Suicides : l'Etat au chevet des salariés

le 14 septembre 2009 à 08h05 , mis à jour le 14 septembre 2009 à 14h45

Xavier Darcos doit rencontrer mardi le PDG du groupe Didier Lombard. De son côté, Christine Lagarde demande la tenue d'un conseil d'administration d'urgence.

Orange France Télécom © Reuters

Après un vingt-troisième drame vendredi, le gouvernement prend à bras le corps le problème des suicides à France Télécom. Alors que le ministre du Travail Xavier Darcos doit recevoir lundi le PDG du groupe Didier Lombard, Christine Lagarde lui a demandé par ailleurs de convoquer un conseil d'administration consacré au mal qui frappe son entreprise depuis plusieurs mois.
 
Les 23 suicides de salariés recensés par les syndicats en 18 mois, "c'est 23 histoires individuelles certainement, mais c'est dans une même entreprise et bien souvent avec l'expression d'un grand désarroi et d'une grande solitude dans l'entreprise", a déclaré dimanche sur France 3 la ministre de l'Economie.  "J'ai demandéau président de France Télécom de convoquer d'urgence un conseil d'administration, pour que, au plus haut niveau, il y ait à la fois un message très fort vis-à-vis de l'ensemble du personnel et puis des instructions qui soient données à la hiérarchie pour que ces problèmes-là soient pris en compte", a-t-elle précisé. "Je ne puis pas imaginer que la direction de l'entreprise ne puisse pas changer les choses", a encore déclaré Christine Lagarde, appelant à "privilégier le dialogue".

"Pas que des drames personnels"
 
Il faut "tout mettre en oeuvre pour aller à la racine de ces problèmes et comprendre si ce sont les restructurations, les changements de métier" qui en sont à l'origine, a-t-elle insisté. Plus tôt dimanche, le ministre du Budget Eric Woerth a appelé la direction du groupe à prendre la série de suicides de salariés du groupe "très au sérieux". "Il y a un vrai sujet qui m'interroge, cette série de suicides incroyable dans une seule entreprise, il faut que France Télécom prenne cela très très au sérieux", a-t-il déclaré.

Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a estimé lundi à propos des suicides à France Télécom qu'une entreprise devait venir "au secours de ceux qui sont dans la difficulté", notant toutefois qu'on ne peut réduire ce phénomène "à un problème d'organisation" du travail. "Le suicide est une affaire trop grave, trop personnelle pour qu'on puisse réduire ce phénomène que l'on constate chez France Télécom à un problème d'organisation de l'entreprise", a-t-il insisté.

Critiques contre le management

Lundi matin sur LCI, le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a estimé pour sa part que la série de suicides ne correspond pas seulement "à des drames personnels" et a appelé la direction à un "moratoire" sur les restructurations. "On demande tout du moins un moratoire" sur les restructurations et "de débattre sur l'organisation de cette entreprise", a-t-il ainsi déclaré.
 
Une salariée de France Télécom est décédée vendredi en se jetant par la fenêtre de son bureau. Face à ce nouveau suicide, Xavier Darcos avait proposé samedi d'envoyer le directeur général du travail dans l'entreprise, les syndicats exprimant de leur côté de vives critiques contre le management du groupe.

(D'après agence)

le 14 septembre 2009 à 08:05
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24 Commentaires

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  • Leplatdetain, le 02/10/2009 à 14h32

    Et que fait la Justice???? Il suffit d'appliquer les textes et de condamner les responsables J'ai, dans ma vie ,eu a faire face a de tels drames (suicide Herve et Patricia)et, il est partiquement impossible de faire condamner les pervers, car, les responsables sont proteges et leurs frais d'avacats payés( loi Besson pour les fonctionnaires et les collectivités). Et quand va t'on parler de ceux qui "restent", la famille , les enfants, qui, souvent ne comprennent pas, car, ils n'ont rien vu venir, et, c'est un choc terrible, mais, pour enrayer cette situation honteuse pour la France. 18 000 SUICIDES (Chiffre assurances), il faut que la Justice soit saisie et que les responsables soit condamnés, et, la situation va vite s'ameliorée. Ce sera comme des radars, Sanctions si comportements anormaux. En tout état de cause, la Cour de Cassation a retenu dans son arrêt du 22 février 2007, 2ème Chambre Civile, que l'attitude de l'employeur constituait une faute inexcusable, alors que celui-ci avait ou aurait du avoir conscience du danger auquel était exposé son salarié, alors qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver. Donc, Le Directeur de France télécom doit etre mis en examen et jugé

  • Thelma, le 18/09/2009 à 17h19

    Placardisée depuis 1 an et demi (j'effectue des copié-collé et des photocopies après avoir été chef de bureau), lors d'un congé de lm, j'ai dèjà fait une TS .Malgrè mes demandes l'administration n'a jamis répondu à mes courriers; Je suis agent d'une collectivité territoriale! (et ex responsable syndicalie!) Cette situation n'est hélas pas réservée à france télécom

  • Eric, le 16/09/2009 à 14h43

    à Pmp132, Cannes: quelle lucidité! Congrats!

