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Par Olivier Levard, le 04 novembre 2009 à 07h28, mis à jour le le 04 novembre 2009 à 17:18
Le constructeur automobile américain a mis fin à un long feuilleton en annonçant qu'il allait garder sa marque allemande
Nuages sur le siège d'Opel à Ruesselsheim en AllemagneDans l'industrie comme ailleurs, c'est ce qu'on appelle un coup de théâtre. Le constructeur automobile américain General Motors a mis fin mardi à un long feuilleton en annonçant qu'il allait garder sa marque allemande Opel, le jour même d'une visite à Washington de la chancelière allemande Angela Merkel qui avait milité pour sa cession au Canadien Magna. Arguant d'un environnement des affaires en Europe qui "s'est amélioré", d'une meilleure "santé financière" et de "l'importance d'Opel/Vauxhall" pour sa stratégie internationale, General Motors (GM) a expliqué que son conseil d'administration avait décidé de conserver Opel après des mois de négociations avec Magna, associé au Russe Sberbank. Coïncidence ? Les ventes du constructeur automobile ont augmenté de 4% sur un an aux Etats-Unis au mois d'octobre, leur première progression depuis janvier 2008.
En Allemagne, les réactions indignées ne se sont pas faites attendre. Le gouvernement allemand a déclaré "regretter" la décision, et veut un remboursement du crédit de 1,5 milliards d'euros accordé dans l'attente d'une vente au canadien Magna. Le ministre allemand de l'Economie Rainer Brüderle a estimé que "le comportement de General Motors (était) absolument inacceptable". "Je suis consterné et en même temps énervé que les mois d'efforts pour trouver la meilleure solution possible pour Opel aient échoué à cause de General Motors", a déclaré Roland Koch, le chef du gouvernement régional de Hesse, où se trouve l'usine de Rüsselsheim (ouest)."Je me fais beaucoup de souci pour l'avenir de l'entreprise et de ses salariés", a-t-il ajouté.
Par la voix d'un porte-parole de Poutine, le gouvernement russe s'est dit "surpris", comme l'Espagne, et a affirmé son intention d'examiner les recours juridiques possibles. Dernières réactions, la Commission européenne a pris acte mercredi de la décision tout en souhaitant que son projet d'avenir de l'entreprise repose sur "des bases économiques solides". "Les décisions de GM sont prises par sa direction, elles ne sont prises par personne à la Maison Blanche", a simplement commenté le porte-parole du président Barack Obama, Robert Gibbs, à la presse.
Les Etats-Unis plaident innocent
Le responsable du comité d'entreprise de l'usine de Bochum (Rhénanie du Nord-Westphalie, ouest), Reiner Einenkel, a évoqué "une situation difficile pour les salariés". Le gouvernement américain a de son côté affirmé n'être pour rien dans la décision de GM, annoncée le jour même d'une visite à Washington de Mme Merkel, qui avait fortement fait pression pour une vente d'Opel à Magna. L'Etat américain détient plus de 60% du capital de GM mais assure régulièrement ne pas s'immiscer dans la gestion quotidienne de l'entreprise.
L'attitude des autorités européennes pourrait avoir contribué à la volte-face de GM. La Commission européenne avait critiqué indirectement la façon dont l'Allemagne, où sont implantés la moitié des 50.000 emplois d'Opel, s'était immiscée dans le choix de Magna et avait proposé des aides pour protéger les emplois allemands au détriment des six autres pays européens abritant des sites. Pragmatique, le gouvernement britannique a indiqué dès mercredi qu'il allait travailler étroitement avec le constructeur automobile américain. La Grande-Bretagne héberge deux usines Vauxhall (marque britannique jumelle d'Opel) employant 4.700 salariés.
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