnement des  industries laitières". Les chiffres, selon qu'ils émanent des industriels et syndicalistes non  grévistes ou des producteurs favorables au mouvement, sont extrêmement  contrastés, allant de "5 à 10%" à "plus de 50% de grévistes".

 

 

La grève du lait a été lancée à l'appel de l'association des producteurs de  lait indépendants (Apli) et de l'Organisation des producteurs de lait (OPL),  branche de la Coordination rurale, avec le soutien de la Confédération  paysanne. Le ministre va rencontrer samedi les syndicats agricoles, puis lundi les  banques et les compagnies d'assurance et, le même jour, son homologue polonais. "Si je convoque les banques et les assurances lundi, c'est pour apporter des  réponses très concrètes, notamment sur les intérêts d'emprunts, de façon à  alléger la trésorerie des producteurs de lait", a déclaré le ministre sur RTL. Sur le plan européen, M. Le Maire va tenter de rallier le gouvernement  polonais à la proposition franco-allemande, a-t-il expliqué.

Environ 18 pays européens soutiennent un texte franco-allemand pour une "nouvelle régulation" du secteur alors que le système des quotas doit  disparaître en 2014. Le ministre a également jugé "pas acceptable" la proposition de "rachat des  quotas" faite la veille au Parlement européen par Mariann Fischer Boel. Michel Barnier, ancien ministre français de l'Agriculture et président de la  délégation de la droite française au sein du parti des conservateurs européens  (PPE), a qualifié pour sa part les propositions de la commissaire d'"utiles mais  pas suffisantes". "Il faut garder un système de quotas, qu'on appelle quotas ou  pas", a-t-il dit. Des propositions "pas supportables"

Le ministre de l'Agriculture juge nécessaire de "remettre en place une régulation européenne du marché du lait qui stabilise les revenus des agriculteurs".

Besancenot : " Les producteurs refusent de se faire traire"

A l'issue de cette journée d'action, le NPA d'Olivier Besancenot a déclaré apporter "sa solidarité  aux mobilisations des producteurs qui refusent de se faire traire par la  Commission européenne et les industriels de la filière lait". "La majorité des  agriculteurs sentent bien que l'attentisme, la résignation ne mèneront à rien". "Ce que veulent les éleveurs c'est une juste rémunération qui permette de  vivre du produit de leur travail, c'est-à-dire 400 euros la tonne de lait au  lieu de 230 ou 240, voire moins, aujourd'hui". De son côté, le président de Debout la République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, a accusé Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture d'avoir  décidé "de traiter par le mépris le désespoir des producteurs laitiers français  et européens". "Connaissant la souffrance de ces agriculteurs, qui se lèvent tôt  chaque jour de l'année mais produisent à perte à cause de la politique  ultralibérale de l'UE, ne devrait-il pas en l'occurrence se dire choqué que  l'Europe est incapable de faire vivre décemment sa filière laitière ?"

le 18 septembre 2009 à 08:20
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136 Commentaires

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  • Ympy, le 19/09/2009 à 19h05

    Bon sang, mais on ne va pas se forcer à en boire si on aime pas ça ! D'autant qu'en France, il n'est pas bon. Je ne sais pas pourquoi mais il est meilleur en Italie (comme le café, les fruits et les légumes, dailleurs).

  • JeanValjean, le 19/09/2009 à 16h13

    Hé oui Wardy, Parigny !! les gens ne voient pas plus loin que le bout de leut nez !!! toutes ces histoire de cota etc etc .. il y a dejà longtemp que des milliers d'agriculteur jettent le lait pour ne pas subir la taxe du cota et j'en passe, le système est nul , pourris et pour ce qui est de donner le lait au pauvre, "oui" , mais alors a quel prix ??? , encore une fois et je le repete , tout celà vient de "votre europe messieurs dames" et regardez autour de vous et dite moi maintenant le positif de l'europe !! ensuite parlons du negatif !! merci de publier

