Depuis février 2008, les suicides se multiplient chez France Télécom. Les syndicats dénoncent les conditions de travail. © TF1/LCI 
> Suicides : des salariés témoignent de leur malaise
Le décompte des syndicats de France Télécom fait état de 23 suicides en 18 mois. Le dernier, remontant à vendredi, ayant poussé les syndicats à se tourner vers l'Etat. Xavier Darcos avait aussitôt annoncé qu'il recevrait vite le PDG, Didier Lombard, et qu'il allait notamment lui proposer d'envoyer le directeur général du travail. La rencontre se tient ce mardi. De son côté, Christine Lagarde demande la tenue d'un conseil d'administration d'urgence. Mais en attendant, le malaise persiste et la direction craint un effet de contagion.
Ainsi, une cadre travaillant dans une agence du service client à Metz, en Lorraine, a été retrouvée lundi inanimée par des collègues sur son lieu de travail après avoir absorbé des barbituriques pendant la pause déjeuner. La jeune femme aurait appris "que sa mission était terminée et qu'elle allait se retrouver en mobilité géographique", a précisé un membre de la CFDT, sans pouvoir préciser l'état de santé de la salariée. "Il est en train d'arriver ce que nous redoutions le plus, un effet de contagion. La priorité absolue depuis vendredi est de tout faire pour arrêter cette spirale infernale", a affirmé la direction dans un déclaration.
Le technicien suicidaire explique son geste "prémédité"
Le technicien de France Télécom qui s'était planté un couteau dans l'abdomen, mercredi lors d'une réunion à Troyes, après la suppression de son poste, a expliqué lundi que son geste avait été "prémédité (..) pour dénoncer les conditions" de travail et exprimer un "ras-le-bol". "C'est le ras-le-bol qui a motivé mon geste, cela m'est venu au moment où l'on m'a précisé que je n'étais plus bon à rien", a expliqué Yonnel Dervin après avoir regagné son domicile à l'issue de cinq jours d'hospitalisation.
"La veille, mon chef de service m'a fait venir dans son bureau pour m'expliquer que n'ayant plus les compétences pour tenir mon poste, je devais en changer", raconte ce salarié de 49 ans, parlant donc d'un acte "prémédité et organisé pour dénoncer les conditions" de travail dans l'entreprise. D'une voix déterminée, il décrit les conditions de travail de plus en plus difficiles mais surtout le management "à l'usure et à la pression psychologique sciemment organisé par France Télécom". "Aujourd'hui, je n'ai plus d'avenir dans quoi que ce soit, le physique est atteint mais également l'esprit, mais je ne regrette rien", a-t-il conclu.
La direction de France Télécom à Paris avait confirmé jeudi que M. Dervin "travaillait dans une structure d'intervention auprès des entreprises, dont le volume d'activité avait diminué, et dont il fallait transférer des salariés vers une structure d'intervention chez les particuliers". "Le projet de réorganisation avait été présenté en juin aux institutions représentatives du personnel, et l'équipe avait été informée en juin et juillet", avait ajouté la direction.
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