"Grève du lait" au Mont-Saint-Michel © TF1/LCILes producteurs de lait maintiennent la pression. Ils avaient promis une journée blanche ce vendredi et s'y sont tenus. Des millions de litres de lait ont été épandus dans l'Ouest et ailleurs par les producteurs en grève. Près du Mont Saint-Michel (Manche), les tracteurs étaient de 250 (selon les gendarmes) à 300 (selon les organisateurs), et ont épandu "de 1 à 2 millions de litres" (gendarmes), plus de 3 millions (organisateurs). L'épandage a eu lieu au lieu-dit Ardevon, près de la commune de Tanis. Dans le Pas-de-Calais, des éleveurs ont déversé près d'un million de litres de lait dans un champ à Desvres, près de Boulogne-sur-Mer. Dans le Gers, 17 tonnes de lait ont été épandues par quelque 80 producteurs, dans un champ près d'une usine Danone située à Villecomtal, selon une source syndicale. D'autres épandages massifs ont eu lieu notamment dans le Finistère et en Loire-Atlantique.
Prix du lait : l'accord
Producteurs et industriels ont fini par trouver un accord sur la hausse des prix du lait au deuxième trimestre, a annoncé mardi le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire.
Publié le 30/03/2010
Prix du lait : Bruno Le Maire bout
Le ministre de l'Agriculture met la pression sur les industriels, alors que se tient aujourd'hui une réunion décisive de la filière laitière au ministère. "Je souhaite qu'on respecte l'accord du 3 juin dernier", a déclaré Bruno Le Maire.
Publié le 30/03/2010
La grève du lait "va se résoudre au plus tard en début de semaine prochaine, mais il faut tenir le coup, enfoncer le clou", a indiqué Pascal Massol, président de l'Association des producteurs laitiers indépendants (Apli) qui appelle à la grève. "Tous les verrous sont en train de sauter", a-t-il ajouté, en marge de l'épandage du Mont Saint-Michel. Vendredi matin, Bruno Le Maire a reçu les professionnels de la filière avec lesquels il a notamment essayé d'estimer l'impact de la grève lancée il y a un peu plus d'une semaine. "Il est difficile de connaître les chiffres mais selon des éléments provisoires (...), la baisse de la collecte de lait est de l'ordre de moins de 10% sur l'ensemble du territoire français", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. Il a assuré qu'il n'y avait "pas de problèmes d'approvisionnement des industries laitières". Les chiffres, selon qu'ils émanent des industriels et syndicalistes non grévistes ou des producteurs favorables au mouvement, sont extrêmement contrastés, allant de "5 à 10%" à "plus de 50% de grévistes".
La grève du lait a été lancée à l'appel de l'association des producteurs de lait indépendants (Apli) et de l'Organisation des producteurs de lait (OPL), branche de la Coordination rurale, avec le soutien de la Confédération paysanne. Le ministre va rencontrer samedi les syndicats agricoles, puis lundi les banques et les compagnies d'assurance et, le même jour, son homologue polonais. "Si je convoque les banques et les assurances lundi, c'est pour apporter des réponses très concrètes, notamment sur les intérêts d'emprunts, de façon à alléger la trésorerie des producteurs de lait", a déclaré le ministre sur RTL. Sur le plan européen, M. Le Maire va tenter de rallier le gouvernement polonais à la proposition franco-allemande, a-t-il expliqué.
Environ 18 pays européens soutiennent un texte franco-allemand pour une "nouvelle régulation" du secteur alors que le système des quotas doit disparaître en 2014. Le ministre a également jugé "pas acceptable" la proposition de "rachat des quotas" faite la veille au Parlement européen par Mariann Fischer Boel. Michel Barnier, ancien ministre français de l'Agriculture et président de la délégation de la droite française au sein du parti des conservateurs européens (PPE), a qualifié pour sa part les propositions de la commissaire d'"utiles mais pas suffisantes". "Il faut garder un système de quotas, qu'on appelle quotas ou pas", a-t-il dit. Des propositions "pas supportables"
Le ministre de l'Agriculture juge nécessaire de "remettre en place une régulation européenne du marché du lait qui stabilise les revenus des agriculteurs".
Besancenot : " Les producteurs refusent de se faire traire" |
A l'issue de cette journée d'action, le NPA d'Olivier Besancenot a déclaré apporter "sa solidarité aux mobilisations des producteurs qui refusent de se faire traire par la Commission européenne et les industriels de la filière lait". "La majorité des agriculteurs sentent bien que l'attentisme, la résignation ne mèneront à rien". "Ce que veulent les éleveurs c'est une juste rémunération qui permette de vivre du produit de leur travail, c'est-à-dire 400 euros la tonne de lait au lieu de 230 ou 240, voire moins, aujourd'hui". De son côté, le président de Debout la République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, a accusé Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture d'avoir décidé "de traiter par le mépris le désespoir des producteurs laitiers français et européens". "Connaissant la souffrance de ces agriculteurs, qui se lèvent tôt chaque jour de l'année mais produisent à perte à cause de la politique ultralibérale de l'UE, ne devrait-il pas en l'occurrence se dire choqué que l'Europe est incapable de faire vivre décemment sa filière laitière ?" |
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Prix du lait : l'accord
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