Image d'archives © TF1/LCIPas moins de 23 suicides en 18 mois, selon le décompte des syndicats de France Télécom : après avoir fait part de ses craintes d'une "contagion" au sein du personnel, le patron de France Télécom s'est engagé mardi à "arrêter la spirale infernale des suicides" dans l'entreprise d'ici la fin de l'année. "Il faut absolument casser ce mouvement-là", a souligné Didier Lombard à l'issue d'une rencontre avec le ministre du Travail, Xavier Darcos.
Pour cela, il compte renforcer notamment l'encadrement et l'écoute des salariés. Au nombre des mesures décidées par l'entreprise, un numéro vert permettra aux salariés en difficulté de parler à des psychologues extérieurs à France Télécom et un cabinet d'audit sera désigné par les organisations syndicales pour dresser un état des lieux de la situation. Le nombre de médecins du travail va également être augmenté.
"Repartir sur de nouvelles bases"
"A la fin de l'année, on devrait être fin prêts pour repartir sur de nouvelles bases. (...) Le France Télécom du mois de décembre ne sera pas le France Télécom d'aujourd'hui", a assuré Didier Lombard. Il a promis que la négociation sur le stress au travail, qui commence vendredi dans l'entreprise, abordera le sujet "sans aucun tabou" et traitera "de l'équilibre entre vie privée et professionnelle, et de l'accompagnement de la mobilité". Les médecins du travail vont être mobilisés, Didier Lombard a annoncé une "tournée" dans l'entreprise pour mobiliser ses cadres et promet le recrutement d'une centaine d'employés dédiés au problème. Pour sa part, Xavier Darcos a pressé la direction de l'entreprise de prendre "toute la mesure du problème" en soulignant : "l'Etat pense aux salariés".
"Il est essentiel qu'elle accompagne attentivement ses personnels car il n'y a pas de progrès technologiques sans progrès social", a déclaré le ministre, en estimant "qu'une grande partie du stress" des salariés était liée aux mutations. Précisément, les changements d'affectation sont gelés jusqu'au 31 octobre. Le ministère du Travail a aussi demandé plusieurs autres mesures à France Télécom : Xavier Darcos veut la mise en place d'une gestion prévisionnelle des emplois, pour offrir aux salariés une "visibilité" et couper court aux mutations jugées brutales. Le ministère souhaite aussi "une meilleure prise en compte de la situation personnelle des salariés".
L'Etat se devait d'intervenir dans ce dossier : il détient 26,7% de France Télécom et quelque 70% des agents sont fonctionnaires. Récemment, plusieurs membres du gouvernement sont montés au créneau, comme Christine Lagarde, qui a demandé la convocation "d'urgence" d'un conseil d'administration de France Télécom, ou Eric Woerth qui a exhorté France Télécom à prendre le problème "très au sérieux". Le président de la République, qui a rencontré lundi les leaders des cinq organisations syndicales et a évoqué le dossier avec eux, a lui aussi "été assez dur sur le comportement de France Télécom", a affirmé le leader de la CFTC, Jacques Voisin. La présidente du Medef, Laurence Parisot, s'est dite pour sa part mardi "favorable" à la négociation sur le harcèlement au travail que réclame la CFTC, et a appelé les branches professionnelles à appliquer l'accord sur le stress au travail pour éviter la multiplication de suicides.
D'après agence
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