Les salariés de l'usine Thalès de Chateaubourg regroupés sur le site en hommage à leur collègue suicidée © TF1/LCILes visages graves, plusieurs centaines de salariés de l'usine Thalès de Chateaubourg, en Ille-et-Vilaine, sont rassemblés lundi devant le site après le suicide d'une collègue vendredi. Certains sont revenus de vacances pour se rassembler et observer une minute de silence avant des prises de paroles.
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Dans la banlieue de Rouen, un employé de 39 ans s'est jeté du quatrième étage de son immeuble en laissant une lettre où il dénonçait, selon RTL, le harcèlement de sa hiérarchie. Sa veuve accuse : "Ils se sont acharnés contre lui".
Publié le 04/03/2010
Selon Bernard Simon (CFDT), le personnel du site est abattu. "D'autres salariés sont fragilisés, il faudra faire un gros travail pour que les gens discutent entre eux et fassent remonter leur problème", a-t-il expliqué. Il a fustigé une direction "autiste" qui avait été alertée à plusieurs reprises. "Les managers faisaient remonter les problèmes en vain", a-t-il ajouté. De son côté, Didier Pihouet, délégué CFTC, a dénoncé "une course au chiffre d'affaires qui stresse tout le monde" et "un défaut d'organisation". "On a tiré la sonnette d'alarme, on se sent écouté mais rien ne se passe", a-t-il dit. Les salariés attendent la fin de la réunion entre cinq membres de la direction de Thalès et les syndicats qui se tenait lundi matin.
"Pression à tous les instants"
Une des collègues de la salariée qui s'est donnée la mort, qui l'a eu comme responsable pendant cinq ans, a salué sa mémoire. "C'était quelqu'un de très humain, quand quelque chose n'allait pas, elle cherchait toujours à en connaître la raison. On l'a descendu de grade et donné un travail dévalorisant", a-t-elle raconté. "Jadis on travaillait plus sereinement", a témoigné une autre salarié, 20 ans d'ancienneté. "Ce qui a changé, c'est la pression que l'on sent à tous les instants pour tenir les objectifs", a-t-elle expliqué à l'AFP.
L'entreprise Thalès MicroElectronics de Châteaubourg compte quelque 530 salariés et fabrique des puces électroniques. Michelle Morellec, 45 ans, a mis fin à ses jours vendredi à son domicile.
(D'après agence)
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