  • Pmp132, le 15/09/2009 à 00h17

    Bonjoue ej voudrez vous faire lire enfin un blog quim oi ma partilièement touhcé : Oldgrey - 13/09/2009 01:50:33 Je pense que beaucoup parmi les "agents" des entreprises publiques Françaises n'ont pas été préparés aux privatisations Car depuis 1946 ( année des nationalisations) ils ont vécus dans un monde très différent du "privé", surtout dans les services administratifs. J'ai vécu cela dans une des plus grande entreprise "publique" française ,où j'ai travaillé pendant 30 ansà la gestion du personnel. Mon père avait une profession" libérale" et j'étais étonné de l'ignorance du "privé" chez certains de mes collègues. Ils pensaient que le "privé" était un ramassis d'exploiteurs , de voleurs etc... c'était l'esprit "socialiste" des année 60 à la fin des annèes 90, d'un côté les bons de l'autre les ennemis de classe. Il fallait coùte que coùte défendre les "avantages acquis" et les "statuts" très protecteurs considérés comme éternels.J'ai compris que la "privatisation "était difficilement supportable pour certains , très influencés par des Syndicats dits de "Gauche". Moi-même j'aurais eu beaucoup de difficultés à me recaser dans le "privé" étant donné notre systême de gestion très différent de celui du "privé" En fait nous vivions dans un monde à part. Sauf ceux qui étaient en contact quotidien avec les entreprises privées. Nous vivions dans un "cocon" à l'abri des contingences du commun des mortels: protection sociale très favorable, vacances à prix réduits, activités culturelles et sportives, prèts à taux très bas, logements à loyers réduits etc... On peut comprendre que certains moins armés pour affronter la "privatisation" en soit réduit à des solutions extrèmes. Il aurait sans doute fallu les préparer progressivement à cette évolution inévitable. L'Europe Unie "libérale "n'accepte pas les monopôles d'Etat à la française. Il faut bien se rendre compte que tout évolue, que rien n'est éternel. Qu'en pensez-vous? signé: OLDGREY

  • TERMINATOR, le 14/09/2009 à 18h56

    Ce genre de situtations alarmantes et combien tragiques était prévisible ( par nous et d 'autres ) selon les critères du libéralisme économique qui se sert de la concurence comme stimulateur, pour en tirer profit... Or la concurrence, au début c 'est du sport, puis après on augmente la dose, et c 'est la guerre où l' on meurt... le profit des entreprises est une nécéssité vitale qui gère sans aucun état d 'âme les dites " ressources humaines " au lieu de respecter et d 'aimer " la personne humaine ", par ailleurs collaboratrice de l' entreprise. Nous devons tous être très émus de ces drames et rendre hommage aux victimes. Mais cela ne suffit pas. UN DERNIER MOT: sans le partage et le respect des autres, rien ne changera... jusqu ' à la FIN.

  • Ch, le 14/09/2009 à 17h00

    23 suicides sont bien 23 de trop. N'y a t-il pas néanmoins disproportions et abatage médiatique une fois de plus. Pour rappel et vérifiable aisément sur internet, le nombre de suicides par an en france se situe entre 10 000 et 12 000 soit 21.3 suicides par an pour 100 000 habitants. Sachant que France Telecom compte justement environ 100 000 empoyés en France, et que 23 suicides ont eu lieu en 18 mois, soit environ 16 en un an, moins que la moyenne nationale. cherchez l'erreur.

  • Licymi, le 14/09/2009 à 13h36

    Comme le dit un des précédents internautes, il faut attendre 23 suicides pour qu'un représentant de l'état réagisse Le gouvernement de N sarkozy n'est pas aussi réactif que lui , il a encore bien choisi ses ministres. moi même j'ai subi un harcèlement moral sur mon lieu de travail et cela il y a 8 ans, j'ai sombré dans une profondre dépression pour la quelle je suis encore suivie. Jai été licencié sans aucune reconnaissance du préjuduce subi depuis je ne travaille plus et mes nuits sont toujours envahies par les traumatismes subis. Je ne me suis pas suicidée par rapport à ma famille mais sans elle et son soutien, peut être aurais je sauté le pas . Il ne faut jamais prendre à la légère ce genre d'affaires , le travail ne doit pas tuer mais faire vivre bon courage a tout ceux qui sont dans cette situation et surtout ne baissez jamais les bras.

  • Scribouille, le 14/09/2009 à 13h10

    Le montant de l'acquisition d'Orange est élevé : 264 milliards de francs, somme à laquelle il faut également ajouter 19,4 milliards, destinés à éponger la dette d'Orange, et 43 milliards afin de payer la licence UMTS d'Orange en Grande-BretagneLe grand ménage parmi les anciens bras droits de Michel Bon a commencé. Nicolas Dufourcq, P-DG de Wanadoo, et Jean-Louis Vinciguerra, le directeur financier, sont sur le départ Thierry Breton , qui êtes mouillé dans ces histoires malodorantes d'ententes illicites des opérateurs téléphoniques ! . Thierry Breton, le nouveau PDG de France Telecom, a présenté son plan de redressement de l'opérateur, baptisé "Ambition FT 2005". Le "groupe le plus endetté de son secteur" (70 milliards d'euros environ) est confronté à des échéances de remboursements qualifiées d'importantes (15 milliards en 2003 et en 2004, 20 milliards en 2005). Son nouveau patron a notamment annoncé un plan de réduction des coûts de 15 milliards d'euros sur trois ans. Deux petites années et puis s'en va. quitte son poste de P-DG de France Télécom pour occuper les fonctions de ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie. Ils passent et le personnel trépasse. Tout va pour le mieux et tout va en déconfiture malheureusement c'est toujours et encore le salarié qui en paye le prix. Jusqu'à quand? Jusqu'à quand l'homme acceptera de se voir humilié jusqu'à en perdre sa vie.... Inquiétude pour les jours qui viennent car le monde bouge et n'acceptera pas toujours le suicide. Messieurs les politiques prenez en bonne note.

  • Overhere, le 14/09/2009 à 12h00

    La france, ce pays au large de la planète terre :)

  • Bulent, le 14/09/2009 à 11h44

    Il aura fallut une vingtaine de suicide pour que le gourvernement reagisse,preuve de la rapidité et de l efficacité de ce gourvernement caviar.

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