Suicides : l'embarras du groupe

le 13 septembre 2009 à 12h35 , mis à jour le 13 septembre 2009 à 22h29

France Télécom exclut l'arrêt des restructurations, accusées d'être l'origine du malaise, mais veut "accompagner" les salariés confrontés à des situations difficiles.

France Télécom suicidesDepuis février 2008, les suicides se multiplient chez France Télécom. © TF1/LCI

France Télécom, confronté à une série de suicides, exclut tout arrêt des restructurations, accusées par les syndicats d'être la source du malaise, mais souhaite "accompagner le mieux possible" les salariés confrontés à des situations difficiles, selon son directeur des ressources humaines (DRH) Olivier Barberot.
 
Olivier Barberot a en ce sens envoyé samedi "un courrier à tous les médecins du travail du groupe pour leur demander de nous indiquer, dans les limites du secret professionnel, les cas de salariés en situation de fragilité", indique-t-il dans un entretien au Journal du Dimanche. La série de suicides "doit nous alerter sur les cas de salariés en souffrance. Il faut les écouter et améliorer les dispositifs d'accompagnement des réorganisations", affirme le DRH.

"Difficultés personnelles"
 
Les syndicats accusent les restructurations et mobilités internes d'être à l'origine du mal-être des salariés et en demandent l'arrêt définitif. "C'est inenvisageable ou alors la concurrence doit être gelée et la technologie cesser d'évoluer", répond Olivier Barberot. La "mutation" du groupe vers de nouveaux métiers (internet, téléphonie mobile) "s'est faite, pour l'immense majorité des salariés concernés sur la base du volontariat", poursuit le DRH, reconnaissant "quelques cas où c'est plus difficile, par exemple lorsque les salariés souhaitent rester dans leur ville ou ont du mal à s'adapter à leur nouveau métier".
 
A propos de la salariée qui s'est tuée en se jetant de la fenêtre de son bureau vendredi, Olivier Barberot confirme que l'on "venait de lui annoncer qu'elle changeait de chef", mais "pas de travail ni de métier". "Elle avait été mutée en juin de Courbevoie (Hauts-de-Seine) à Paris mais cela réduisait son temps de transport", poursuit-il. La jeune femme "qui avait des difficultés personnelles (...), avait travaillé 58 jours en 2008 et avait été absente 61 jours cette année", selon le DRH. Les syndicats ont recensé 23 suicides de salariés depuis février 2008.

Le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, a de son côté appelé la direction de France Télécom à prendre cette série de suicides de salariés du groupe "très au sérieux", dimanche lors de l'émission La Tribune-BFM-Dailymotion. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a évoqué le suejt, demandant dimanche la convocation d'urgence d'un conseil d'administration de France Télécom pour que des instructions soient données afin de prévenir les suicides.

(D'après agence)

le 13 septembre 2009 à 12:35
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14 Commentaires

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  • Philomene, le 05/10/2009 à 21h14

    Après tant d'années à avoir profiter du système, "à se la couler douce comme on dit" il semblerait que la dure réalité du monde du travail ,que le fait de devoir rendre des comptes à un supèrieur, de devoir parler de rentabilité apparait difficile aux salaries de france telecom : qu'ils s'estiment heureux ,ils ont encore du travail et une paie à la fin du mois:si c'est trop dur pour eux , ils peuvent laisser leurs places à d'autres qui sont au chomage ENFIN UN SOUPCON DE JUSTICE

  • éric, le 22/09/2009 à 14h07

    Un manque flagrant de communication chez france Telecom .......

