Quand Nestlé fait du chantage à la Suisse

Par L.D. (Avec agence), le 13 septembre 2009 à 15h47 , mis à jour le 13 septembre 2009 à 20h40

Le géant mondial des produits alimentaires pourrait quitter son pays d'origine si Berne décidait de plafonner les salaires de ses dirigeants.

nestlé siège en suisseLe siège de Nestlé en Suisse. © REUTERS

Voici venu le temps où les groupes industriels n'hésitent plus à faire du chantage aux Etats. Peter Brabeck, le patron de Nestlé, la plus grande compagnie de produits alimentaires au monde actuellement basée en Suisse, a déclaré que son entreprise pourrait quitter son pays d'origine. Ciel ! Mais pour quelle raison brandir la menace d'un tel déménagement ? A  Berne, certains politiques, influencés par les idées récemment avancées dans l'Union européeenne, pourraient décider de plafonner les salaires des dirigeants d'entreprises. Et ça, ça ne plaît pas au PDG de Nestlé.
 
De fait, la crise financière et économique provoque une colère grandissante contre les salaires et les primes des dirigeants des grandes sociétés et notamment de ceux qui travaillent dans la finance. Au cours des dernières semaines, des responsables politiques de plusieurs grandes nations industrielles ont proposé d'imposer un plafonnement de ces salaires et ce point précis doit être discuté lors du prochain G20 à Pittsburgh (Etats-Unis). Mais, Mais cela n'émeut pas outre-mesure le patron de Nestlé.

"Pressions extérieures sur la Suisse"

Interrogé par le journal dominical suisse Sonntag sur les conséquences d'une telle mesure sur son groupe, Peter Brabeck joue carte sur table : "Nous serions amenés à nous demander si la Suisse est toujours pour nous le lieu le plus approprié" pour y garder le siège de la société. Nestlé, qui a son siège à Vevey (ouest), a réalisé l'an dernier un bénéfice net de 18 milliards de francs suisses (17,3 milliards de dollars, 11,9 milliards d'euros). On imagine donc le manque à gagner des pouvoirs publics et les pertes d'emplois si ce mastodonte venait à quitter la Confédération.
 
Selon Peter Brabeck, la caractéristique la plus attrayante de la Suisse a été la "sécurité légale" qu'elle offrait. Toutefois, ajoute-t-il, cette sécurité "qui était aussi solide qu'un bloc de granit, s'est ramollie". "Récemment, il y a eu des pressions extérieures sur la Suisse et des pressions populistes à l'intérieur, et nous avons pu constater que le gouvernement et le parlement se sont empressés de montrer leur disposition à modifier les lois", note-t-il. "C'est préjudiciable au pays. La Suisse avait la réputation de ne pas céder à ce type de pressions".
 
En évoquant cette "sécurité légale", le PDG de Nestlé fait allusion à l'action en justice intentée auprès d'un tribunal des Etats-Unis contre le géant du système bancaire suisse UBS. Ce dernier avait accepté de révéler l'identité de 4.450 de ses clients américains. Pour certains, cet événement a scellé la fin du légendaire secret bancaire suisse. "Il est indispensable que la sécurité légale soit restaurée en Suisse", conclut Peter Brabeck.

Par L.D. (Avec agence) le 13 septembre 2009 à 15:47
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

30 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Olivier, le 14/09/2009 à 17h17

    @phil du 06.. La suisse respecte des règles... mais différentes des votres.. Pour nous, la libertée d'entreprendre est importante, la sphère privée est respectée et ne peut être étudiée que par un juge.. et pas par un fonctionnaire lambda...Les impots sont VOTES par le peuple et chaque dépense doit être justifiée... On identifie d'abord le besoin, et ensuite on le finance... pas le contraire... Tout cela fait qu'en fin de compte nous sommes l'économie la plus compétitive du monde (les autres ont un peu reculé l'année dernière :)).... Et c'est sans doute pour cela, que rien que à Genève, nous avons 70'000 Francais qui viennent travailler tous les jours pour bénéficier de VRAIS salaires, avec lesquels ils cotisent 1500-2000 EUR par an dans une assurance privée qui leur assure une super protection... Bizarrement peu de ces frontaliers choisissent de rester à la sécu... ce qui est pourtant une option possible pour eux...

