Le chantage de Poutine à Renault

Par , le 05 octobre 2009 à 15h48 , mis à jour le 05 octobre 2009 à 18h13

Vladimir Poutine demande à Renault d'aider au sauvetage du groupe Avtovaz. Dans le cas contraire, le constructeur français verrait ses parts réduites dans le groupe russe.

Vladimir Poutine devant la Douma, le 8 mai 2008Vladimir Poutine devant la Douma, le 8 mai 2008 © LCI

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a mis vendredi au pied du mur le constructeur français Renault, propriétaire de 25% du groupe russe en difficultés Avtovaz, exigeant qu'il participe à son sauvetage, sans quoi il pourrait voir sa part du capital réduite. Examinant lors d'un conseil des ministres le sort de la maison mère de la célèbre marque Lada, mise à genoux par la crise économique, Vladimir Poutine a rappelé que le gouvernement lui avait octroyé fin mars un prêt de 25 milliards de roubles (570 millions d'euros), sans que la part de Renault ne soit diluée. Désormais, "soit (Renault et Nissan) participent à l'avenir au financement de l'entreprise, soit nous allons devoir nous mettre d'accord sur la hauteur de leur part", a-t-il déclaré, cité par les agences russes.
 
Le vice-Premier ministre russe Igor Chouvalov a, lors de cette réunion gouvernementale, indiqué qu'une rencontre aurait lieu lundi avec Renault et Nissan "pour examiner leurs projets concernant Avtovaz", selon l'agence Interfax. Renault, de son côté, s'est abstenu de tout commentaire. En février 2008, le groupe avait acquis 25% du capital d'Avtovaz plus une action pour une somme de 1 milliard de dollars, dans l'intention affichée de conquérir le marché russe, réputé à l'époque le plus appétissant d'Europe. Mais depuis, le secteur a été durement ébranlé par la crise économique, avec une chute vertigineuse des ventes de voitures à travers le pays. Et Avtovaz, qui était déjà dans une position inconfortable en raison de ses usines vétustes et de ses véhicules réputés de mauvaise qualité, n'a pas fait exception. Selon des chiffres publiés en juillet, sa dette a atteint 53 milliards de roubles (environ 1,2 milliard d'euros).
 
Participer à la restructuration ou sortir du capital
 
Dans ce contexte, le groupe a annoncé, le 24 septembre, qu'il s'apprêtait à sacrifier 27.600 emplois sur un total de 102.000. Pour un analyste de chez Ingosstrakh Investments, l'investissement de Renault "s'est avéré ne pas être le meilleur" que le groupe ait pu faire. Un analyste de la banque d'investissement moscovite Uralsib, estime de son côté que les déclarations de Vladimir Poutine annoncent une restructuration du secteur automobile et que Renault va de fait devoir prendre une décision. "Par conséquent, le gouvernement doit "faire le ménage" dans ses relations. (...) Cela signifie que Renault devra soit participer à la restructuration, ce qui se terminera par une position plus modeste, soit sortir du capital" d'Avtovaz, a-t-il conclu.
 
Les experts notent en outre que l'interpellation de Renault par Vladimir Poutine contraste avec l'offensive de charme qu'ils avaient cru déceler ces dernières semaines à l'intention des investisseurs étrangers. Le Premier ministre lui-même avait assuré mardi que l'Etat s'apprêtait à desserrer son emprise sur l'économie du pays, en mettant en œuvre un processus de privatisation.

Par le 05 octobre 2009 à 15:48
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8 Commentaires

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  • RICCARDO, le 13/10/2009 à 07h59

    Le beurre et l'argent du beurre,messieurs les actionnaires,mr.poutine a raison,qui se tait acquie........

  • Onethemars, le 09/10/2009 à 11h16

    Je donne raison a Poutine

  • Gigi43, le 08/10/2009 à 18h26

    Tout à fait d'accord avec ce Monsieur qui pourtant ne fait pas partie de mes préférés. Quand tout vas bien les actionnaires sont contents de sans mettre plein les poches et bien là c'est le contraire donc qu'il parcticpent à juste titre et donc à hauteur de leur côte part. C'est cela le monde financier.

  • Manu P, le 06/10/2009 à 12h52

    Moi, je me souviens très bien de l'affaire Renault Vilvoorde en Belgique, le PDG a décidé du jour au lendemain de délocaliser dans les pays de l'Est. maintenant, il ne faut plus nous parler de Renault...

  • SLS, le 06/10/2009 à 10h13

    à 08h19 > où avez-vous vu que les voitures Renault n'étaient pas fiables??? Il faudrait se remettre à jour! Je vous conseille d'aller faire un tour sur le site de l'ADAC (automobile club allemand reconnu pour ses classements "fiabilité"). Quelques comparaisons (les notes sont évalué en pannes pour 1000 véhicules. plus le chiffre est petit, mieux c'est! Notes 2008) - Renault Clio (2.2) / VW Polo (2.3) / Seat Ibiza (3.9) / Toyota Yaris (5.3) >> vous dites que la Yaris est beaucoup mieux.....alors que c'est le contraire. - Renault Mégane (1.9) / VW Golf (2.5 ) / Honda Civic (11.3) / Toyota Auris (8.5) > même remarque - Renault Laguna ( 2.7 ) / Audi A4 et Mercedes C ( 2.7) / BMW 3 (1.9) / toyota Avensis (7.7) / Ford Mondeo (10.6) > ..... La laguna au niveau de l'audi a4 et de la mercedes C... incroyable!!! ;) - La Twingo est dans la moyenne sans être exceptionnelle et le Scenic est le plus fiable de la catégorie. Je le répète : Remettez donc à jour vos idées préconçues puisque la fiabilité très mauvaise de 2003 / 2004 n'existe plus. Les modèles renault font partis des plus fiables dorénavant. Ce sont des faits reconnus (par des allemands en !). Pour le reste, chacun achète en fonction de ses désirs.

  • Steph, le 06/10/2009 à 08h19

    Dire que leur PDG a été reconduit... Ca fait longtemps que Renault pratique une politique économique plus qu'agressive. Il pressurise ses sous-traitants ou fournisseurs et les laisse mourrir lorsqu'ils sont esxangues. Tout ça pour finalement vendre des voitures peu fiables et fabriquées en grande partie à l'étranger. Pourquoi acheter Français ? Les construtceurs japonais font beaucoup mieux dans tous ces domaines. Rappelez vous, où sont bariquées les Yaris ?

  • Jean Louis, le 06/10/2009 à 06h45

    La façon de faire est digne de l'ancienne Russie Soviétique, mais le fond est exact. Les actionnaires doivent aussi participer aux pertes. C'est une grande première qui doit être mise en place dans la finance mondiale.

  • Poe, le 05/10/2009 à 19h18

    Il est bien ce monsieur quoique je ne l'aime pas beaucoup. Mais ce qu'il dit est juste quand on investit dans un pays on ne regarde pas que les profits mais on supporte et on aide quand il y a des pertes. Cela devrait faire un peu réfléchir toutes ces sociétés Françaises qui délocalisent à outrance dans des pays et leurs faire comprendre que bien qu'elles délocalisent elles ne sont pas redevables aux pays qui les accueillent.

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