Ceux qui sont opposés au plafonnement des bonus y verront la concrétisation de leur craintes : à vouloir limiter des champions de la finance, on va tuer la filière bancaire française. Ceux qui réclament une moralisation du capitalisme dénonceront plutôt un appât du gain sans limite. Une trentaine de cadres de haut niveau de la Société Générale ont démissionné pour créer leur propre fonds spéculatif, alors que la pression monte en France en faveur d'une limitation des bonus des hauts dirigeants, affirme le Financial Times mercredi.
Parmi les personnes concernées figure Arié Assayag, le patron de la division de la banque chargée des activités de fonds d'investissement, ainsi que plusieurs de ses principaux associés. Ce départ collectif serait soutenu par un fonds d'investissement américain, souligne le FT, sans donner l'identité des cadres partants. Ce nouveau fonds spéculatif serait baptisé Nexar Capital et serait basé à Paris avec un bureau à New York, affirme le quotidien financier, en citant des sources anonymes. Nexar Capital envisage d'ici cinq ans de lever pour 6,8 milliards d'euros (10 milliards de dollars) d'actifs sous gestion, en excluant les acquisitions à venir. Cette démission collective serait notamment motivée par la pression exercée par les autorités en France pour une limitation des super bonus des courtiers et des hauts dirigeants des banques, estime le journal. Selon la banque contactée par LCI.fr, il ne s'agit au contraire que d'une "vieille histoire" qui n'a "rien à voir avec les bonus", cette équipe ayant quitté la banque "avant l'été" pour mener des "projets personnels".
Les présidents américain et français ont évoqué les bonus des traders lors d'un entretien téléphonique mardi. Barack Obama est opposé à leur limitation alors que Nicolas Sarkozy et les autres leaders européens y sont favorables. Ils ont "réaffirmé leur volonté de mettre en œuvre pleinement les décisions prises à Londres" et promis d'œuvrer ensemble pour assurer le succès du sommet du G20, le week-end prochain à Pittsburgh, selon les services de la présidence française. Mais aucune avancée concrète sur le dossier des bonus n'a filtré.