  • Matth86, le 14/09/2009 à 15h48

    Ce n'est pas à l'état de décider comme pour des hauts fonctionnaires, les proprietaires des grands groupe doivent décider, c'est a dire les actionnaires, c'est leur rôle, s'ils ne le font pas c'est leur problème et leur argent. Personne ne vous force a acheter des actions Nestle si vous n'êtes pas content vendez les!!!

  • Olivier, le 14/09/2009 à 14h58

    Le PDG de Nestle n'en est pas le proprietaire. Il n'a donc pas a decider de la ou siege la societe, c'est une affaire dont les actionnaires soivent s'occuper. De plus, les remunerations des "tres grands" patrons, qui ne courent aucun risque mais ont des contrats en or, sont devenus un vrai probleme, symbole d'une mentalite plutot malsaine qui consiste a se servir sur la bete sous pretexte de responsabilite. Bien entendu, je preferais que les remunerations soient fixees librement. Mais dans le contexte actuel difficile, j'appelle les "tres grands" patrons a faire preuvent d'humilite et conseils d'administration a faire vraiment leur boulot! Pas besoin de faire de l'ideologie, il faut juste un peu de bon sens!

  • Matt86, le 14/09/2009 à 14h04

    Si ce n'étaispas en Suisse j'aurais que c'est encore un énarque qui a pondu ça. Imaginons vous êtes un entrepreneur qui crée, dévéloppe son entreprise, vous avez des salariés, votre entreprise est florissante ça veut dire que vous ne pourrez pas gagner plus de 12 fois ce que gagne le salarié le moins payé, RIDICULE!!!! Quand vous avez paye les salaires, les charges, et impôts et fais face a toutes les obligations légales vous ne devez plus rien a personne ni a vos salarié ni a la société. Et pour ceux qui n'ont rien compris une entreprise est la pour faire du profit, sinon c'est une administration ou une organisation caritative, et c'est tout.

  • Didier, le 14/09/2009 à 13h13

    Nestlé n'ira ni sur la Lune ni au Cambodge, mais plutôt au Luxembourg ou au Liechtenstein.

  • MANON, le 14/09/2009 à 11h55

    Allez HOP un grand coup de pied aux fesses et dehors le Peter ! c'est scandaleux ! n'aura pas assez de toute uen vie pour dépenser tout son fric !

  • Ympy, le 14/09/2009 à 11h24

    Il est clair que le monde va lentement mais sûrement vers une économie globale dirigée et encadrée. Le retour de la NEP soviétique ? Peut-être pas, mais comme ça va à l'encontre des instincts naturels de l'homme, ne va-t'on pas également vers un apauvrissement général des individus ?

  • Phil06, le 14/09/2009 à 10h17

    Il etait temps que la suisse suive des règles, marre des pays qui ne respecte aucune règle et qui pénalise de fait les pays qui ont la secu pour les employés ...! justice sociale oui si justice fiscale!quand a nestlé... qu'il vienne s'installer en france ! juste retour des choses!

  • Noémie, le 14/09/2009 à 09h09

    C'est le moment de faire un accord mondial. Si la Suisse agit seule, c'est sûr que ça lui portera préjudice. Mais si tous les pays (ou au moins les pays développés touchés par la crise en ce moment) se mettent d'accord, ces grands groupes ne pourront plus imposer leur loi. A moins d'aller s'installer dans des pays extérieurs, mais je ne sais pas si ces dirigeants sont prêts à aller au cambodge ou en Afrique ou je ne sais où juste pour garder leurs revenus...

  • Alex, le 14/09/2009 à 08h47

    En attendant, le jour ou Nestlé s'en ira de SUisse, le mal sera plus profond car des dizaines d'autres entreprises suivront et pas des moindres !!! Ne vous inquiétez pas, la Suisse n'est pas pret de se mettre une balle dans le pied et Nestlé ne partira pas, ca fait partie du jeu dans le monde de la finance, des pressions par ci, pour en avoir moins par la........

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience