Christine Lagarde, au Forum de Davos le 1er février 2009 © TF1-LCILe moment est venu de mettre la main à la poche pour payer le soutien de l'Etat lors de la tourmente financière. C'est en substance l'argument invoqué par le socialiste Didier Migaud, président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, lors de la présentation mercredi dernier de son amendement. "L'Etat ayant joué le rôle d'assureur de dernier ressort au cours de la crise bancaire de l'automne 2008, il est normal qu'il reçoive la contrepartie de cette couverture exceptionnelle en faveur de l'intérêt général", avait-il justifié en présentant sa mesure, prévoyant une taxe additionnelle de 10% à l'impôt sur les sociétés pour les établissements financiers. L'amendement avait été adopté lors de l'examen du projet de budget 2010.
Ce projet a suscité vendredi l'ire de la Fédération bancaire française et l'Elysée a fait part de ses réticences. La FBF a brandi le risque d'une réduction "de la compétitivité des banques françaises et de la Place financière de Paris, affaiblissant leur capacité à investir et à financer les entreprises et les particuliers, au moment où ils en ont le plus besoin". Aujourd'hui, Christine Lagarde s'y oppose clairement, tout en proposant une autre solution. "Il n'est pas question de prendre une mesure à caractère national qui plomberait le système bancaire français", déclare-t-elle dans un entretien aux Echos. Il serait toutefois "logique" de leur demander "d'assumer les frais liés à la supervision" du secteur.
Combien rapporterait la taxe additionnelle ?
La ministre de l'Economie envisage donc plutôt la création d'une taxe dédiée. Et, histoire de désamorcer un autre point toujours douloureux dans l'opinion et toujours susceptible de prêter le flanc à la polémique, Christine Lagarde assure par ailleurs qu'elle sera "très vigilante" à l'égard de la France en ce qui concerne les rémunérations au sein des banques.
La taxe, appliquée à toutes les banques installées en France, pourrait rapporter "entre un et deux milliards, selon le montant des bénéfices", d'après l'évaluation faite par Didier Migaud. Selon lui, "en 2007, elle aurait rapporté deux milliards". Fait significatif, l'amendement était passé grâce à l'apport de voix de la majorité, dont quatre députés UMP. Mais il est loin d'être acquis que l'Assemblée suive la Commission, lors de l'examen de l'amendement la semaine prochaine.
Preuve supplémentaire que le sujet ne fait pas l'unanimité à l'UMP, le député Hervé Mariton a publiquement assumé une position radicalement opposée à celle de l'Elysée et de la ministre de l'Economie, en s'affichant en faveur de la surtaxe de 10% sur les profits des banques dans une interview au Parisien. "L'augmentation de l'impôt sur les sociétés des banques est le juste prix de la garantie apportée par l'Etat. C'est dommage que cette mesure soit soutenue à l'Assemblée et ne soit pas prévue par l'Etat. Il se peut que le dispositif soit adopté pour quelques années. Ce serait juste", a-t-il expliqué.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