  • IGNARE, le 17/09/2009 à 04h44

    De quoi parle-t-on, cher Milou ? Le taux de suicide général en France comprend les deux catégories les plus exposées, les jeunes (taux de suicides le plus élevé, et les vieux). Ces deux catégories ne sont pas représentées à France Télécom. Seules des personnes actives, dans la force de l'âge sont concernées, et leur taux de suicides à FT est plus élévé que la moyenne de cette tranche d'âges dans la population française. Le choc entre culture d'entreprise et surexploitation financière est rude pour des agents ayant travaillé dans des conditions humaines et je dirais même confortables. C'est même pour cela qu'on recrutait sans problèmes. Mais ne croyez pas qu'on ne faisait rien et qu'on coûtait de l'argent: le téléphone service public marchait très bien, les gens étaient motivés (pas besoin de pression ) les nouvelles technologies étaient appliquées sans problèmes (formation des anciens aux nouvelles techniques, expérience compétence cumulés... J'ai moi-mêmem été recyclé 5 fois en 24 ans pour cause d'évolution technologique... Donc, ce n'est pas le changement qui nous faisait peur, mais l'irruption du bordel et de la gesticulation dans un système, bien huilé, discret et efficace.. Comme c'est effectivement arrivé. Et ne croyez pas que j'exagère: Avant d'entrer à FT, j'ai fait 19 ans dans le privé, la réalité est plus complexe que les petites phrases toutes faites. Fermez le ban

  • Totobi, le 16/09/2009 à 10h31

    Il est terrible de voir certains commentaires qui disent que c'est une bonne chose le libéralisme dans les Telecom, que France Telecom les a "arnaqué" pendant des années ... Pauvres hommes manipulés Payez vous moins cher vos communications depuis cette lébéralisation. Bien sûr que non !!! Les sociétés de Telecom font certes pus de bénéfices mais certainement pas pour les redistribuer aux consommateurs !!! Et le processus est engagé pour l'energie et EDF Mais tant qu'il y aura des gens pour croire que le libéralisme moderne profite aux petits .......les gros auront de beaux jours devant eux !!!!!

  • Yvon, le 15/09/2009 à 13h21

    C'est bien la preuve qu'entre le secteur public et le secteur privé , il y a un énorme fossé ! De plus le taux de suicide est bien inférieur à celui de la moyenne des Français ! Alors : Info ou intox ?

  • Pedro, le 14/09/2009 à 07h43

    J'ai entendu aux infos matinale que le PDG du groupe avait demandé à tous les médecins du travail de lyui signaler les employés dans un état fragile.ça c'est fort , c'est lui qui commandite la mésecine du travail !!!!!! alors que cela doit se faire naturellement en collaboration avec le chsct.Je me suis toujours demandé quelle était le rôle des patrons de grosses entrepries face a la medecine du travail ,l'influence ou pression aurait-elle raison des medecins?????En tant qu'ancien de chsct d'une tres grosse entreprise financiére 23 suicides en peu de temps c'est un cataclysme humain et dés les premiers signes les acteurs auraient dû se concerter pour enrayer cette vague de suicides.La puissance , les résultats commerciaux,la coruption ne doivent pas avoir raison .

  • Le rochelais, le 13/09/2009 à 19h14

    Embarras ou bon débarras; il faut d'abord faire du pognon, ensuite....

  • Phil, le 13/09/2009 à 18h40

    C'est normal que ces hommes et ces femmes ne résistent pas, je les comprend et les plaints,ils n'ont pas été "habitué" à ce type de management qui sévit depuis des lustres dans certaines Stés privées notamment financères et que j'ai bien connues. Du jour au lendemain (au sens strict) vous êtes déchus du fait du Prince pour faire place à l'individu adoubé qui fait "parti" du cercle. Seules alternatives: disparaître, devenir alcoolique et divorcer, ou mieux devenir pire qu'eux. N'oubliez pas une chose : Pour la plus part ce sont vos enfants qui vous managent à présent et ils aiment çà.

  • Jean-luc, le 13/09/2009 à 17h16

    Quand le travail tue......Un crime parfait? Ou les coupables seront-ils punis?

  • Pauvre france, le 13/09/2009 à 16h25

    Ils avaient un monopole et n'avaient pas a faire travailler leurs neurones ils nous ont arnaques pendant des annees maintenant il y a la concurence alors il faut bouger c'est dur...

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