  • Wardy, le 19/09/2009 à 13h48

    Je vais reprendre un post précédent et si un consommateur est indigné par l'action d'hier alors qu'il relise encore et encore ce texte pour être bien sûr de ce qu'il va dire: .Actuellement, pour qu'un producteur de lait gagne l'équivalent d'un SMIC horaire il faudrait que le lait lui soit payé 400 euros la tonne. A 300 euros/t, un producteur paye ses charges d'exploitation et ses emprunts mais ne se dégage pas de salaire (et les subventions sont inclus dans le calcul) or il en perçoit seulement 260 euros/t. Autrement dit, non seulement on ne dégage aucun salaire de nos exploitations mais en plus on bouffe du pognon. Vous ne vous imaginez pas la détresse qui règne au sein de notre profession, toute les semaines on perd un collègue qui met un fin à ses jours. Pourquoi nous jetons notre lait ? Parce que c'est la seule chose qui nous reste et qui nous appartient. L'objectif des entreprises et de ceux qui régulent le marché au niveau européen c'est d'avoir toujours trop de lait sur le marché (créer une légère surproduction) pour que le prix reste bas et pour que vous consommateur consommiez des produits au moins chère possible. Malheureusement nos laiterie et les grandes surfaces prennent des marges si importantes que les victimes c'est nous les producteurs et vous les consommateurs... au faite, nous avons eu hier le soutient des agriculteurs du Mali ... eh oui !! car quand nos industriels veulent du lait à outrance , c'est pour pouvoir avoir de l'excédent qu'ils vendront à bas prix sur le marché mondial donc un lait qui viendra en concurrence sur des marchés intérieurs dans des pays qui veulent s'en sortir eux-même par leur travail !! Donc nous si on produit trop on participera à l'asservissement des populations d'afrique entre autre. Y aviez-vous pensé?

  • Val, le 19/09/2009 à 13h46

    Tous ceux qui ne connaissent pas le milieu agricole (travail 7/7 et 12 h par jour, jamais un week-end de vacance,...) feraient mieux de ne pas prendre position, de dire "c'est une honte,..." ou pire encore d'insulter les producteurs (qui vous nourrisent tous les jours avec des produits de qualité). Et les prix actuellement payés aux producteurs ne font que décourager les jeunes de travailler beaucoup pour ne rien gagner. C'est ça que vous voulez voir dans 20 ans? Plus d'agriculteurs, aucun entretien du paysage, et acheter votre nourriture en chine ou ils n'ont aucune règles de production écologique??? Dans ces conditions, ça aurait un énorme impact sur l'activité économique du pays, car dites moi quel touriste viendrait encore en vacance ou le paysage n'est pas entretenu et ou tout parrait laissé à l'abandon? Donc moins de touristes= plus de chomage. Et je suis sur que les premiers à pleurer d'avoir perdu leur place de travail seront ceux qi critiquent aujourd'hui les producteurs grévistes. A ce moment la nous n'aurons a notre tour pas pitié de vous... Alors il est grand temps de soutenir les producteus plutot que de les montrer du doigt, afin que les grands distributeurs baisent leurs marges...

  • Zinzin, le 19/09/2009 à 13h06

    Des millions de gens meurs de faim dans le monde c'est une HONTE !!!!!!!!!!!!!

  • Imari, le 19/09/2009 à 12h21

    La première réaction de nombreuses personnes,c'est de s'indigner sur le fait que le lait soit déversé dans les champs,si on pousse le raisonnement ,on comprend que si le lait était distribué pour éviter un gachis monstre,l'impact des revendications n'aurait pas le meme retentissement.Pareil quand les fonctionnaires grévistes bloquent ceux qui ne le sont pas.A chacun son moyen de défense.

  • Ympy, le 19/09/2009 à 11h29

    Le monde change, irrémédiablement. Il va laisser sur le carreau des victimes, chez France Telecom, chez les agriculteurs, les pêcheurs, les ouvriers etc...C'est inutile de regarder dans le rétro en pleurant. Il faut s'adapter coûte que coûte, même si ça fait mal. Si on ne s'engage pas dans les nouvelles filières en France, les autres le feront à notre à notre place, et il y aura des complaintes comme celle que j'ai lue ici du genre "on est plus chez nous". Quant à croire que sans Europe on serait à l'abri de la marche forcée vers les mutations, mais quelle bêtise !

  • Aure153, le 19/09/2009 à 11h29

    Oui tu as raison bibi32 j'ai oublié de dire ca! un salarié qui fait la grêve ne touche pas son salaire mais il ne bosse pas non plus!! qu'un agriculteur qui fait la grêve luii il continue à trimer!! les vaches elles coupent pas les vannes elles!!!!!!! mdrrr mais je crois que ca vaut même pas le coup d'essayer d'expliquer à des gens qui sont bourrés d'à priori sur les agriculteurs et et l'agriculture et qui par conséquent ne font même pas l'effort de comprendre ce qu'il se passe!! à part balancer des phrases toutes faites....

  • Mere au foyer, le 19/09/2009 à 11h04

    Continuez vos actions pour obtenir ce que vous souhaitez. N arretez pas maintenant. Je comprends votre colere et suis solidaire Vous travaillez 7jours sur 7 pour avoir un salaire de misere

  • Bibi32, le 19/09/2009 à 10h46

    Mais bon sang, au lieu de condamner ces actions et de parler de faim dans le monde, essayez de lire tous les commentaires laissés, comme celui d'Aude153 ou de Jerome!!! Et mieux, allez rencontrer ces producteurs laitiers, ils pourront vous expliquer...! Et n'oubliez pas que tous ces éleveurs continient à travailler avec au moins 4 heures de traite par jour, 7 jours sur 7, pendant cette grève.

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