Point de vote pour la "votation citoyenne" sur le statut de La Poste dans le XVIIIe arrondissement de Paris (3 octobre 2009) © TF1/LCIAprès le succès annoncé de la "votation citoyenne", des organisateurs, qui espèrent un "non" massif au changement de statut de La Poste, veulent désormais obtenir un véritable référendum. Lancée il y a une semaine, cette consultation, qui n'a aucun fondement légal, a pris fin samedi soir et les résultats seront annoncés lundi. Selon le comité, la votation citoyenne a recueilli au moins 1,6 million de suffrages, et peut-être encore plus. "Nous avons de plus en plus d'éléments qui nous font penser que ce sera deux millions. On attend encore les remontées de 15 à 20 départements dont les Bouches-du-Rhône où ça a beaucoup voté", a-t-il ajouté, en précisant que la votation "avait cartonné notamment en Haute-Garonne, Loire et Auvergne".
Pour le PS, cette mobilisation massive sur les 10.000 points de vote du territoire et ce succès "doit aboutir au référendum sur l'avenir de La Poste". Le syndicaliste SUD Nicolas Galepides, porte-parole du comité contre la privatisation de La Poste, s'est félicité d'un "véritable mouvement social, un mouvement de fond". Poursuivant l'offensive, le Parti socialiste a donc annoncé qu'il déposerait une proposition de loi dans le cadre de la niche parlementaire du 15 octobre visant à fixer les modalités d'organisation d'un référendum d'initiative populaire, inscrit dans la Constitution, mais que le gouvernement tarde, selon lui, à instaurer. Un référendum d'initiative populaire peut théoriquement être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement soutenus par un dixième des électeurs inscrits. Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau parti anti-capitaliste, avait lui aussi demandé samedi un référendum "en bonne et due forme" à Nicolas Sarkozy.
"Un engagement présidentiel non tenu"
"Cette votation citoyenne est aussi la conséquence d'un engagement présidentiel non tenu", estime Laurent Fabius dans Le Journal du Dimanche. Nicolas Sarkozy "s'était engagé à rendre possible un référendum d'initiative populaire sur ce type de sujet, et pourtant, il a tout fait pour l'exclure en refusant de publier le texte d'application indispensable", souligne l'ancien Premier ministre socialiste. "Que M. Hortefeux sorte les décrets d'application qui permettent ce référendum !", a renchéri Martine Aubry sur France Info.
Le gouvernement assure de son côté que La Poste restera "à 100%" publique et conteste la légitimité de la consultation. Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a estimé dimanche que l'ampleur de cette consultation devait inciter le gouvernement et la majorité à "expliquer encore plus" le projet. "Visiblement, ceux qui sont allés voter n'avaient pas une connaissance précise du contenu du texte", a-t-il dit sur France info. Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a lui qualifié de "vaste manipulation organisée par des associations ou partis de gauche qui veulent faire croire à un projet de privatisation de La poste". "On voudrait à partir de cette question truquée faire un referendum ! De qui se moque-t-on ?".
Darcos : c'est la faute à Jospin
Le ministre du Travail, Xavier Darcos, a lui rejeté dimanche sur les socialistes la décision de faire entrer la Poste dans un système de concurrence. "Il y a un système de concurrence qui apparaîtra à partir de 2011. En 1997, quand Lionel Jospin était Premier ministre, on a décidé de faire entrer La Poste dans cette évolution, dans ce monde de la concurrence" et "en tout cas, ils (les socialistes) étaient là quand ça a été décidé", a observé Xavier Darcos sur Canal+. L'UMP dans son ensemble a dénoncé la "pantalonnade orchestrée par une minorité rassemblant certains syndicats et associations de gauche. Ce précédent fâcheux par son caractère anti-démocratique et mensonger ne visait qu'à semer le trouble et le doute dans l'esprit des Français sur un sujet majeur impliquant directement l'avenir de notre poste, celle de ses 300.000 salariés et donc de l'ensemble de notre pays", écrivent dans un communiqué le porte-parole adjoint, Dominique Paillé, et la secrétaire nationale, Danièle Giazzi.
Selon un sondage Ifop pour Sud-Ouest Dimanche, 59% des Français souhaitent que le gouvernement organise un référendum national sur l'avenir de La Poste, qui sera transformée en société anonyme à capitaux publics le 1er janvier 2010. Les syndicats et l'opposition de gauche dénoncent une privatisation rampante remettant en cause la mission de service public de l'entreprise, qui sera confrontée à la concurrence européenne dès janvier 2011.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





