Passagers s'apprêtant à embarquer à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle (archives) © C. Grunnet / ReutersMoins de 24 heures après avoir été commandé en urgence par Dominique Bussereau, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a rendu public son rapport sur le temps de travail des contrôleurs aériens. "Le ciel français est l'un des plus sûrs au monde. L'idée que véhicule l'article du Figaro d'un contrôle aérien organisé au seul profit de ses agents et au mépris de la sécurité est inexacte", écrit Patrick Gandil, directeur général de la DGAC, dans son rapport de 6 pages. "Il n'en reste pas moins que, comme dans toute œuvre humaine (et notamment le pilotage), le contrôle aérien n'échappe pas aux erreurs humaines. Elles n'ont pas le lien que voudrait établir l'article avec la gestion des effectifs", ajoute-t-il, dans ce rapport mis en ligne sur le site du ministère de l'Ecologie, chapotant les Transports.
Mercredi, Le Figaro affirmait que les contrôleurs aériens français ont mis en place un système illégal leur permettant de travailler moins. Ceux-ci n'assureraient en moyenne que 12 heures de travail hebdomadaire, soit 80 jours par an, alors qu'ils doivent normalement être présents à leur poste 24 heures par semaine, soit 160 jours par an. Résultat, selon Le Figaro, les aéroports français seraient gérés par des aiguilleurs du ciel en sous effectif, ce qui serait à l'origine de plusieurs incidents, anodins ou plus graves.
Moins de 2% de taux d'absentéisme, selon les syndicats
Avant même la publication du rapport, le directeur général de l'aviation civile avait assuré qu'il n'existait "pas de difficulté" dans le contrôle aérien. "L'effectif des contrôleurs n'est pas toujours le même tout au long de la journée mais s'ajuste à mesure que le trafic augmente ou qu'il se réduit". Selon lui, ils effectuent en moyenne 22 heures hebdomadaires, en raison du stress et de la responsabilité inhérents à leur travail. Quant aux incidents rapportés par Le Figaro, ils ont été signalés au Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) et leurs circonstances sont détaillées dans le rapport.
De leur côté, les syndicats de contrôleurs avaient dénoncé un article "truffé de contre-vérités", qui intervient avant des négociations avec la direction pour prévoir un certain nombre d'évolutions sociales (emploi...) dans les trois prochaines années. "Notre taux d'absentéisme, qui est public, est de moins de 2%", a assuré Jean-Paul Armangau, délégué Usac-CGT.
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