Marges arrières : Leclerc condamné

le 03 novembre 2009 à 21h16 , mis à jour le 03 novembre 2009 à 21h26

Le groupe de grande distribution devra rétrocéder à 28 de ses fournisseurs 23,3 millions d'euros au titre de ristournes commerciales indûment perçues.

supermarché rayon produit alimentation © TF1/LCI

Jamais une somme aussi élevée n'avait été exigée par la justice dans un dossier de ce type. La Cour d'appel de Versailles a confirmé le 29 octobre un jugement du tribunal de Nanterre condamnant le Groupement d'achats des centres Leclerc (Galec) à restituer 23,3 millions d'euros à 28 fournisseurs (dont Yoplait et Fleury-Michon), a-t-on appris mardi de source judiciaire. Ce jugement tombe près d'une semaine après l'annonce de l'assignation par l'Etat de neuf distributeurs pour pratiques abusives.

Plus d'infos

 
Leclerc, premier réseau d'hypermarchés en France, doit  "rembourser des marges arrière indues, c'est-à-dire des sommes perçues sans contrepartie commerciale durant les années 1999-2001", explique une source proche du dossier. Les marges arrière sont des ristournes déguisées que les distributeurs obtiennent au titre d'une coopération commerciale (mise en valeur d'un produit sur un rayon, présence dans un catalogue...), réelle ou non.

Concurrent Carrefour
 
Le distributeur devra en outre s'acquitter d'une amende au civil de 500.000 euros pour "pratiques anticoncurrentielles" à payer à l'Etat, également fixée par le premier jugement. Leclerc a réagi mardi soir prenant "acte de l'arrêt de la Cour d'appel", tout en soulignant que "les sommes en cause avaient été versées par les fournisseurs dans le cadre de transactions avec le Galec pour mettre fin à un litige qui les opposait". En première instance, Michel-Edouard Leclerc, président du groupe éponyme, avait soutenu que les 28 fournisseurs en question avaient consenti de meilleures conditions commerciales à son concurrent Carrefour. Le "pot aux roses" une fois découvert, ils avaient accepté, selon M. Leclerc, de dédommager son groupe, formalisant la transaction dans deux protocoles d'accord.
 
Le distributeur a rappelé mardi avoir présenté une requête en 2008 devant la Cour européenne des droits de l'Homme "au motif que le ministre (de l'Economie, via la Direction générale de la répression des fraudes ndlr) s'est substitué (en justice) aux fournisseurs concernés". L'arrêt de la cour d'appel est susceptible d'un pourvoi en cassation.

(D'après agence)

le 03 novembre 2009 à 21:16
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6 Commentaires

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  • jo, le 04/11/2009 à 08h37

    Les grands grand groupe de distribution en France profitent d'une position dominante ! ils en profitent pour faire d'�normes b�n�fices au d�triment du pouvoir d'achat des Fran�ais

  • Claude, le 04/11/2009 à 07h45

    Les marges arrières et autres pratiques des hypers sont scandaleuses! ils disent au consommateur qu'ils vendent à prix d'achat,mais quand on y regarde bien, il leur reste encore assez de bénéfice!

  • Trunky, le 04/11/2009 à 05h32

    Mdr une amende au civile de 500 K? a payer à l'état ^^ L'état d'aujourd'hui, c'est le gouvernement, cela n'a jamais été les citoyens.

  • Maureen, le 04/11/2009 à 00h13

    Enfin un peu de respect pour ces fournisseurs. Il faudra que Carrefour et les autres grands groupes soient aussi sanctionnes. Ces gens travaillent si dure pour peu d'argent et en plus les parasites passent et rafflent tout. Merci a la justice. Enfin de grosses amendes commencent a pleuvoir en france. Cela n'existait pas autrefois mais au moins cela va mettre un frein a certaines magouilles.

  • JCS, le 03/11/2009 à 22h07

    Et ce n'est pas cher payer !!! Depuis tant d'années !!!

  • Vingue, le 03/11/2009 à 21h57

    En fait on s'aperçoit avec cette affaire du type de tractations qu'exige les grands groupes de distribution à leurs fournisseurs et on comprend peut-être mieux encore les déboires de nos agriculteurs avec ces mêmes groupes pour vendre leurs produits avec une marge réelle. Il est quand même impensable de voir les formes de pression qu'utilisent la grande distribution vis à vis de leurs fournisseurs. L'essentiel de leurs marges est réalisé sur les coûts d'achats, et le surplus sur les consommateurs. Cela ne les empêche pourtant pas de sous payer leurs employés. Ce sont les familles propriétaires (comme les Mulliez) qui amassent tous ces bénéfices. Je trouve ce système révoltant.

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