© AFPLe site de la "votation citoyenne"
Les points de vote à Paris
La question à laquelle les votants doivent répondre est simple : "Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d'accord avec ce projet ?" Lancée le 28 septembre dans toute la France par le Comité national contre la privatisation de la Poste, qui regroupe 62 partis de gauche, syndicats, et associations, la "votation citoyenne" sur l'avenir de la Poste doit connaître son point d'orgue ce samedi, dernière journée de vote.
Plusieurs personnalités sont attendues aux urnes pour cette dernière journée : Martine Aubry à Lille, Marie-George Buffet en Seine-Saint-Denis, ou Bernard Thibault à Draveil, dans l'Essonne. Olivier Besancenot tient un bureau de vote devant la Poste de Château Rouge, dans le nord de Paris. Alors que le comité tablait sur 2000 points de vote, le chiffre a augmenté au fil de la semaine pour atteindre 6000, selon le socialiste Razzi Hammadi : "Si nous avions à l'origine un objectif d'un million de participations, aujourd'hui l'objectif est de savoir de combien le million va être dépassé". "On ne sait pas combien il y a de lieux de vote, on n'arrête pas d'en rentrer à tour de bras" sur le site internet dédié à l'opération, a ajouté Nicolas Galépidès (Sud-PTT). Prudent, Régis Blanchot (Sud-PTT) table sur 4000 points, énumérant "les urnes installées dans les mairies PS, PCF, Verts, etc., devant les bureaux de poste et sur les marchés". Mais, selon lui, "la population s'est emparée du sujet, on ne maîtrise plus".
Des votes spontanés s'organisent
Ainsi, une dame a organisé elle-même dans son immeuble une votation, appelant ensuite le comité pour savoir que faire des bulletins. A Vitry, une bande de copains a fait la sortie des supermarchés avec une urne. Des votations ont également eu lieu dans des gares, musées ou hôpitaux jusqu'à la cantine de la Banque de France. Mais à l'opposé, en Gironde, cinq communes se sont vues de facto interdire l'organisation du scrutin suite à une assignation du préfet devant le tribunal administratif de Bordeaux. En Isère, où le préfet avait aussi demandé l'annulation des consultations, le tribunal administratif de Grenoble les a finalement autorisées, sauf dans un cas à Crolles.
Au-delà du résultat, connu lundi et dont l'issue ne fait aucun doute, les organisateurs insistent sur l'importance de la mobilisation, qui doit permettre de demander au gouvernement un véritable référendum. "L'intérêt n'est pas le résultat. Les gens qui viennent voter, ils ont une démarche volontaire, motivée, la plupart du temps pour marquer leur opposition à la privatisation", reconnaît Régis Blanchot. D'ores et déjà, un sondage Ifop réalisé pour Sud-Ouest Dimanche révèle que 59% des Français souhaitent voir le gouvernement organiser un vrai référendum sur le changement de statut et l'avenir de La Poste. Le clivage politique s'avère particulièrement prononcé sur cet enjeu, près de huit sympathisants de gauche sur dix souhaitant un tel référendum t seulement 43% de droite.
Des membres du gouvernement ont dénoncé pour leur part, comme Eric Woerth, une question "caricaturale", car la réforme ne privatise pas La Poste, mais la transforme en société anonyme à capitaux publics. Nuance. Mais c'est oublier un peu vite le cas GDF, qui devait, jurait-on lors de son changement de statut, rester à jamais une société à capitaux publics... ce qui n'a pas empêché finalement sa privatisation.
Quand Mélenchon parle de votation et que Woerth ne veut pas en entendre parler
D'après agence
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